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Institut Gustave-Roussy

Villejuif

En 1921, Gustave Roussy, spécialiste de l'anatomopathologie et recteur de l'Académie de Paris crée, au sein de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif, la première consultation dédiée aux malades atteints de cancer. Quatre années plus tard, le Centre régional de lutte contre le cancer de la banlieue parisienne est construit, à côté de l'hôpital Paul-Brousse, dont la direction est confiée à Gustave Roussy. Pour celui-ci, il s'agit d'associer soins, recherche et enseignement "loin des fumées d'usines, à l'air pur de la région d'Arcueil-Cachan et de Bourg-la-Reine, sur les hauteurs de Chevilly et de la vallée de la Seine". Un an après, le centre devient l'Institut du cancer de la faculté de médecine de Paris (1926). Reconnu d'utilité publique, il acquiert le statut de "Fondation pour le développement de l'Institut du cancer".
Une ordonnance d’octobre 1945 crée le statut des centres de lutte contre le cancer. La section hospitalière de l'Institut, qui compte à cette époque 150 lits, devient alors le premier de ces centres indépendants de statut privé. En 1948, il prend le nom d'Institut Gustave-Roussy, deux ans après le décès de son fondateur éponyme.
Dès les années 1960, en raison de l'accroissement régulier des activités, la décision de créer un nouvel institut est prise. Le site retenu reste situé à Villejuif et l’inauguration du bâtiment a lieu en 1980. Celui-ci occupe 78 500 m², à comparer aux 28 000 m² de l'ancien institut, et le nombre de lits passe de 367 à 440.
La recherche représente, à côté des soins et de l'enseignement, l'une des grandes missions de l'Institut Gustave-Roussy, associant étroitement chercheurs et cliniciens. Les travaux sont menés à la fois dans les services cliniques et dans les laboratoires de recherche Inserm, CNRS, universitaires,...
Et, au plan européen, l’Institut Gustave-Roussy est le premier centre de soins, de recherche et d'enseignement en cancérologie.

Contributions de l’Inserm à la recherche sur le site

La radiobiologie et la radiothérapie

Maurice Tubiana est un pionnier dans l'utilisation des isotopes radioactifs appliquée à la recherche biologique et à la médecine, ainsi que dans le développement de la radiothérapie et de la radioprotection. Chef du laboratoire des isotopes et du bêtatron à l’Institut Gustave-Roussy (1952), puis chef du département des radiations à partir de 1959, il dirige l’unité de recherche Inserm de radiobiologie clinique de 1966 à 1982, avant de prendre la direction de l’Institut Gustave-Roussy de 1982 à 1988. Au sein de l'unité, Maurice Tubiana développe l’utilisation des rayonnements ionisants à des fins diagnostiques et thérapeutiques chez l’homme. L'Institut Gustave-Roussy dispose du premier bêtatron en Europe, appareil émettant des rayonnements de haute énergie, ainsi que de la première bombe au cobalt installée en France en milieu hospitalier. Sur le plan clinique, Maurice Tubiana a mené des recherches sur l’utilisation des isotopes radioactifs dans le traitement du cancer de la thyroïde et a déterminé précisément l’action de la radiothérapie dans la maladie de Hodgkin et dans le lymphome non hodgkinien.

Robert Di Paola succède à Maurice Tubiana à la direction de l’unité 66 de 1983 à 1997, sous l’intitulé "Imagerie biomédicale, morphologique et fonctionnelle”. Ses travaux vont porter sur la représentation, la gestion et la communication d’images biomédicales, l’acquisition et le traitement des images en imagerie par résonance magnétique nucléaire, sur les relations entre imagerie chimique quantitative et fonctions cellulaires en microscopie ionique, et, enfin, sur l’étude des effets des radiations ionisantes sur les tissus en radiobiologie et en radiothérapie métabolique.

Edmond-Philippe Malaise a dirigé l’unité 247 "Radiobiologie des cellules normales et cancéreuses" de 1981 à 1993. Avec ses collaborateurs, il a étudié la radiosensibilité des tumeurs humaines et les modifications chimio-induites de cette radiosensibilité, la radiosensibilité intrinsèque des cellules humaines et son rôle en radiothérapie. Il a étudié également la réparation cellulaire des tissus normaux et tumoraux chez l'homme.

