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Institut Pasteur de Lille

Lille

Mis à jour le 30 novembre 2018

À la fin du XIXème siècle, les épidémies de maladies infectieuses comme la diphtérie, la tuberculose, le choléra, la variole et la rage touchent une grande partie de la population mondiale. Le Nord de la France n'est pas épargné et la ville de Lille doit faire face, en 1894, à une importante épidémie de diphtérie. Cette même année, c'est avec un grand retentissement que le docteur Emile Roux de l'Institut Pasteur à Paris présente ses travaux, à un congrès à Budapest, sur le sérum antidiphtérique qu'il vient de mettre au point.

Une délégation de la municipalité de Lille se rend à Paris pour consulter Louis Pasteur sur la façon d'obtenir en quantité suffisante le fameux sérum antidiphtérique. Louis Pasteur avait occupé la fonction de premier doyen de la faculté des sciences de la ville de 1854 à 1857 et travaillé sur les fermentations, à la demande des brasseurs de la région ; les liens étaient restés très étroits avec lui. Pasteur préconise la création d'un institut, identique à celui fondé quelques années plus tôt dans la capitale. Il accepte que le nouvel institut porte son nom et choisit Albert Calmette comme premier directeur.

La décision de créer l'institut sera ratifiée par le conseil municipal du 9 novembre 1894. Les laboratoires provisoires sont installés à la Halle aux sucres et l’Institut Pasteur de Lille est inauguré le 9 avril 1899, dans ses locaux actuels du boulevard Louis XIV. Cet institut a été construit notamment grâce à la ville de Lille, à la population du Nord-Pas-de-Calais et à la générosité d'Albert Calmette, qui versera le produit de la vente de certains de ses brevets. L'Institut Pasteur de Lille est une fondation reconnue d'utilité publique en 1898, indépendante juridiquement et financièrement de l'Institut Pasteur à Paris. Il fait partie du réseau international des instituts Pasteur.

Albert Calmette, son directeur, rejoint par le vétérinaire Camille Guérin, s'intéresse à la tuberculose, qui sera leur principal objet de recherche pendant 20 ans. En 1921, ils parviendront à mettre au point le vaccin bilié de Calmette et Guérin, dénommé vaccin BCG. En 1928, la diffusion massive du vaccin est lancée.

Le domaine du Certia à Villeneuve d’Ascq a accueilli de 1964 à 1998 des unités Inserm spécialisées en immunologie parasitaire et en écotoxicologie, et dont les travaux étaient menés en collaboration avec des chercheurs de l’Institut Pasteur. Ces unités ont ensuite laissé la place à d’autres structures, dont le laboratoire départemental public du Nord.

Aujourd'hui, l'Institut Pasteur de Lille, dans ses laboratoires associés à l’Inserm au CNRS et à l’université, poursuit ses activités de recherche sur les maladies infectieuses et parasitaires. Ses équipes y effectuent également des travaux sur les grandes maladies du siècle : cancer, diabète, obésité, maladies neurodégénératives, cardiovasculaires et inflammatoires. Son activité est donc le développement de recherches fondamentales et appliquées liées à la santé publique. Il est un centre de référence pour les examens de santé et les vaccinations et a développé une expertise reconnue dans le domaine de la nutrition.

 

Contributions de l’Inserm à la recherche sur le site

Maladies infectieuses et parasitaires

Jean Biguet a dirigé l’unité 42 "Immunologie parasitaire" de 1964 à 1982. Alain Vernes lui a succédé de 1983 à 1985, puis Daniel Camus sous l’intitulé "Biologie et biochimie parasitaire et fongique" de 1986 à 1998. Les travaux de cette unité, localisée dans le domaine du Certia, ont porté sur le paludisme, notamment pour comprendre la régulation de la réponse immune et le mode d’action des médicaments antimalariques. Ils ont aussi porté sur l’organisation ultrastructurale du champignon Candida albicans, responsable d’infections humaines. Daniel Camus a également étudié les aspects immunologiques de l’action du ver plat parasite, Schistosoma mansoni, responsable de la bilharziose.

André Capron a dirigé l’unité de recherche Inserm 167 intitulée successivement "Immunologie et biologie parasitaires" de 1977 à 1990, "Immunologie des maladies transmissibles et allergiques" de 1991 à 1994, puis "Relation hôte-parasite et stratégies vaccinales" de 1995 à 2000. Médecin-chercheur, il se spécialise dans l’immunologie parasitaire, discipline dont il est l’un des fondateurs. Il jette les bases du concept de mimétisme hôte-parasite, en vue de mettre au point de nouvelles stratégies vaccinales, notamment contre la bilharziose (ou schistosomiase), seconde endémie parasitaire mondiale après le paludisme. Il a également été directeur de l'Institut Pasteur de Lille de 1994 à 2002.

