toggle
ICON
Haut de page
Taille du texte
Ajouter au favoris
Imprimer
Envoyer à un ami
Partager

Hôpital Saint-Antoine

Paris

Hôpital Saint Antoine © photothèque numérique Dspc/AP-HP

Hôpital Saint Antoine

Déclarée bien national sous la Révolution, l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs est convertie en hôpital dans le quartier populeux du faubourg Saint-Antoine, à l’Est de Paris et ouverte en 1796. L'hôpital ne compte que deux salles de 72 lits chacune. La création du Conseil général des hospices, en 1801, marque un tournant dans la gestion des hôpitaux parisiens et les conditions d'hygiène s'améliorent. Les ailes Nord-Est et Nord-Ouest sont construites à cette époque et le nombre de lits est porté à 250. D'importants travaux d'agrandissement sont réalisés au XIXème siècle, parmi lesquels deux ailes au sud du bâtiment Lenoir (1861 et 1863), le pavillon Moïana (1886) et la maternité (1897).

Au début du XXème siècle, l’hôpital Saint-Antoine figure parmi les cinq hôpitaux parisiens les plus importants (avec Saint-Louis, Lariboisière, Tenon et l'Hôtel-Dieu). Il s’illustre par ses services de médecine, de chirurgie générale et sa maternité. Il remplit une mission majeure en matière de santé publique et son centre de transfusion sanguine est reconnu d'utilité publique en 1931. Dans ce centre, se croiseront des personnalités aussi importantes pour la recherche en hématologie qu’Arnault Tzanck, Jean Bernard, Marcel Bessis et Jean Dausset.

Dans les années 1950, l'hôpital se spécialise et les deux services de chirurgie générale s'orientent vers la traumatologie et la chirurgie digestive.

Saint-Antoine connaît de grands changements dans les années 1960. En 1965, il devient le premier centre hospitalo-universitaire (CHU) parisien, regroupant les hôpitaux de Tenon, Trousseau et Rothschild. Investi de la triple mission de soins, d'enseignement et de recherche, il poursuit ses agrandissements, avec l'ouverture d'un bâtiment où sont situées trois unités de recherche de l’Inserm dont l’une des toutes premières, l'unité 11, dirigée par Maurice Panigel.

Aujourd'hui, l'hôpital compte plus de 760 lits et emploie 3 700 personnes. Centre unique de transplantation hépatique de Paris, on y réalise de nombreuses greffes de foie, des autogreffes et allogreffes de moelle osseuse et des prélèvements multi-organes.

Contributions de l'Inserm à la recherche sur le site

Maurice Panigel, médecin-chercheur, crée la première unité de recherche Inserm sur le site, l’unité 11 "Physiologie du placenta", qu’il dirige de 1960 à 1971. Il est mondialement reconnu pour ses travaux pionniers dans l’étude du rôle du placenta en biologie reproductive.

Immunopathologie et physiopathologie respiratoire

Raoul Kourilsky, chef de service à l’hôpital Foch dans les années 1940, rejoint l'hôpital Saint-Antoine en 1950, en tant que chef du service de pneumophtisiologie. Dans le même temps, il crée le groupe de recherche de physiopathologie respiratoire, qui deviendra plus tard l’unité de recherche Inserm 23 "Immunopathologie et pathologies respiratoires" qu’il dirigera jusqu’en 1970. Il s’illustre par ses travaux sur les mécanismes du rejet des greffes, l'auto-immunisation, l'hypersensibilité retardée et les lésions cytologiques provoquées par les réactions antigènes-anticorps.

Guy-André Voisin lui succède de 1971 à 1987, l’unité 23 s’intitulant alors "Immunopathologie et immunologie expérimentale". Les travaux du laboratoire ont porté essentiellement sur l’étude de la régulation et dysrégulation de la réponse immunitaire et de leurs conséquences physiologiques et patho­logiques. Cette recherche s’est appuyée sur quatre types de modèles immunologiques : transplantation (agents immuns du rejet et de la facilitation) ; gestation et réaction maternelle anti-fœtale (rôle immuno-modulateur du placenta) ; aspects analytiques cellulaires et moléculaires de la régula­tion de la réponse immunitaire ; auto-antigènes et réaction  auto-immunitaire pathogène.

Sous la direction de Raymond Frade qui succède à Guy-André Voisin, l’unité s’intitule "Immunochimie des antigènes de membranes et des interactions cellulaires" de 1988 à 1991, puis devient l’unité 354 "Immunochimie des régulations cellulaires et des interactions virales" de 1992 à 2003. Les recherches du laboratoire concernent deux axes : la signalisation via le récepteur pour le virus d'Epstein-Barr et pour le C3d, la structure et les fonctions des protéases membranaires qui clivent C3, le troisième composant du complément humain et qui sont impliquées dans le pouvoir tumorigène et métastatique de mélanomes.   

