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Hôpital Lariboisière

Paris

Façade de l'hôpital Lariboisière, Paris © Photothèque numérique DSPC / AP-HP

Façade de l'hôpital Lariboisière (Paris)

La décision de construire un hôpital dans le Nord de Paris est adoptée en conseil municipal en 1839, suite aux épidémies de choléra de 1832 et 1839 durant lesquelles la capacité des hôpitaux parisiens s'était révélée insuffisante. L’architecture retenue pour la construction, qui répond aux exigences hygiénistes de l’époque, découle à la fois du modèle anglais du Royal Navy Hospital de Plymouth (1762), mais également des recommandations faites par le chirurgien français Jacques Tenon en 1786. Le principe de pavillons isolés, disposés parallèlement, pour améliorer la circulation de l'air, et reliés par des galeries, avait été préconisé après les réflexions menées par l'Académie royale des sciences. L'hôpital Lariboisière est ainsi le premier exemple abouti conforme à ces préceptes.

Alors qu’il est encore en construction sur les terrains d’une ancienne léproserie, l’hôpital du Nord est dénommé hôpital Louis-Philippe en 1841, puis hôpital de la République en 1848. Redevenu hôpital du Nord en 1852, l’administration lui attribue finalement le nom d’hôpital Lariboisière en 1854, en souvenir de la comtesse Elisa de Lariboisière, qui céda la plus grande partie de sa fortune à l’Assistance publique pour “construire un hospice à Paris pour les pauvres malades, et qui porterait son nom”  Il s’agit d’un des plus important legs de l’histoire de l’AP-HP : 2,6 millions de francs-or, soit le quart du coût total de l’hôpital. Cette somme en permet ainsi l’achèvement en 1852.

L'ensemble hospitalier, qui figure au répertoire des monuments historiques depuis 1975, est composé de dix ailes parallèles reliées entre elles par des galeries et disposées autour d'une cour rectangulaire. Une chapelle est située dans l'axe principal et six ailes réservées aux malades, séparées par des préaux, sont construites sur trois niveaux. À l’époque, les ailes Ouest sont réservées aux femmes et Est aux hommes. Les quatre autres ailes, situées aux angles du quadrilatère, sont réservées aux services communs (cuisine, buanderie, pharmacie, logement des religieux…). Originalité : les galeries, voûtées en sous-sol, sont vitrées au rez-de-chaussée, et en terrasse au premier étage, permettant ainsi une circulation protégée à tous les niveaux. Au cours des années 1970, un plateau médico-technique est construit, sous la cour, après excavations.

Aujourd’hui, cet établissement est intégré au groupe hospitalier Saint-Louis, Lariboisière, Fernand-Widal de l’AP-HP et dispose d’une capacité d’environ 900 lits.

Quelques contributions de l’Inserm à la recherche sur le site

Métabolisme osseux, rhumatologie et ostéoporose

André Lichnitz, tout en étant le médecin personnel du général de Gaulle, crée et dirige le centre de recherche Inserm/INH, future unité Inserm 18 “Métabolisme phosphocalcique” en 1960. Il décède prématurément en juillet 1963 et Désiré Hioco lui succède de 1963 à 1973. La direction est ensuite assurée par André Peltier, l’intitulé de l’unité devenant “Rhumatologie et métabolisme phosphocalcique”, de 1974 à 1977, puis par Livia Miravet de 1978 à 1991. Les travaux de ce laboratoire ont concerné les maladies métaboliques osseuses : étude histologique du cartilage articulaire normal et arthrosique et des mécanismes biochimiques de sa dégénérescence ; histo-morphométrie osseuse ; stimulation électrique de l’ostéogenèse ; biomatériaux à usage orthopédique.