Lorsqu’André Capron lance un nouvel axe de recherche sur l'infection par le virus du sida, il en confie la responsabilité à Jean-Claude Ameisen à son retour de stage postdoctoral aux Etats-Unis. Celui-ci propose puis explore l'hypothèse que le déficit immunitaire chez le malade atteint du sida pourrait être dû au déclenchement anormal et indirect par le VIH d'un processus d'apoptose, ou mort cellulaire programmée. Plus largement, il pense que ces processus d'apoptose pourraient être impliqués dans la pathogenèse des maladies neuro-dégénératives et d'autres maladies infectieuses telles que le sida, qui conduisent aussi à des déficits immunitaires.

Jean-Claude Ameisen, après avoir mené ses recherches au sein de l’unité d’André Capron, crée et dirige l'unité Inserm 415 "Pathogénie du sida et des infections à tropismes immunitaire et nerveux" de 1994 à 1996 à l’Institut Pasteur de Lille. Il a ensuite été directeur du contrat jeune formation de l’Inserm (1997-1998), de l’équipe mixte Inserm “Mort cellulaire programmée, pathogenèse du sida et interactions hôtes/agents infectieux” au sein de l’unité Inserm 552 “Recherche antivirale” à l’hôpital Bichat à Paris de 2005 à 2007, puis de l’équipe "Modèles expérimentaux de la maladie du greffon contre l’hôte et de la réaction greffon contre tumeur ", dans l’unité Inserm 728, dirigée par Anne Janin, à l’hôpital Saint-Louis de 2008 à 2010. Il est directeur du centre d'études du vivant, Institut des humanités de Paris, depuis 2011. Jean-Claude Ameisen a été président du comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé – CCNE de 2012 à 2017.  

Sur les traces de Calmette et Guérin, les travaux de Camille Locht concernent les pathologies bactériennes, dont la tuberculose et la coqueluche. Ses travaux fondamentaux sont à la base du développement de vaccins anti-coqueluche et de molécules ou de vaccins anti-tuberculose. Ilcrejoint l'Institut Pasteur de Lille en 1989 et dirige l'unité de recherche Inserm 447 "Mécanismes moléculaires de la pathogenèse bactérienne” de 1996 à 2009. Depuis 2010, il dirige le centre d’infection et d’immunologie de Lille, ainsi que l’unité mixte de recherche Inserm 1019/CNRS/Institut Pasteur de Lille/université Lille Nord "Infection et immunité". Avec ses équipes, il travaille sur des infections majeures, telles que la tuberculose, le virus de l'hépatite C et la malaria, ainsi que sur de de nombreuses infections parasitaires, respiratoires et gastro-intestinales.

Michel Simonet, praticien hospitalier, est directeur de l'unité de recherche Inserm "Interactions cellulaires et moléculaires des bactéries pathogènes avec l’hôte" de 1999 à 2009 à l'Institut de biologie de Lille, en menant de front ses deux activités clinique et de recherche. Il étudie les Yersinia, bactéries regroupant trois espèces virulentes (Yersinia pestis, responsable de la peste, Yersinia pseudotuberculosis et Yersinia enterocolitica occasionnant des pathologies du tractus digestif), afin de mieux connaître, notamment, les bases génétiques de leur virulence.

Monique Capron a entamé sa carrière dans l'unité dirigée par André Capron de 1985 à 2000, puis a créé et dirigé l'unité Inserm 547 associée à l’université de Lille “Schistosomiase, paludisme et inflammation” de 2001 à 2009. Ses travaux de recherche ont porté sur les mécanismes effecteurs de l’immunité anti-parasitaire impliquant les éosinophiles et ont été étendus à des maladies inflammatoires, dont la maladie de Crohn.

Benoit Déprez dirige l’unité 1177 “Médicaments et molécules pour agir sur les systèmes vivants -M2SV”, depuis 2015. Avec ses collaborateurs, ses travaux portent sur les maladies infectieuses et métaboliques, causes majeures de mortalité et de morbidité mondiales, notamment chez les enfants, pour lesquels les maladies infectieuses sont la première cause de décès. Son objectif est d’étudier les bases immunologiques de ces maladies et de développer des applications cliniques et thérapeutiques.

Toxicologie

Henri Leclerc a dirigé l’unité 146 "Ecotoxicologie microbienne" de 1975 à 1990, implantée dans le domaine du Certia à Villeneuve d’Ascq. Il a travaillé sur la recherche de bio-indicateurs et a développé des biotests pour détecter les risques toxicologiques dans l’environnement aquatique.

