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Hôpital Sainte-Anne

Paris

L’hôpital Sainte-Anne est édifié sur un site qui a connu, dès le XIIIème siècle, une vocation hospitalière. À la suite de la Maison de Santé de Marguerite de Provence, épouse de Saint-Louis, puis du Sanitat Saint-Marcel dit « La Santé » au XVème siècle, destiné aux malades contagieux, particulièrement les pestiférés, la régente Anne d’Autriche décide de construire un nouvel hôpital, dans le XIVème arrondissement de Paris, auquel est donné le nom de Sainte-Anne. Quasiment inoccupé, il est finalement transformé en ferme où viennent travailler les aliénés de l’hospice de Bicêtre. L’Académie des sciences décide, en 1787, du réaménagement de l’hôpital. À la veille de la Révolution, le projet est abandonné, laissant le bâtiment au stade des fondations.

En 1833, les terrains de Sainte-Anne sont réquisitionnés pour y faire travailler les "aliénés tranquilles". En 1863, Napoléon III décide de la création d’un "asile clinique", sur l’emplacement de la ferme. Il destine le lieu au traitement, à la recherche et à l’enseignement des maladies mentales. L’asile est inauguré en 1867.

Pendant de nombreuses années, Sainte-Anne va soigner les malades mentaux, avec les faibles moyens thérapeutiques de l’époque, mais une recherche médicale très importante s’y développe.L’asile se dote d’un pavillon central de chirurgie générale, important bâtiment, très moderne pour l’époque, qui comporte des salles d’hospitalisation, une section obstétricale, des laboratoires de radiologie, de microphotographie et de biologie.

En 1941, est installé l’un des premiers laboratoires d’électro-encéphalographie de France et, en 1947, la section de bio-psychopathologie de l'enfant. En 1952, la psychiatrie fait une avancée spectaculaire avec les travaux sur les premiers neuroleptiques dont l’action révolutionnera la thérapeutique à l’échelle planétaire. Parallèlement, se développe la neurochirurgie avec une méthode d’investigation et d’intervention novatrice, la neurochirurgie stéréotaxique, pratiquée aujourd’hui avec de nombreuses applications dans le monde entier. La neurochirurgie et la pharmacologie de la douleur se font également une place importante à l’hôpital.
Le service de neurologie est installé en 1974 et la neuroradiologie devient, à Sainte-Anne, une discipline de pointe avec un appareillage novateur, tomographe-scanner, imagerie par résonance magnétique nucléaire, qui va permettre la création de la radiologie thérapeutique.

La création du centre Paul-Broca

Les unités Inserm ont, dès le début des années 1960, joué un rôle majeur dans le développement des recherches dans les champs des neurosciences et de la psychiatrie, faisant de Sainte-Anne un pôle de référence. Ainsi, à la fin de ces années 1960 sera créé, au sein de l’hôpital, un bâtiment destiné à héberger les unités de recherche Inserm, qui sera dénommé Centre Paul-Broca.  Quelques traits d’histoire sur la  brillante personnalité de Pierre-Paul Broca (1824-1880) : il obtient simultanément un baccalauréat en littérature, mathématique et physique ; il est diplômé de la faculté de médecine de Paris à 20 ans, à l'âge où ses contemporains commencent juste leurs études de médecine. Chercheur médical renommé, en 1859, il pratique une intervention chirurgicale sous anesthésie hypnotique. Mais, ce qui lui assure sa place dans l'histoire de la médecine est sa découverte du “centre de la parole” dans le cerveau, connue comme l'aire de Broca. 

Contributions de l'Inserm à la recherche sur le site

Stéréotaxie – Epilepsie 

Jean Talairach, neurochirurgien, et Jean Bancaud, électro-encéphalographiste, se sont illustrés à Sainte-Anne par leurs travaux sur la stéréotaxie, une technique utilisée pour l'exploration fonctionnelle des zones du cerveau de manière précise et de repérer et d'atteindre notamment une région profonde de l'encéphale. Elle apportera des résultats majeurs, en particulier dans la compréhension et le traitement de la maladie de Parkinson et de l'épilepsie. La collaboration entre les deux hommes durera toute leur carrière. En 1962, Jean Talairach est nommé chef du service de neurologie fonctionnelle de l'hôpital Sainte-Anne et sera directeur de l’unité 97 “Neurophysiopathologie et thérapeutique des épilepsies” de 1970 à 1973. 

Jean Bancaud lui succède, l’intitulé de l’unité 97 devenant “Exploration stéréotaxique et thérapeutiques chirurgicales des épilepsies” au centre Paul-Broca, de 1974 à 1987. C’est sur l'exploration fonctionnelle stéréotaxique des épilepsies rebelles aux traitements médicamenteux qu’il a consacré l’essentiel de ses recherches.  Michel Lamarche succède à Jean Bancaud de 1988 à 1995 à la direction de l’unité, poursuivant des recherches sur l’épilepsie.

