toggle
ICON
Haut de page
Taille du texte
Ajouter au favoris
Imprimer
Envoyer à un ami
Partager

Hôpital Robert-Debré

Paris

Hôpital Robert Debré (Paris) - © Photothèque numérique DSPC/AP-HP

Hôpital Robert Debré (Paris)

L’hôpital Robert-Debré est le résultat d’un vaste plan de restructuration de la pédiatrie du nord et de l’est de Paris. Inauguré le 21 mars 1988, il est né de la fusion de deux hôpitaux d’enfants situés au nord de Paris : l’hôpital Hérold et l’hôpital Bretonneau qui avaient été ouverts en 1901, situés respectivement dans les XIXème et XVIIIème arrondissements.

Le projet de cet hôpital germe grâce au professeur Henri Mathieu, directeur à cette époque d’une unité de recherche Inserm située au Vésinet : des études vont en effet montrer que ces vieux hôpitaux ne sont plus en mesure d’assurer leurs nouvelles missions, notamment de recherche et d’enseignement. De plus, les locaux, vétustes et exigus, sont inadaptés en matière de soins et les installations médico-techniques périmées. L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) décide ainsi, à la fin des années 1970, de construire un hôpital regroupant ces deux établissements.

Nombre de discussions concernant le lieu où l'on bâtirait l'hôpital modèle, le plus grand d'Europe, en retarde la réalisation. L'emplacement choisi était, a priori, le pire : celui des anciennes fortifications de Paris, “là où Villon jouait au mauvais garçon”, précise Pierre Czernichow (qui dirigera une unité Inserm dans le futur hôpital), sur un terrain vague bordé par le périphérique, au sommet d'une côte dominée par une église laide comme une verrue. Pierre Riboulet, l'architecte (héritier des idées de Le Corbusier), voit d'emblée tout le parti que l'on peut tirer de cette situation : “La ville vient battre ici, au pied de ce rocher sur lequel je suis, pour y déposer son écume. L'hôpital est comme ce rocher qui résiste et protège”, écrit-il dans son ouvrage Naissance d'un hôpital, publié chez Plon.

Dans sa conception, l’hôpital Robert Debré va marquer la rupture avec l’image de l’hôpital traditionnel.

Rompant avec la tradition des hôpitaux “barres” ou “tours”, Pierre Riboulet sait tirer parti au maximum de la forte dénivellation du terrain d’origine pour intégrer l’hôpital sur la colline toute entière, dans une composition en étages qui permet la séparation des fonctions des différents services.

Le bâtiment principal, en arc de cercle, abritant l’hospitalisation, est protégé du boulevard périphérique par un second bâtiment-écran où se trouvent laboratoires et bureaux médicaux.

L’ouverture sur la ville constitue également une des grandes innovations du projet : une longue galerie panoramique portant le nom de “Rue hospitalière” prolonge la ville à l’intérieur de l’hôpital qu’elle traverse de part en part en desservant les services. Un jardin d’hiver intérieur, sur deux niveaux, présente l’apparition de la végétation sur Terre et met en relation le public avec un univers végétal rare. Enfin, le bâtiment s’ouvre vers la ville par des terrasses blanches et cubiques et près de 7 500 m² de terrasses-jardins sont plantées sur ce vaste ensemble aux formes courbes.

L’hôpital Robert-Debré a pour originalité d’offrir, pour la première fois en France, un ensemble de disciplines coordonnées autour de la mère et de l’enfant. Par ailleurs, et là aussi de manière novatrice, il fait une large part à l’activité d’hôpital de jour, particulièrement adaptée au domaine de la pédiatrie, que ce soit dans le domaine de la médecine ou dans celui de la chirurgie ambulatoire.

Le plateau technique regroupe onze blocs opératoires, un important secteur d’imagerie médicale et d’explorations fonctionnelles, et des laboratoires couvrant la quasi-totalité des disciplines biologiques et médicales. Une Maison de l’enfant est ouverte en 1989, et une Maison des parents l’année suivante. En 2000, une Maison de l’adolescent est créée.

La recherche clinique à l’hôpital Robert-Debré repose sur un socle constitué de structures de recherche fondamentale et de structures dédiées à la recherche clinique.

Dès sa création, les unités Inserm seront présentes sur le site, notamment avec l’arrivée de celle d’Henri Mathieu dès l’ouverture de l’hôpital.

