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Centre Inserm Le Vésinet

Le Vésinet

Le Vésinet est une commune résidentielle des Yvelines, s'ordonnant autour de parcs, lacs et rivières artificielles. Un ensemble de mesures de protection a permis à ce lieu de demeurer l'exemple unique de ville-parc en France.

L'Asile “impérial“ du Vésinet (l’actuel hôpital du Vésinet), situé vers l'extrémité sud-ouest du bois du Vésinet, a été institué en 1855 par Napoléon III, pour recevoir les ouvriers convalescents ou bien mutilés durant leur travail. En 1858, l’Empereur change la destination primitive de l’asile, pour le réserver aux ouvrières convalescentes du département de la Seine, car les hommes disposaient de l’asile de Vincennes. L’asile a été inauguré le 29 septembre 1859 et, depuis sa fondation jusqu'en 1866, a reçu près de 23 000 ouvrières.

A la fin des années 1950, le premier ministère de la Santé publique et de la Population de la Vème République souhaite développer des recherches dans le domaine des sciences sociales et doter la France des moyens modernes nécessaires aux études statistiques et épidémiologiques. Il est ainsi décidé d'implanter un centre technique de l'équipement sanitaire et social dans le grand parc de l'ancien Asile impérial.

La construction de ce centre fut confiée aux architectes JM Lafon et E d'Allens. Des mesures méticuleuses furent prises pour épargner les arbres centenaires du parc. Le chantier débuta le 3 octobre 1960 et le centre fut inauguré le 3 février 1961, par Joseph Fontanet, ministre de la Santé publique et de la Population. Le centre technique de l'équipement sanitaire et social est devenu la direction générale de l'offre de soins (DGOS) en 2010, une direction générale du ministère de la Santé, maintenant implanté à Paris.

Progressivement, des centres et des services techniques seront implantés au Vésinet, notamment sous l’impulsion de l’Inserm créé en 1964, à la suite de l’INH : le service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), la division de la recherche médico-sociale (DRMS), le centre de recherche sur la pollution atmosphérique et l'hygiène de l'environnement (CRPA), et le centre Inserm Le Vésinet.

Le service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) qui avait été créé en 1956 et initialement basé au CEA à Châtillon, vient s'installer dans le parc du Vésinet en 1959. Ce service technique, dirigé par le professeur Pierre Pellerin, avait pour mission d’effectuer des recherches sur la protection contre les rayonnements ionisants et, en particulier, sur l'établissement des normes et des méthodes de mesure pour déterminer les niveaux de radioactivité ou de rayonnements. Sur le plan international, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) désigna le SCPRI en 1969 comme centre international de référence pour la recherche sur la pollution radioactive de l'environnement, Il est devenu l'Office de protection contre les rayonnements Ionisants (OPRI) en 1994, puis l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) en 2002.

La division de la recherche médico-sociale (DRMS), initialement située à Boulogne-Billancourt, s'installe au Vésinet en 1961. Sa création au sein de l'Inserm découlait d'une volonté de développer une recherche autre que biomédicale. Elle aura pour mission principale d'assurer l'information et la recherche en santé publique, activité d'origine de I'INH. Le centre tout neuf accueille une douzaine d'équipes d'épidémiologistes et un centre de calcul doté de moyens informatiques très performants pour l'époque. Les statistiques régulières des causes médicales de décès y sont collectées et analysées à partir de 1968 et des études spécifiques sont menées pour mieux apprécier la fréquence et la distribution des maladies dans les domaines relevant de la santé publique : cancers, maladies transmissibles, tuberculose, mais également pathologies psychiatriques, accidents. Plusieurs sections sont dédiées à la santé publique, aux méthodes statistiques et aux pathologies. Un enseignement est assuré par les épidémiologistes dans le cadre du CESAM (statistiques appliquées à la médecine et à la biologie) sous la direction de Daniel Schwartz et de Claude Rumeau-Rouquette, à Villejuif, et un autre dans le cadre du CIELF (cours international d’épidémiologie en langue française), en lien avec l’OMS, sous la direction de Martin-Bouyer. En 1968, à l'occasion d'une nouvelle réorganisation ministérielle, la DRMS est placée sous la double tutelle ministérielle "affaires sociales" et "recherche scientifique", tandis que les autres équipes  du CRPA vont relever d'une autre double tutelle: "santé" et "recherche scientifique".