Neuropsychopathologie - Neurophysiologie - Trouble du langage

L’unité de recherche 39 “Physiopathologie clinique de psychobiologie” qu’André Soulairac crée et dirige de 1964 à 1973 a été l’une des toutes premières dans le champ des maladies mentales, notamment en France. Il va engager des études biocliniques sur différents troubles mentaux, sur l’animal : stato-kinésimétrie, réactions posturales, dosage des médiateurs chimiques, exploration dynamique des fonctions hypothalamo-hypophysaires… André Soulairac a accueilli de nombreux chercheurs étrangers avec lesquels il discutait et confrontait ses résultats.

Gabrielle Lairy a dirigé l’unité Inserm 144 “Psychopathologie de l'enfant : recherches théoriques et pratiques” au centre Paul-Broca de 1975 à 1986. Ses travaux ont porté sur les études cliniques d’enfants aveugles congénitaux, d’enfants présentant des crises comitiales et d’enfants psychotiques, et ce pour établir les relations entre handicaps ou affections précoces et psychoses.  

Paul Dell, médecin et neurophysiologiste, a été directeur de l’unité de recherche Inserm 60 de physiologie neurovégétative de 1966 à 1971 sur le site. Il s’installe travaille ensuite dans l’unité de recherche 6 de neurobiologie, dirigée par Henri Gastaut, à l’hôpital de Sainte-Marguerite à Marseille, à qui il succède de 1972 à 1975. Il a mené des recherches expérimentales sur le cerveau, en étudiant les mécanismes régulateurs de la vigilance et ceux qui régulent les mécanismes de l’induction du sommeil. Il a été un des pionniers de l’application de l’informatique et des calculateurs électroniques (outils de transmission ou de réception des informations) à la neurophysiologie. 

Neurologue, médecin des hôpitaux psychiatriques, attaché au centre neurochirurgical de l’hôpital Sainte-Anne à Paris en 1947, Henri Hécaen crée l’unité Inserm 111 de recherche en neuropsychologie et neurolinguistique au centre Paul-Broca et la dirige de 1972 à 1981. Il a mené des travaux de pionnier en matière de troubles du langage, des gestes et de la perception et a été une personnalité majeure dans le domaine de la neuropsychologie, domaine de recherche dont il fut l’un des pionniers internationalement reconnu.

Pierre Rondot succède à Henri Hécaen de 1982 à 1986 et en poursuit et élargit les travaux sur les troubles du langage, les troubles praxiques et gnosiques, les troubles intellectuels et mnésiques, et ceux de la coordination visiomotrice. Il étudie également les déficits neuropsychologiques observés au cours des démences.

Raymond Sadoun, directeur de l’unité Inserm 110 "Epidémiologie des troubles mentaux", au centre Paul-Broca, de 1971 à 1986, mènera ses recherches sur les troubles mentaux, en matière de standardisation des données cliniques et diagnostiques (fréquence, critères de diagnostic, facteurs de risque, évaluation des activités de soins et d’assistance).

Marie-Odile Krebs a dirigé l’unité 796 “Physiopathologie des maladies psychiatriques : développement et vulnérabilité” au centre Paul-Broca de 2006 à 2007. L’objectif de l’unité était d’étudier pourquoi et comment un sujet passe d’une prédisposition à une maladie psychiatrique avérée et de rechercher des moyens d'interventions susceptibles de modifier cette évolution ou de rétablir les fonctions, en utilisant des approches cliniques et ce grâce à des modélisations chez l’animal. Ont été étudiés la délimitation précise des phénotypes psychiatriques et l’identification des mécanismes cognitifs élémentaires sous-jacents, et l’identification des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux ou physiologiques (consommation de substances psychoactives, puberté, stress) influençant la transition psychotique chez le jeune adulte. 

Neuropharmacologie

Jacques-Robert Boissier a dirigé l’unité 19 "Neuropsychopharmacologie" au centre Paul-Broca de 1964 à 1978. Avec ses équipes, il a  mené l’essentiel de ses travaux sur l’animal par une  recherche multidisciplinaire en neuro et psychopharmacologie nécessitant différentes approches et techniques, notamment sur l’anxiété et les anxiolytiques, avec la recherche de tests de comportements adaptés. 

Jean-Charles Schwartz, après avoir créé et co-dirigé l’unité 159 de neuro-endocrinologie avec Claude Kordon au centre Broca, crée, en 1972, l'unité 109 de recherche en neurobiologie et pharmacologie sur le même site, qu’il dirige jusqu’en 2001. Pharmacien de formation et spécialiste de la pharmacologie des médiateurs chimiques du cerveau, il développe de nouvelles classes de médicaments, principalement en neuropsychiatrie. Il a travaillé notamment sur la mise au point de nouveaux anti-histaminiques.

