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Hôpital Broussais

Paris

Cet hôpital est construit en trois mois, en 1883, sur la plaine de Vanves, dans un contexte marqué par la succession des pandémies de choléra qui touchent le Moyen-Orient, le continent américain et se propagent jusqu’en Europe. Il porte alors le nom d’hôpital des Mariniers et regroupe une série de pavillons en bois disposés sur des pilotis en raison de son caractère provisoire et est affecté à la lutte contre les épidémies de choléra, de typhoïde et de tuberculose jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale.

Il change de dénomination en 1885, en passant sous la responsabilité de l’Assistance publique. Il prend alors le nom de Broussais, en hommage à François Broussais, médecin et chirurgien militaire français à l’origine du concept "d’identité du physiologique et du pathologique". Les pouvoirs publics décident de conserver cet établissement provisoire pour en faire un hôpital à part entière. Entre 1928 et 1940, on assiste à la reconstruction progressive de l'hôpital, qui devient Broussais-La-Charité. Au cours de cette période, l’hôpital développe ses équipements radiologiques et son enseignement auprès des étudiants en médecine.

En 1935, le nouvel hôpital Broussais ouvre ses portes avec 930 lits, orientant son activité autour du service de chirurgie générale et digestive et de la clinique médicale propédeutique (nom donné à l’époque à la première année d'études universitaires en lettres et en sciences).
Le nouvel hôpital Broussais-La-Charité est construit en brique et en pierre selon un modèle pavillonnaire, composé de bâtiments séparés à deux étages en forme de dents de peigne.

À partir de 1950, l’évolution de l’hôpital est marquée par de grandes premières chirurgicales dans les domaines néphrologique et cardiovasculaire (greffe rénale, opération à cœur ouvert, bio-prothèse, triple transplantation…). L’établissement poursuit son activité jusqu’en 1992. À cette date, son activité est intégrée dans le programme du nouvel hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) et, en 2000, une partie des services y est transférée. Les services restants sont regroupés dans le bâtiment des Mariniers et constituent le pôle prévention et réadaptation du groupe hospitalier HEGP-Broussais.

Quelques contributions de l’Inserm à la recherche sur le site

Immuno-allergologie

En 1955, le centre de recherches allergiques et immunologiques de l’Association Claude-Bernard/Institut national d’hygiène (INH) est créé à l’hôpital Broussais par Bernard Halpern. L’INH devient l’Inserm en 1964 et Bernard Halpern dirige, jusqu’en 1976, l’unité de recherche 20 “Allergies et immunobiologie”. Il travaille sur le système réticulo-endothélial dont l’activité essentielle est la phagocytose, mécanisme qui contribue à la lutte de l’organisme contre l'invasion microbienne et le débarrasse des déchets cellulaires. Bernard Halpern s’intéresse ensuite au rôle de l'histamine, un médiateur chimique intervenant dans les réactions d'hypersensibilité, ainsi qu’aux questions relatives à la tolérance immunitaire. À partir de 1960, ses travaux portent sur l’étude du sérum antilymphocytaire, permettant de limiter le risque de rejet des greffes.

Panayotis Liacopoulos succède à Bernard Halpern à la direction de l’unité 20, dont l’intitulé devient “Immunobiologie” de 1977 à 1984. Il s’illustre par ses travaux sur l’anaphylaxie passive, l’immunité et la tolérance aux antigènes.

Recherches sur le sida

Les recherches de Michel Kazatchkine, directeur de l’unité Inserm 430 d’immunopathologie humaine de 1995 à 2004, sur le site, puis à l’Institut biomédical des Cordeliers à partir de 2002, ont porté principalement sur l'auto-immunité, l'immuno-intervention thérapeutique et la pathogenèse de l'infection par le VIH/sida. Michel Kazatchkine a également été directeur, durant la même période, de l'Agence nationale de recherche sur le sida (Anrs) de 1998 à 2005 et président du Fonds mondial de 2007 à 2012.

Pathologies rénales et vasculaires - Chirurgie cardiaque

Gilbert Lagrue dirige l’unité de recherche Inserm 28 “Hypertension artérielle” de 1966 à 1973. Ses recherches ont porté sur les glomérulonéphrites expérimentales et humaines (études ultrastructurale et immuno-histochimique), sur l’étude des processus de coagulation intravasculaire et les modifications biologiques et histologiques obtenues par les immunodépresseurs, les anti-inflammatoires et les anticoagulants.

