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Institut Pasteur de Paris

Paris

Bâtiment historique de l'Institut Pasteur, 1900 - © Institut Pasteur

Bâtiment historique de l'Institut Pasteur, 1900

À la fin du XIXème siècle, le laboratoire et le cabinet de vaccination de Louis Pasteur, installés dans des locaux de l'Ecole normale de la rue d'Ulm, deviennent trop exigus et leur transfert dans un nouveau bâtiment de la rue Vauquelin ne suffit pas à résoudre le manque de place. Aussi, en 1886, l'Académie des sciences organise une souscription, afin de permettre la création, à Paris, d'un véritable établissement vaccinal contre la rage. Deux ans seront nécessaires à sa construction sur un terrain situé dans le XVe arrondissement. En 1888, le président Carnot inaugure officiellement l'Institut antirabique de Paris, plus simplement appelé l'Institut Pasteur. Le nouvel établissement regroupe, sur un site unique, un dispensaire pour le traitement de la rage, un laboratoire de recherche sur les maladies infectieuses et un centre consacré à l'enseignement.

Au fil des ans, le site s'étoffe et accueille de nouveaux bâtiments de recherche et de soins. En 1936, une partie historique de l'Institut est transformée en musée afin de conserver le souvenir de la vie et de l’œuvre de Louis Pasteur. Ce dernier y est d'ailleurs enterré dans la chapelle funéraire de style byzantin de l’institut.

Devenu Fondation privée reconnue d’utilité publique, l'Institut Pasteur figure aujourd'hui parmi les centres de recherche largement reconnus dans le monde. Son essor donnera naissance au réseau international des instituts Pasteur et instituts associés, qui compte 32 instituts implantés sur les cinq continents. Leur mission est de contribuer à la prévention et à la lutte contre les maladies infectieuses.

Aujourd'hui, plus de la moitié des laboratoires de recherche installés sur le campus parisien de l'Institut, organisés en dix départements scientifiques, sont tournés vers la recherche sur les maladies infectieuses connues (sida, tuberculose, paludisme) et sur les maladies émergentes (SRAS, grippe aviaire, fièvre du Nil occidental…). Les recherches portent également sur les cancers d’origine infectieuse (cancers du foie provoqués par les virus des hépatites B et C, par exemple) et sur les maladies dites "négligées" (maladie de Chagas, leshmanioses, ...).

L’Institut Pasteur possède une identité forgée par l'histoire de son fondateur et des nombreux "pasteuriens" qui ont fait avancer la science, dont les dix prix Nobel ayant contribué à sa renommée internationale. Il est notamment le berceau de découvertes scientifiques majeures, depuis l’identification du bacille de la peste en 1894 à celui du rétrovirus responsable du sida en 1983.

Quelques contributions de l’Inserm à la recherche sur le site de l'Institut Pasteur

Virologie, sida, cancérologie

Françoise Barré-Sinoussi mène l'essentiel de sa brillante carrière à l'Institut Pasteur à partir des années 1970, où elle se consacre à l'étude des rétrovirus. C'est dans le laboratoire de Jean-Claude Chermann, qu'elle publie la découverte du rétrovirus du sida en 1983, qui lui vaudra avec Luc Montagnier d'être honorée par le prix Nobel de physiologie ou de médecine en 2008. Elle s’investit également dans des programmes de recherche et d'actions concrètes sur le sida dans les pays en développement, notamment à travers le réseau international des instituts Pasteur.

Pierre Tiollais a dirigé l’unité de recherche intitulée "Recombinaison et expression génétique" (1977-1982), devenue "Recombinaison, expression génétique et programmation moléculaire" (1983 à 1990) puis "Biologie moléculaire des infections virales et cancérologie" (1991-2003). Il s'est illustré dans le domaine de l'hépatocarcinome (cancer primitif du foie). Animé par l’objectif de guérir les patients, Pierre Tiollais a appliqué ses connaissances en génie génétique à l’hépatite B, problème majeur de santé publique. Ainsi, son travail le plus remarquable est la mise au point, en 1985, du premier vaccin humain de l’hépatite B obtenu par génie génétique à partir de cellules animales.

Gérard Orth, a été directeur de l'unité 190 "Virus cutanés et cancers : biologie et biochimie des papillomavirus" dont l’intitulé deviendra "Oncologie virale humaine et comparée" de 1977 à 2000. Il a consacré ses travaux à l'étude du rôle des virus dans la genèse de cancers humains. Ses recherches ont porté sur les papillomavirus et leur association à des tumeurs bénignes et à des cancers de la peau et du col de l'utérus.

Anne Dejean-Assémat dirige l'unité 579 "Biologie moléculaire et cellulaire des tumeurs" de 2003 à 2009, puis l'unité 993 "Organisation nucléaire et oncogenèse" depuis 2010. Elle consacre ses recherches à l'étude des mécanismes moléculaires impliqués dans le développement des cancers chez l'homme. Ses travaux ont notamment conduit à la mise en évidence que le virus de l'hépatite B peut être impliqué dans le développement des cancers du foie.