Épidémiologie - Santé publique

Philippe Lazar a dirigé l’unité Inserm d’épidémiologie et de statistiques sur l'environnement et la santé de 1977 jusqu’à sa nomination à la direction générale de l’Institut en 1982. Ses recherches ont porté sur les effets des conditions de travail sur diverses étapes de la reproduction humaine. Il travaille en particulier sur la prématurité avec Émile Papiernik et sera le responsable de la grande enquête périnatale de Haguenau sur la prévention des naissances prématurées.

Joseph Lellouch, directeur de l’unité Inserm 169 “Méthodes statistiques et épidémiologiques et étude des maladies chroniques” de 1979 à 1998, étudie les facteurs associés à l’apparition et au développement d’importantes pathologies en pneumologie (tous les troubles liés aux difficultés respiratoires), en neurologie (sclérose en plaque, hypersomnie, épilepsie…) et en santé mentale. Ses travaux avaient pour objectif de faire avancer les connaissances sur les mécanismes physiopathologiques impliqués.

Chef du service de statistique appliquée à la recherche médicale en 1968 et chef du département de statistique médicale et d’épidémiologie de l’Institut Gustave-Roussy de 1968 à 1977, Robert Flamant crée, en 1985, et dirige jusqu’en 1988 l’unité de recherche 287 "Epidémiologie des cancers", première unité de l’Inserm dans ce champ. Il a été, avec Daniel Schwartz (chef des services statistiques à l’Institut Gustave-Roussy au début des années 1960), l’un des premiers à introduire, en France l'utilisation de la statistique en médecine. Les principaux champs de recherche de Robert Flamant ont porté sur la méthodologie des essais thérapeutiques et sur le rôle du tabac et de l'alcool dans la genèse des cancers. Il assurera ensuite la direction de l’Institut Gustave-Roussy de 1988 à 1994. 

Hélène Sancho-Garnier lui succède à la direction de l’unité devenue ensuite unité 351 avec le même intitulé de 1989 à 1995. Sous l’égide de Maurice Tubiana, elle a largement participé à la mise en place d’un groupe national de pilotage du dépistage de masse des cancers du sein et a œuvré pour le développement de fortes actions de prévention.

Catherine Bonaïti prend la direction de l’unité d’Hélène Sancho-Garnier en 1996, et en poursuit les travaux, étudiant notamment la susceptibilité génétique (prédisposition génétique) dans les cancers à formes familiales

Florent De Vathaire dirige l’unité 605 “Epidémiologie des cancers : radio-carcinogenèse et iatrogénie des traitements” de 2004 à 2009. Avec ses collaborateurs, il a concentré ses travaux sur les facteurs environnementaux susceptibles d’augmenter le risque de cancer, avec une place prépondérante réservée à l’étude des effets cancérigènes des rayonnements ionisants. 

Immuno-cancérologie - Thérapeutique

Directeur du département de pharmacologie à l'Institut Gustave-Roussy en 1964, Claude Paoletti y installe le premier laboratoire de biochimie-enzymologie associé au CNRS en 1970. Il est l'un des premiers chercheurs à mettre en évidence l'existence de facteurs hématopoïétiques circulants, ainsi que le rôle de la transferrine dans le transport intracellulaire des métaux. En 1974, il crée l’unité Inserm  140 “Pharmacologie des médicaments anticancéreux” qu’il dirige jusqu’en 1987, date à laquelle Bernard Le Pecq lui succède, puis Alain Jacquemin-Sablon, en 1990. Claude Paoletti s'intéresse aux propriétés antitumorales de différentes molécules organiques et isole des molécules naturelles au pouvoir antitumoral, ainsi que des dérivés synthétiques pouvant accroître leurs effets pharmacologiques. En 1975, il découvre une molécule active, la 9-hydroxy-ellipticine. Début 1980, il mène  également des recherches en vue obtenir des oligonucléotides antisens capables d'inhiber sélectivement certains gènes, dont les oncogènes.

Salem Chouaib a été directeur de l’unité de recherche Inserm 487 “Cytokines et immunologie des tumeurs humaines” de 1998 à 2005, puis de l’unité 753 “Immunologie des tumeurs humaines : interaction effecteurs cytotoxiques – système tumoral” de 2006 à 2014. Ses travaux ont porté sur la compréhension et l’élucidation des mécanismes tumoraux associés avec la résistance aux cytotoxiques, qui demeure un handicap majeur de l'immunothérapie du cancer. La compréhension de ces mécanismes a pour objectifs d'atténuer cette résistance, d'aboutir à une immunothérapie plus efficace et mieux adaptée et d’envisager de nouvelles approches d’immunothérapie combinée.