Biomatériaux et technologies biomédicales

Yves Moschetto, directeur de l’unité Inserm 279 "Technologies biomédicales", au centre Inserm de technologie biomédicale, de 1973 à 1975, puis à l’Institut Pasteur de Lille de 1976 à 1997, s’est illustré par ses recherches en ingénierie biomédicale pour développer des systèmes d’aide aux handicapés visuels. Ses travaux ont donné lieu au dépôt de près de 30 brevets.

Caractérisation des gènes du cancer

A son retour de Etats-Unis en 1976, où il avait découvert l'origine cellulaire des oncogènes, Dominique Stéhelin rejoint l'unité de recherche Inserm 102 en virologie, dirigée par Jean Samaille, puis dirige l’unité 186 "Oncologie moléculaire" de 1979 à 1991, unité qui deviendra une unité CNRS. Il poursuivra l'identification et la caractérisation de nouveaux oncogènes et leur implication dans le cancer, pour ensuite explorer les propriétés anti-tumorales du parvovirus H1. Il est à l'origine de la création de l'Institut de biologie de Lille par le CNRS, sur le campus de l’Institut Pasteur, avec le soutien de la région Nord-Pas-de-Calais et de l’Agence nationale de la recherche (Anr), institut dont il fut le premier directeur de 1996 à 1999.

Maladies cardiovasculaires, métaboliques et neurodégénératives

Jean-Charles Fruchart a été directeur de l’unité Inserm 325 "Lipoprotéines et interactions lipoprotéines-cellules : analyse moléculaire” de 1989 à 2001, puis de l’unité 545 "Récepteurs nucléaires, lipoprotéines et athérosclérose" de 2002 à 2007. Ses recherches ont porté sur le métabolisme des lipoprotéines, sur les facteurs de risque de l’athérosclérose et l’épidémiologie des interactions gènes/environnement dans le développement de cette pathologie. Il a été également co-fondateur et président du conseil de surveillance de Genfit, une entreprise lilloise de biotechnologie créée en 1999, qui vise la découverte et le développement de médicaments dans les domaines du diabète, de l’obésité et de l’athérosclérose.

Bart Staels, après avoir été responsable de l’équipe de recherche "Récepteurs nucléaires et paroi vasculaire" au sein de l’unité 545 de Jean-Charles Fruchart, succède à celui-ci de 2008 à 2009. Il crée ensuite l’unité mixte de recherche Inserm 1011/université Lille 2/Institut Pasteur de Lille "Récepteurs nucléaires, maladies cardiovasculaires et diabète", qu’il dirige depuis 2010. Ses travaux portent sur la pharmacologie moléculaire des maladies cardiovasculaires et métaboliques. Par ailleurs, ses recherches ont permis d’identifier les facteurs de transcription PPAR comme de potentielles cibles thérapeutiques pour le traitement du diabète, de la dyslipidémie et des maladies cardiovasculaires et hépatiques.

Philippe Amouyel a dirigé l'unité de recherche Inserm 508 "Epidémiologie des maladies chroniques : impact des interactions gène/environnement sur la santé de populations" de 1999 à 2005, puis l’unité 744 "Santé publique et épidémiologie moléculaire des maladies liées au vieillissement" de 1999 à 2005, qui est devenue en 2006 l'unité mixte de recherche Inserm 744/université Lille 2/Institut Pasteur de Lille "Santé publique et épidémiologie moléculaire des maladies liée au vieillissement" de 2006 à 2013. Et, il dirige l’unité 1167 "Facteurs de risques et déterminants moléculaires des maladies liées au vieillissement” depuis 2014. Ses travaux portent sur les déterminants et les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires et neuro-dégénératives, associées au déclin des fonctions cognitives, dont la maladie d’Alzheimer. Dans ce champ, il développe des études épidémiologiques nécessitant la constitution de vastes collections d'échantillons et bénéficiant des progrès actuels des techniques de séquençage. Il a également été directeur de l’Institut Pasteur de Lille de 2002 à 2011.

Inflammation pulmonaire

André-Bernard Tonnel, directeur de l’unité Inserm 416 "Mécanismes cellulaires et moléculaires de la réaction inflammatoire en pathologie immuno-allergique" de 1994 à 2005, s'est consacré aux mécanismes et à la régulation de la réaction inflammatoire au cours des allergies.

Philippe Lassalle a dirigé l’unité 774 “Biomolécules et inflammation pulmonaire" de 2006 à 2009. Il a consacré ses travaux à l’inflammation pulmonaire, en étudiant la domiciliation cellulaire, les tissus épithéliaux et l’endothélium des vaisseaux.

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