Denise Brille crée et dirige l’unité Inserm 68 "Physiopathologie respiratoire" de1966 à 1981 et Claire Hatzfeld lui succède de 1982 à 1985. Toutes deux ont consacré leurs recherches aux broncho-pneumopathies chroniques obstructives ( BPCO) : étude des structures pulmonaires et mécanique ventilatoire chez le sujet normal et pathologique, étude des échanges gazeux (air alvéolaire, exercice musculaire, affinité de l’hémoglobine pour l’oxygène).

Gastroentérologie et hépatologie

Ces deux disciplines ont été brillamment représentées dès le début des années 1960 sur le site par Jacques Caroli, chef du service de gastroentérologie, qui crée, en 1960, le groupe de recherche de “Pathologie biliaire et hépatique”, future unité Inserm 9.

Recaredo Infante succède à Jacques Caroli de 1964 à 1986. Il a mené ses recherches sur : les lipoprotéines (régulation de leur synthèse, leur métabolisme, biologie cellulaire de leur formation et sécrétion) ; le métabolisme des acides biliaires ; les facteurs d'induction de l'encéphalopathie hépatique ; la mise au point de systèmes d'hémo-épuration pour la prévention et le traitement du coma hépatique.

Georges Tchobrousky, chef du service de diabétologie, l'un des services les plus réputés pour la qualité des soins, de l'enseignement, de la recherche, a créé l’unité Inserm 55 “Diabétologie” qu’il dirigera de 1963 à 1966.

Gabriel Rosselin lui succède de 1967 à 1998, l’intitulé devenant “Diabétologie et radio-immunologie des hormones protéiques. Peptides neurodigestifs et diabète”.  Avec ses collaborateurs, il a travaillé sur : la biologie cellulaire et moléculaire des cellules bêta des îlôts de Langerhans du pancréas, qui produisent l'insuline ; la régulation moléculaire de la biosynthèse des lipoprotéines et les maladies génétiques de ces lipoproteines ; la cancérogenèse et la différenciation de l'épithélium gastro-intestinal.

L’unité 104 “Physiologie et immunologie cellulaire” a été dirigée par  Roger Robineau de 1970 à 1984. Les travaux de ses équipes ont porté sur la cytodifférenciation dans l'ontogenèse et la stimulation lymphocytaire, la structure des immunoglobulines, le mécanisme d'action des cellules effectrices dans la défense immune et sur la dynamique des systèmes vivants microscopiques.

Germain Trugnan a dirigé l’unité 538 “Trafic membranaire et signalisation dans les cellules épithéliales” de 2000 à 2007. Ses travaux ont porté sur les mécanismes moléculaires et la  physiopathologie de l'adressage des protéines et des lipides dans les cellules épithéliales ;  sur l’épithélium, les lipides membranaires et la production polarisée de médiateurs lipidiques de  l'inflammation ; sur les relations entre épithélium et microorganismes. Il a dirigé ensuite  l’unité 1057 “Inflammation intestinale” de 2011 à 2013.

Endocrinologie et neuro-endocrinologie

L’unité 142 “Physiologie endocrinienne infantile” a été dirigée par Michel Binoux de 1975 à 1997, d’abord à l’hôpital Trousseau puis sur le site de l’hôpital Saint-Antoine. Les travaux du laboratoire ont porté sur les insulin-like growth factors (IGF) et leurs protéines de liaison (rôle dans la croissance et la différenciation cellulaires, rôle fonctionnel et modes d'action) qu’il a étudié par transgenèse. Il a également étudié leur relation avec la croissance et la nutrition.

Yves Le Bouc lui succède en 1998 à la direction de l’unité, qui devient ensuite unité 515 en 1999 sous l’intitulé “Croissance, différentiation et processus tumoraux” jusqu’en 2007. Le thème général de l’unité a concerné l’analyse des mécanismes d’action et des effets de certaines composantes du système IGF, du récepteur des IGF,  et de protéines apparentées dans différents tissus, lors du développement normal ou pathologique.

William Rostène, après avoir entamé sa carrière au sein de l’unité de recherche Inserm de Claude Kordon, au centre Paul-Broca à Paris, devient directeur de l’unité 339 “Imagerie des neurorécepteurs et physiopathologie neuro-endocrinienne” de 1991 à 2002, à l’hôpital Saint-Antoine. Il s’illustre par ses travaux  sur la neurotensine et ses interactions, notamment avec les systèmes dopaminergiques (maladie de Parkinson). Il ouvre ensuite de nouvelles recherches sur les chimiokines, dont il met en évidence la présence dans des mécanismes neuronaux. Il mènera également des recherches sur le rôle des chimiokines  dans le glaucome et sur le traitement de de cette maladie invalidante.