Jean Bariéty lui succède à la direction de l’unité, dont l’intitulé devient “Pathologies rénale et vasculaire” de 1974 à 1985. Ses recherches s’étendront de l’immunologie et de l’immuno-pathologie expérimentales aux néphropathies et aux maladies vasculaires.

Philippe Druet succède à Jean Bariéty de 1986 à 1995, date à laquelle l’unité 28 sera délocalisée à l’hôpital Purpan à Toulouse, l’intitulé de l’unité devenant "Auto-immunité normale et pathologique”. Avec ses collaborateurs, il a étudié les mécanismes immunologiques responsables de néphropathies et le rôle joué par l’apoptose (mort cellulaire programmée) dans le lupus érythémateux disséminé, maladie auto-immune chronique, qui peut atteindre des organes comme le cœur, le cerveau et être responsable de graves lésions rénales.

En 1977, Jacques Guédon succède à Marcel Legrain, qui avait été directeur de l’unité 27 de pathologie rénale à l’hôpital Foch à Suresnes, d’abord sur le même site, puis, en 1983, à l’hôpital Broussais. L’intitulé devient “Hypertension artérielle, fonction de l’hémoglobine et métabolisme intermédiaire”. Jacques Guédon  dirigera cette unité jusqu’en 1986. Les travaux étaient axés sur la physiopathologie des éléments constitutifs du globule rouge, l’hypertension artérielle clinique et expérimentale, l’immunopathologie rénale et de transplantation.

Pierre Peronneau, ingénieur et docteur-es-sciences, va s’illustrer par ses recherches sur la conception et la mise au point d’instruments diagnostiques non traumatisants, l’approfondissement de la connaissance de certains mécanismes du système cardiovasculaire et la mise au point et l’évaluation clinique de nouvelles méthodes diagnostiques et thérapeutiques. Il dirigera l’unité Inserm 256 “Instrumentation et dynamique cardiovasculaire” de 1983 à 1994.

Pierre Ducimetière a été directeur de l’unité Inserm 258 d’épidémiologie cardiovasculaire sur le site de l’hôpital Broussais de 1982 à 1998, avant d’emménager à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif. Il a consacré sa carrière à l’épidémiologie et à l’étude des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Ses travaux ont permis de grandes avancées dans ces champs de recherche.

Philippe Menasché, chirurgien cardiaque pionnier de la thérapie cellulaire pour soigner l'insuffisance cardiaque, a été directeur de l’unité Inserm 633 "Thérapie cellulaire en pathologie cardiovasculaire" à l'hôpital Broussais de 2004 à 2008. Il a été ensuite, de 2009 à 2012, directeur de la même unité à l'hôpital européen Georges-Pompidou. Il a réalisé chez l'homme les premières greffes de cellules souches musculaires, les myoblastes, prélevés sur un malade atteint d'infarctus. Il étend actuellement ses travaux à la thérapie cellulaire de malformations cardiaques congénitales de l'enfant.

Gastroentérologie - Cancérologie

Alain Zweibaum a dirigé l’unité Inserm 178, intitulée successivement "Immunologie de la différenciation" de 1977 à 1979, et "Métabolisme et différenciation des cellules en culture" de 1980 à 1984 à l’hôpital Broussais à Paris. Puis l’unité sera délocalisée à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif, sous les intitulés "Différenciation et neuro-endocrinologie des cellules digestives" de 1985 à 1991, puis "Différenciation cellulaire intestinale" de 1992 à 1999. Les recherches menées par Alain Zweibaum visaient à comprendre, en utilisant les méthodes de biologie et de culture cellulaires, de biochimie classique, puis de biologie moléculaire, le rôle du métabolisme du glucose dans la multiplication et la différenciation de cellules cancéreuses du côlon. Recherches extrêmement importantes, compte tenu de la fréquence des cancers coliques.

Connaissances en santé

Marie-Christine Jaulent a dirigé l’unité 729 "Ingéniérie des connaissances en santé" de 2005 à 2008 sur le site de Broussais, puis l’unité 1142 "Informatique médicale et ingéniérie des connaissances pour la e-santé" de 2014 à 2016 à l’Institut biomédical des Cordeliers à Paris.  Ce laboratoire pluridisciplinaire propose des approches innovantes de traitement de l'information de santé, sur les plans à la fois méthodologique et applicatif : ingénierie des connaissances, aide à la décision et inter-opérabilité en santé, visualisation en santé, langages graphiques, représentation des connaissances sur le médicament et la thérapeutique, applications des objets connectés dans le secteur de la e-santé.

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