Pierre Sokoloff a dirigé l’unité 573 “Neurobiologie et pharmacologie moléculaire” de 2002 à 2005, puis Jean-Michel Arrang de 2006 à 2009 au centre Broca. Ils orientent leurs recherches sur la découverte de médicaments contre la dépendance aux drogues, en travaillant sur la dopamine, un neurotransmetteur libéré massivement dans certaines régions du cerveau lors des premières prises de drogue.

Jean-Michel Arrang lui succèdera de  2006 à 2009, poursuivant les travaux de l’unité, en s’attachant plus particulièrement à l’étude de la pharmacologie moléculaire de la transmission dopaminergique.

Neuro-endocrinologie - Neuropeptides

Claude Kordon est tout particulièrement connu pour ses travaux de recherche sur l’action des hormones sur le cerveau et les mécanismes qui intègrent comportements, hormones et défenses immunitaires. Il crée l'unité de recherche Inserm  159 "Neuro-endocrinologie" au centre Paul Broca, avec Jean-Charles Schwartz et la dirige de 1975 à 1992 puis de 1993 à 1998 sous l'intitulé "Dynamique des systèmes neuro-endocriniens" au centre Paul-Broca. Ses recherches ont notamment porté sur l’étude des neuropeptides, le rôle des mono-amines et des neuropeptides dans la régulation des fonctions hypophysaires, l’importance des hormones stéroïdiennes dans les fonctions cérébrales et sur les interactions entre système nerveux et système immunitaire. 

Alain Enjalbert sera responsable d’une équipe de recherche dans cette unité 159 de 1981 à 1992 au centre Paul-Broca, avant de se délocaliser à Marseille pour diriger l'unité mixte de recherche CNRS 9941/université de la Méditerranée “Interactions cellulaires neuro-endocriniennes” à l’hôpital Nord à Marseille de 1993 à 2007. Il démontrera notamment le caractère multifactoriel des régulations hypothalamo-hypophysaires. 

Jacques Epelbaum succède à Claude Kordon à la direction de l’unité 159 de 1999 à 2000, puis dirige l’unité de recherche 549 "Neurobiologie de la croissance et de la sénescence” de 2001 à 2007. Il assurera ensuite la direction du centre de psychiatrie et des neurosciences, unité mixte de recherche Inserm 894 de 2008 à 2014. Ses recherches concernent la neuro-endocrinologie du cerveau et les fonctions neurobiologiques de la somatostatine (une hormone protéique), dont il est le grand spécialiste. Il a participé au développement des applications thérapeutiques de cette hormone.

Physiopathologie de la douleur

Jean-Marie Besson, pharmacien et neurobiologiste, a été directeur de l’unité Inserm 161 "Physiopharmacologie du système nerveux" au centre Paul-Broca, de 1976 à 2003". Il est un des pionniers des recherches sur la douleur et les phénomènes d’analgésie, recherches longtemps reléguées au second plan en France. Ses travaux se fondaient sur une approche pluridisciplinaire, associant neuro-anatomie, électrophysiologie, neuropharmacologie, neurochimie et comportement. Il est à l'origine de deux découvertes importantes pour le traitement de la douleur : la démonstration de l’effet antidépresseur de la morphine au niveau de la moelle épinière, qui a permis d’en optimiser l’administration à des patients atteints de douleurs rebelles d'origine cancéreuse ; la mise en évidence de l’action analgésique obtenue par stimulation cérébrale profonde de certaines structure du cerveau des patients.

Neurobiologie – Tumeurs cérébrales - Vieillissement

François Boller a dirigé l’unité 324  “Neuropsychologie et neurobiologie du vieillissement cérébral” au centre Paul-Broca de 1989 à 2001. Son intérêt s’est d’abord porté sur ce trouble de la parole qu’est l’aphasie. Il a consacré ensuite sa carrière à l’étude de la maladie d’Alzheimer (aspects cliniques, étude neuropsychologique des troubles cognitifs, des  troubles psychiatriques) et à l’exploration de cette maladie par imagerie médicale. Il fut l’un des premiers à étudier les relations entre la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer. 

Hervé Chneiweiss a successivement été directeur de l’unité mixte Inserm 752 “Plasticité gliale” de 2006 à 2008, responsable de l’équipe  “Plasticité gliale et tumeurs cérébrales”, au sein du centre de psychiatrie et de neurosciences Inserm/université Paris-Descartes, dirigé par Jacques Epelbaum, au centre Paul-Broca de 2009 à 2013, puis directeur de l’unité mixte Inserm 1130, campus de Jussieu de  2014 à 2016. 

Christian Néri a dirigé l’unité mixte Inserm 857/université Paris V/université de Montréal “Biologie génomique” au centre Paul-Broca de 2007 à 2009. Avec ses collaborateurs, il a étudié les mécanismes intracellulaires impliqués dans les phases précoces des maladies dégénératives, comme la maladie de Huntington, la maladie de Parkinson, les maladies neuromusculaires, et l’identification/ validation de nouvelles cibles pharmacologiques, de nouveaux marqueurs génétiques et biologiques et la caractérisation de molécules actives.

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