Livia Miravet succèdera à André Peltier à la direction de l’unité 18 1978 à 1991. Elle a poursuivi les travaux menés sur les maladies métaboliques osseuses, avec l’étude histologique du cartilage articulaire normal et arthrosique et celle des mécanismes biochimiques de sa dégénérescence, notamment l’ostéoporose. Elle a également étudié le rôle de la vitamine D et de ses dérivés

Marie-Christine De Vernejoul dirige d’abord l’unité de recherche 349 “Biologie cellulaire et moléculaire de l'os et du cartilage” de 1992 à 2004, puis l’unité 606 “Os et articulations” depuis 2004. Les travaux du laboratoire portent sur la biologie et la pathologie de l'ostéoblaste, cellule présente dans le tissu osseux en croissance ou en transformation, c'est-à-dire tout au long de la vie, puisque l'os est en perpétuel remaniement. Elle étudie également les modèles et la physiopathologie de l'ostéoporose, problème majeur de santé publique, et le rôle des cytokines (substances de signalisation intracellulaire) dans l’inflammation ostéo-articulaire.

Martine Cohen-Solal dirige l’unité 1132 “Biologie de l'os et du cartilage : régulations et ciblages thérapeutiques” depuis 2014. L'objectif du laboratoire est de déterminer les mécanismes impliqués dans le recrutement, la différenciation et l'apoptose (mort cellulaire programmée) des ostéoblastes, afin de dégager des pistes  thérapeutiques dans les  tumeurs osseuses, l'ostéoporose et des pertes de substance osseuse.

Hématologie et cardiologie

Jacques Caen est une grande personnalité de l’hématologie française. Il dirige l’unité Inserm 150 “Thrombose expérimentale et hémostase” de 1974 à 1989. Il consacre l’essentiel de ses recherches à l’étude des leucémies à promyélocytes, aux thrombopathies, aux thérapeutiques antiplaquettaires antithrombotiques et aux relations plaquettes/vaisseaux et plaquettes/fibrinogène. Tous ses travaux ont été guidés par la recherche clinique, avec de constantes collaborations avec des équipes internationales multidisciplinaires.

Yves Legrand lui succèdera de 1990 à 1992, l’intitulé de l’unité 150 devenant “Vaisseaux et hémostase”. Il se consacre particulièrement à l’étude biochimique et physiopathologique des protéines adhésives et des mécanismes de l’agrégation et de l’adhésion des plaquettes sanguines, ainsi que des thrombopathies.

Rémy Saumont a dirigé l’unité 141 “Physiologie appliquée à la réanimation cardiaque” de 1975 à 1987. Ses travaux porteront sur l’hémodynamique du système circulatoire à haute pression, la circulation coronaire et l’étude des conditions d'oxygénation du myocarde. Il mesure le débit sanguin par techniques ultra-sonores Doppler dans les gros troncs artériels et étudie la dynamique cardiaque par ciné-angiographie.

Bernard Lévy prend la direction de cette unité en 1988 et ce jusqu’en 2000, poursuivant les travaux de Rémy Saumont. Il dirige ensuite l’unité mixte de recherche Inserm 689/université Paris VII Denis Diderot “Dynamique cardio-circulatoire et biologie de la paroi vasculaire” de 2005 à 2008. Les recherche menées dans ce centre se font selon quatre axes qui couvrent l’essentiel du domaine de la recherche cardiovasculaire : athérosclérose et inflammation vasculaire ; angiogenèse et développement de nouvelles cibles thérapeutiques ; biologie du cœur appliquée à l’insuffisance cardiaque ; biologie plaquettaire appliquée à la thrombose.

L’unité de recherche Inserm 128 “Métabolisme du cœur et des vaisseaux” a présenté cette particularité d’être dirigée en alternance par Bernard Swynghedauw, Ketty Schwartz et Lydie Rappaport de 1975 à 1993. Ketty Schwartz change de projets de recherche en 1985, pour rejoindre d’abord Michel Fardeau à l'Institut du Fer-à-Moulin, puis créer et diriger l’unité 523 “Génétique, physiopathologie et thérapies des affections des muscles squelettiques et cardiaques” de 1999 à 2003 à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Jacques Seylaz dirige l’unité 182 “Physiologie et physiopathologie cérébro-vasculaires” de 1977-1989. Les travaux de l’unité portent sur l’anatomo-physiologie de la circulation sanguine cérébrale (régulation de la circulation et de l'oxygénation cérébrale), l’étude de l'interaction entre les différents constituants de la paroi vasculaire et l’influence de l'innervation et du milieu, la mesure du débit sanguin cérébral par résonance magnétique nucléaire et fluorométrie laser.