Guido Kroemer a été directeur directeur de l’unité Inserm 848 "Apoptose, cancer et immunité" de 2008 à 2013. Il s’intéresse aux interactions entre médicaments, cellules cancéreuses et système immunitaire, et plus particulièrement aux mécanismes de l’apoptose, processus de mort cellulaire programmée. L’apoptose affecte plusieurs millions de cellules par seconde et permet d’éliminer de l’organisme les cellules superflues, âgées, endommagées ou mutées. Les travaux de Guido Kroemer et de ses collaborateurs ont permis d’identifier et de comprendre les mécanismes de base de l’apoptose. Ils ont notamment montré que la perméabilité de la membrane des mitochondries joue un rôle décisif dans sa régulation. Grâce à cette découverte, de nouvelles stratégies de traitement du cancer sont dé veloppées.

Les travaux de Fabrice André, directeur de l’unité mixte de recherche 981 "Biomarqueurs prédictifs et nouvelles stratégies moléculaires en thérapeutique anticancéreuse" de 2010 à 2016, concernent les biomarqueurs et les thérapies personnalisées dans le champ du cancer, en particulier le cancer du sein. Chaque cancer du sein étant caractérisé par un motif unique d'altérations génomiques, de nouveaux traitements ciblant spécifiquement ces altérations sont en plein développement. Cependant, ces types de traitement peuvent conduire à une résistance aux médicaments chez certaines patientes Fabrice André s’attache à identifier les biomarqueurs génétiques associées à la résistance aux thérapies ciblées dans le cancer du sein métastatique.

Hématopoïèse et maladies hématologiquesjavascript:;

Emilia Frindel  a dirigé l’unité 250 "Cinétique cellulaire" de 1981 à 1991. Ses recherches ont concerné

le mécanismes d'action du tétrapeptide Ac-SDKP, un inhibiteur de prolifération de cellules souches hématopoïétiques, mais aussi de prolifération et de sécrétion des fibroblastes cardiaques et glomérulaires, son dosages, son rôle physiologique et son mode d’action. Ses recherches ont porté également sur l’effet de l'introduction des gènes de la famille ras dans la prolifération et la différenciation des cellules hématopoïétiques.

Claude Rosenfeld a dirigé l’unité de recherche Inserm 253 de 1982 à 1985 "Différenciations hématopoïétiques normale et pathologique". Il a réalisé un milieu de culture chimiquement défini, permettant la croissance de lignées lymphoblastiques humaines et étudié des marqueurs sur des cellules de leucémies humaines in vivo et in vitro. Il a également étudié le contrôle de la différenciation et sa relation avec la malignité

William Vainchenker a dirigé l’unité de recherche Inserm 362 “Hématopoïèse et cellules souches” de 1993 à 2005. Il est un grand spécialiste de l’hématopoïèse et ses contributions dans la compréhension des maladies du sang sont majeures. Avec ses collaborateurs, il a mis en évidence la mutation génétique à l'origine de la polyglobulie de Vaquez, une hémopathie myéloproliférative (proliférations pathologiques des cellules de la moelle osseuse) aboutissant à un excès de cellules dans le sang et pouvant parfois se transformer en leucémie aiguë.

Eric Solary a été directeur de l’unité de recherche Inserm 517 "Mort cellulaire et cancer" de 1999 à 2007 à l’université de Bourgogne à Dijon, dont l’intitulé devient "Lipides, nutrition, cancer" et qu’il dirige de 2008 à 2009. Il rejoint ensuite le site de Gustave-Roussy en 2010, pour y diriger l’unité Inserm 1009 "Hématopoïèse normale et pathologique" jusqu’en 2014. Ses travaux portent sur l'hématopoïèse, processus physiologique impliquant plusieurs organes et permettant la création et le renouvellement des cellules sanguines. Avec ses collaborateurs il travaille en étroite collaboration avec les services cliniques pour développer des programmes de recherche translationnelle.

Olivier Bernard a succédé à Eric Solary à la direction de  l’unité mixte de recherche Inserm 1170/université Paris Sud/Institut Gustave-Roussy, qui a conservé le même intitulé "Hématopoïèse normale et pathologique", et ce depuis 2015. Avec ses collaborateurs, il étudie les aspects génétiques des maladies hématologiques malignes et non malignes et analyse leurs conséquences sur l’hématopoïèse normale et sur la transformation maligne.

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