Maladies infectieuses et parasitaires

Directeur à partir de 1977 de l’unité de recherche "Entérobactéries et bactéries apparentées", Léon Le Minor et ses équipes sont à l'origine de découvertes importantes dans le champ des maladies infectieuses et parasitaires. Et c'est en raison des compétences reconnues de cette unité de recherche dans le domaine des entérobactéries et des bactéries voisines, que des centres de référence nationaux (Salmonella, Shigella, lysotypie entérique) et internationaux (Salmonella) y sont implantés. Patrick Grimont lui succède en 1990 à la direction de l’unité de recherche portant alors l’intitulé "Bactéries entériques et pathogénie".

Philippe Sansonetti entame sa carrière avec Patrick Grimont, le successeur de Léon Le Minor, avant de créer et diriger ses propres unités de recherche "Colonisation et invasion du tube digestif par les microorganismes pathogènes" (1994-2005), puis "Colonisation et invasion microbienne des muqueuses" depuis 2006. Avec ses collaborateurs, il a apporté une contribution essentielle à la bactériologie médicale, notamment avec la mise au point d’un candidat vaccin administré par voie orale de la dysenterie bacillaire, maladie diarrhéique mortelle chez le jeune enfant. Plus récemment, il a travaillé sur les bases moléculaires et cellulaires de l’homéostasie (autorégulation) de l’intestin en présence de sa flore microbienne commensale.

Jean-Michel Heard a dirigé l'unité 622 "Rétrovirus et transfert génétique" de 2004 à 2012, devenue l'unité "Biothérapies pour les maladies neurodégénératives". Il développe notamment des modèles murins invalidés pour certaines enzymes et des approches de thérapie génique pour les maladies génétiques lysosomiales, liées à un déficit enzymatique, impliquées dans la mucopolysaccharidose.

Directrice de l'unité de recherche 604 "Interaction bactéries-cellules" depuis 2004, Pascale Cossart étudie les bases moléculaires du pouvoir pathogène de Listeria monocytogenes, une bactérie invasive, à multiplication intracellulaire et responsable d'infections graves d'origine alimentaire. Ses travaux ont grandement contribué à faire de Listeria monocytogenes une des bactéries pathogènes les mieux connues et une bactérie intracellulaire modèle en infectiologie et biologie cellulaire.

Génétique et génomique

Buste de Louis Pasteur, par Naoum Aronson, 1987 - © Institut Pasteur

Buste de Louis Pasteur, par Naoum Aronson, 1987

En 1972, Philippe Kourilsky entre à l’Institut Pasteur où il mènera l’ensemble de sa carrière. Ses contributions majeures portent sur la génétique moléculaire et sur l'immunologie. Il est l’un des précurseurs du génie génétique. En 1985, il crée l'unité "Biologie moléculaire du gène" qu’il dirige jusqu’en 2002. Ses travaux jettent un nouvel éclairage sur les mécanismes moléculaires qui gouvernent la réponse immunitaire, permettant la surveillance immunitaire de patients atteints notamment de cancers et de maladies auto-immunes. Philippe Kourilsky dirige l’Institut Pasteur de 2000 à 2005.

La génétique humaine connaît des avancées importantes avec les travaux menés par Tomasso Meo, directeur de l’unité 276 "Expression des gènes du complexe majeur d'histocompatibilité" à partir de 1985. Marc Fellous lui succède, à son décès, en 1995, l’intitulé de l’unité devenant "Régulation de l'expression génétique et pathologie moléculaire" puis "Génomique fonctionnelle et développement" (2000-2004). Les mécanismes génétiques de la détermination du sexe chez l’homme et ses anomalies ont constitué un nouveau champ de recherche, que l’on doit à Marc Fellous et à ses collaborateurs.

Immuno-hématologie

James Di Santo dirige l'unité Inserm 668 "Physiopathologie du système immunitaire” depuis 2005. Il cherche à définir les signaux moléculaires qui permettent le développement des lymphocytes et des réponses immunitaires. Il étudie également le rôle joué par les cytokines dans la lymphopoïèse et l’homéostasie.

Neurologie, otorhinolaryngologie

Henri Korn dirige l'unité 261 "Biologie cellulaire et moléculaire du neurone" de 1983 à 2000, spécialisée dans l'étude de la transmission synaptique. Il a notamment exploré les mécanismes de libération des neurotransmetteurs dans les synapses centrales.

Chercheur à l’Institut Pasteur depuis le début des années 1970, Christine Petit y mène toute sa carrière. A la fin des années 1990, elle identifie des gènes responsables de surdités. L’unité de recherche Inserm "Génétique des déficits sensoriels", qu’elle dirige de 2003 à 2010, est à l’origine d’avancées majeures dans la connaissance de ces gènes, mais également de la pathogénie de ces atteintes et de la physiologie moléculaire du système auditif.

Inflammation pulmonaire

Bernardo-Boris Vargaftig dirige l'unité 285 "Pharmacologie des médiateurs de l'inflammation et de la thrombose" (1985-1997) qui deviendra l'unité 485 "Biologie et pharmacologie cellulaire et moléculaire de l'inflammation pulmonaire" (1998-2001). Il s'intéresse au contrôle immunologique et pharmacologique des atteintes inflammatoires pulmonaires, allergiques, environnementales et infectieuses. Il a notamment mis en évidence le rôle du facteur d'activation plaquettaire (PAF acéther), un des principaux médiateurs de l'inflammation, dans l'agrégation des plaquettes.

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