Sylviane Lévy-Tolédano dirige l’unité 348 “Physiopathologie cellulaire des cellules du sang et du vaisseau” de 1992 à 2004. Elle étudie les cellules du sang et des vaisseaux, notamment l’homéostasie du calcium intracellulaire et son application à la prolifération cellulaire et à l’hypertension artérielle. Elle étudie également la génétique moléculaire des plaquettes sanguines et la transduction du signal (c’est-à-dire, le mécanisme par lequel une cellule répond à l'information qu'elle reçoit) par des agents chimiques ou autres signaux.

Alain Tedgui dirige d’abord l’unité Inserm 541 “Biologie et physiologie moléculaire du vaisseau” de 2000 à 2004 sur le site de Lariboisière, puis dirige le Paris-Centre de recherche cardiovasculaire, unité Inserm 970/université Paris-Descartes, à l’hôpital européen Georges-Pompidou, de 2009 à 2016. Ses recherches concernent la biologie de la paroi vasculaire et il étudie, notamment, l’athérosclérose, liée à la constitution de dépôts lipidiques (plaques d'athérome) sur la paroi interne des artères, qui en réduisent le calibre et sont à l’origine des accidents  cardiovasculaires les plus graves, tels l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral.

Marc Pocard  a dirigé l’unité 965 “Carcinose, angiogenèse et recherche translationnelle” de 2013 à 2016. Son équipe a étudié l’angiogenèse, ce processus de croissance de nouveaux vaisseaux sanguins à partir des vaisseaux existants, lors de situations pathologiques. Pour ce faire, elle s’est appuyée sur des modèles in vitro et in vivo communs, sur des analyses de voies de signalisations qui sont également communes, pour étudier des situations cliniques distinctes, mais impliquant toutes l'angiogenèse (accidents vasculaires cérébraux, carcinomes hépatocellulaires, métastases hépatiques de cancers colorectaux, maladie de Crohn).  

Alain Cohen-Solal dirige l’unité mixte de recherche Inserm 942 “Biomarqueurs et maladies cardiaques” depuis 2010. Ses travaux portent sur l’étude des maladies cardiaques de manière non invasive, à l'aide de marqueurs physiologiques sanguins, tissulaires, fonctionnels ou d'imagerie, de plus en plus facilement accessibles, en lieu et place des cathétérismes, explorations électrophysiologiques... Ces marqueurs présentent des intérêts physiopathologique (meilleure compréhension des mécanismes impliqués), diagnostique (avec une prise en charge précoce et mieux adaptée), pronostique (prédiction et suivi de la réponse à un traitement médicamenteux ou instrumental) et, enfin, thérapeutique.

Génétique

Armand Tavitian crée en 1981 l’unité Inserm 248 “Génétique et expression des oncogènes” qu’il dirige jusqu’en 1996. Ses travaux portent sur les rétrovirus et les oncogènes impliqués dans les érythroleucémies induites par le virus de Friend (virus murin identifié par Charlotte Friend en 1957) et sur la caractérisation et l’expression des gènes de la famille RAS.

Jean De Gunzburg succède à Armand Tavitian à la direction de l’unité de 1997 à 2003, en en poursuivant et développant les recherches. Celle-ci devient l’unité 528  “Transduction du signal et oncogenèse” à l’Institut Curie qu’il dirige de 2001 à 2006.

Elisabeth Tournier-Lasserve dirige l’unité 1161 “Génétique et physiopathologie des maladies cérébro-vasculaires” depuis 2014. L'activité du laboratoire est centrée sur l'étude des maladies neuro-vasculaires héréditaires, avec l’identification des gènes impliqués  dans ces pathologies et la caractérisation de la fonction de ces gènes.

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