Philippe Seksik, gastroentérologue, est directeur de l’unité 1157  “Microorganismes, molécules bioactives et physiopathologie intestinale” depuis 2014. Ses travaux portent notamment sur le microbiote intestinal et, avec des chercheurs de l’Inra, de l’AP-HP et de l’université Pierre et Marie-Curie, il vient d’identifier une protéine sécrétée par la bactérie Faecalibacterium prausnitzii, qui joue un rôle actif dans la lutte contre l’inflammation intestinale. cette découverte constitue un pas décisif dans le développement d’une nouvelle stratégie thérapeutique pour les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Croissance et prolifération cellulaires – Métabolisme - Cancérologie

Jacques Picard a dirigé l’unité 181 “Structure et fonction des glycoconjugués membranaires et extracellulaires” de 1977 à 1990. Il a étudié les récepteurs de l'insuline et des hormones peptidiques,  le rôle des glucides dans la structure et l'affinité des récepteurs et celui de l'insuline dans les hépatocytes et adipocytes. Il a également étudié la mucoviscidose (anomalies de la synthèse des glycoprotéines membranaires dans les fibroblastes). Il a enfin mené des recherches sur la lactoferrine salivaire en pathologie inflammatoire (dosage par néphélométrie laser; rôle bactéricide dans l'inflammation orale et gingivo-dentaire.

Jacqueline Capeau lui succède à la direction de l’unité 181 de 1991 à 1994, puis dirige l’unité 402 “Signalisation normale et pathologique du métabolisme, de la sécrétion et de la croissance cellulaire” de 1995 à 2004. Elle dirigera ensuite, de 2008 à 2013, les unités 893 et 938 au sein du centre de cancérologie.

Bruno Fève lui a succédé en 2014. Poursuivant les travaux du centre de cancérologie, les équipes s’articulent autour de deux pôles de recherche, l’onco-hématologie et le métabolisme-inflammation, recherches intégrant des aspects fondamentaux, de la physiologie intégrée préclinique et clinique, de la physiopathologie et de la thérapeutique. Les recherches en onco-hématologie sont surtout centrées sur les cancers digestifs, gynécologiques et cutanés. Les équipes du pôle métabolisme-inflammation s’intéressent notamment aux maladies inflammatoires hépato-biliaires et aux maladies du tissu adipeux.

Yvon Cayre a dirigé l’unité 417 “Contrôles de la différentiation et de la prolifération cellulaires” de 1995 à 2004 sur le site de Saint-Antoine, puis à l’hôpital Robert-Debré en 2005 et 2006. Avec ses collaborateurs, il a procédé à l’étude de la régulation transcriptionnelle de l'expression de la myéloblastine, au clonage de gènes communs à la différenciation des cellules myéloïdes normales et des cellules leucémiques induites à se différencier, à la purification des progéniteurs et des cellules souches hématopoïétiques humaines. Ils ont également recherché de nouvelles cibles thérapeutiques pan-leucémiques.

Système ostéo-articulaire

Gérard Milhaud a dirigé l’unité 113 “Régulations hormonales du métabolisme phosphocalcique. Etudes fondamentale et clinique du système ostéo-articulaire” de 1971 à 1991. Il a étudié la physiopathologie des hormones du métabolisme calcique ; le rôle de  la calcitonine comme marqueur tumoral, l’étude de son gène de structure et ses récepteurs dans les tissus cibles ; les principes d'autorégulation du métabolisme calcique ; les maladies métaboliques du calcium (pathogénie et traitement de l’ostéoporose, de la maladie de Paget et de la spasmophilie).

Des traitements pour les maladies oculaires incurables

José Alain Sahel a commencé sa carrière scientifique à la direction de l’unité 592 "Physiopathologies cellulaire et moléculaire de la rétine" sur le site de Saint-Antoine, de 2003 à 2008, avant de rejoindre l’hôpital des Quinze-Vingts à Paris. Ses activités de recherche portent sur des maladies incurables de la rétine. Il a notamment mis au point des thérapies innovantes pour la protection des photorécepteurs de la rétine et a identifié des protéines impliquées dans un mécanisme clé du maintien de la vision centrale.

Biostatistiques – Épidémiologie – Modélisation

Alain-Jacques Valleron devient directeur de l'unité Inserm 263 de recherche en biomathématiques et biostatistiques de 1983 à 1995. A l'interface des sciences de l'information et de la biomédecine, ce brillant chercheur va œuvrer dans le champ de la modélisation au service de la médecine, notamment pour la mise au point de chimiothérapies et de radiothérapies. Il développe également des systèmes et des modèles statistiques et informatiques pour décrire, détecter, prévoir des épidémies.

Guy Thomas dirige l’unité 707 “Épidémiologie, systèmes d'information, modélisation” de 2005 à 2013, en se donnant pour objectifs d’apporter des réponses dans 3 domaines de la santé publique : les maladies infectieuses, le recours aux soins et la performance hospitalière. Il a opté pour une approche méthodologique associant les méthodes de l’épidémiologie, la technologie des systèmes d’information et les techniques de modélisation mathématique.

Voir Modifier Créer ici
Facebook Twitter Google+ Linkedin Viadeo Delicious StumbleUpon Evernote Scoop it Netvibes