Quelques contributions de l’Inserm à la recherche en pédiatrie sur le site

Croissance de l’enfant

Henri Mathieu, médecin-chercheur, crée et dirige, à partir de 1973, l’unité de recherche 120 “Métabolisme hydrominéral”, puis “Pharmacologie du développement” de 1973 à 1994. Celle-ci est d’abord localisée au centre Inserm du Vésinet, pour emménager ensuite à l’hôpital Robert-Debré en 1989. Ses principales contributions à la recherche ont porté sur la néphrologie et la pharmacologie pédiatriques, le rôle du calcium dans le développement du squelette, les organes-cibles de la vitamine D, l’infectiologie et l’écosystème microbien. Avec Jacques Elion et Evelyne Jacqz-Aigrain, il étudie le polymorphisme génétique du métabolisme des drogues chez l’homme.

Maladies héréditaires et drépanocytose

Jacques Hélion succède à Henri Mathieu en 1995 à la direction de l’unité, et dirige celle-ci jusqu’en 1997. Elle devient ensuite unité 458 “Pharmacogénétique et abords thérapeutiques des maladies héréditaires” de 1998 à 2003, puis unité 763 “Physiopathologie et pharmaco-génomique du traitement de la drépanocytose” de 2004 à 2011. Il mène des recherches physiopathologiques et pharmaco-génomiques sur cette maladie caractérisée par l'altération de l'hémoglobine, la protéine assurant le transport de l'oxygène dans le sang et, plus largement sur les maladies héréditaires.

Endocrinologie pédiatrique

Paul Czernichow, pédiatre spécialiste en endocrinologie et diabétologie, dirige l’unité 457 “ Pancréas endocrine et diabète de l'enfant” de 1997 à 2004. Ses travaux portent plus particulièrement sur le diabète insipide, sur la pathologie thyroïdienne de l'enfant et la compréhension des différentes causes des retards de croissance sévères. Il a montré le rôle important de l'hormone de croissance dans le traitement des enfants nés avec un retard de croissance intra-utérin et chez les enfants atteints de maladies chroniques, notamment ceux qui prennent des doses élevées de corticoïdes.

Claire Lévy-Marchal, pédiatre à l'hôpital Robert-Debré, dirige de 2005 à 2008 l’unité Inserm 690 associée à l’université Denis-Diderot Paris VII "Diabète de l’enfant et développement". Ses travaux portent sur deux grands thèmes de recherche : les origines fœtales de l’insulino-résistanceet du diabète de type II, dans l’objectif de pouvoir mieux identifier les sujets à risque de développer cette maladie à l’âge adulte ; la compréhension des mécanismes des complications métaboliques de l’obésité de l’enfant. Elle est actuellement coordinatrice du pôle Recherche clinique de l'institut thématique de santé publique de l'Inserm.

Neurologie et troubles du développement du fœtus et du nouveau-né

Pierre Gressens dirige l’unité de recherche Inserm 676 “Physiopathologie, conséquences fonctionnelles et neuro-protection des atteintes du cerveau en développement” depuis 2005. Ses travaux portent sur la neuro-protection des atteintes du cerveau du fœtus. Il étudie ainsi le “handicap neurologique” d'origine périnatale, grave problème de santé publique, dont l'incidence augmente dans les pays développés. Il étudie également le contrôle respiratoire néonatal et les troubles du développement.

Maladies inflammatoires intestinales

Pédiatre et chercheur, Jean-Pierre Hugot a été directeur de l'unité Inserm "Inflammation intestinale chez l'enfant". Il mène ses recherches sur la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, affections des pays développés qui évoluent tout au long de la vie par poussées, entrecoupées de rémissions, ou de manière chronique. Il a localisé le premier gène de susceptibilité à la maladie deCrohn ; il s'agit de NOD2, qui code un récepteur intracellulaire pour des produits de dégradation des parois bactériennes. Ce travail a permis de montrer que la cette maladie est associée à un déficit de l’immunité innée. Il a ensuite contribué à de multiples travaux, aboutissant à la découverte de plus de 160 gènes de susceptibilité aux maladies inflammatoires intestinales.

Voir Modifier Créer ici
Facebook Twitter Google+ Linkedin Viadeo Delicious StumbleUpon Evernote Scoop it Netvibes