Le centre de recherche sur la pollution atmosphérique et l'hygiène de l'environnement (CRPA), dirigé par André Roussel, s’installe au Vésinet en 1964. Il dispose de bureaux pour les services administratifs et la documentation, de plusieurs ateliers (mécanique, menuiserie, électronique) et de laboratoires classiques, auxquels est adjointe une animalerie. Ses centres d'intérêts sur la pollution atmosphérique et l'environnement étaient novateurs à un moment ou personne ou presque ne connaissait encore le mot écologie. Y sera également développée l'étude physiopathologique de toxiques environnementaux pouvant être à l'origine de cancers. Le centre se dote d'un service de documentation d'avant-garde, qui mettait systématiquement sur microfiches plusieurs centaines de périodiques scientifiques, centre qui deviendra le service commun "Signalement et microfiches", dirigé par Philippe Guilliaumet.

Le départ d’André Roussel en 1973, donne lieu à la création de plusieurs unités Inserm, à partir du CRPA, notamment l'équipe de Georges Rudali de toxicologie appliquée à la cancérologie.

En 1973 également, le regroupement des ministères des Affaires sociales et de la Santé publique sous un seul grand ministère de la Santé, confié à Michel Poniatowski, est l'occasion de dissoudre la DRMS dans l'Inserm, qui s'enrichit ainsi de nouvelles unités de recherches indépendantes dédiées à l'épidémiologie et de plusieurs services communs nationaux ou régionaux.

Au Vésinet, ce rapprochement se traduira par la constitution d'un grand centre unifié. Il fut aussi marqué par l'installation d'une clôture entre l'ancien Asile impérial et ses dépendances au nord et l'espace occupé par les bâtiments de l'Inserm au sud. A la fin des années 1970, le centre de recherches du Vésinet comptait plus de 300 chercheurs, ingénieurs, techniciens, administratifs, étudiants et stagiaires de nombreuses nationalités, répartis dans 17 unités de recherches, services communs régionaux ou nationaux, sections, centre de calcul, services techniques ou documentaires, ateliers, entrepôts ... 

Le centre Inserm du Vésinet

En 1964, à la demande de Louis Bugnard, directeur général de l'INH, André Pellerin accepte d'accueillir dans les locaux du SCPRI, à titre provisoire, une équipe de toxicologie alimentaire dirigée par Philippe Lafont. En 1970, Philippe Lafont obtint l'autorisation d'élever dans le parc un nouveau bâtiment, préfabriqué, doté d'une animalerie indépendante. Ce service, initialement rattaché à la première unité de recherche Inserm “Nutrition et alimentation”, dirigée par Jean Trémolières à l’hôpital Bichat, occupera toujours une situation particulière, tant du point de vue administratif que scientifique, sans lien direct avec les autres équipes du centre de recherches du Vésinet et sera fermé en 1984.

En 1978, M. Canaméras est nommé secrétaire général, avec à sa disposition une équipe administrative. Le centre de recherche du Vésinet connait alors une sorte d'âge d'or. Le parc, jusque-là totalement livré à lui-même, envahi de ronces et jonché d'arbres morts, est défriché et régulièrement entretenu.

En 1982, partageant la tutelle du ministère de la Santé et celle du ministère de la Recherche, l'Inserm devient un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST). L'année suivante, le secrétariat général du Vésinet évolue vers la création d’une administration déléguée régionale Inserm (ADR), dirigée par Maurice Brun, avec des attributions étendues.  Trois ans plus tard, l'équipe administrative prend également en charge une douzaine d'autres unités et services communs de l’Inserm.  

Si cette réorganisation administrative a été salutaire à la vie quotidienne des personnels et à l’amélioration de l'état du parc encore remarquablement boisé, elle ne remédiera en rien à l'isolement scientifique des unités de recherche et des services communs. La grande disparité thématique des équipes rendait très improbable l'acquisition en commun d'équipements lourds, de plus en plus sophistiqués et onéreux. Après quelques années de fonctionnement, plusieurs directeurs d'unités annoncèrent leur souhait d'être délocalisés. Le mouvement commença en 1984 par la fermeture administrative de plusieurs formations. Certains directeurs rejoignirent des équipes parisiennes implantées dans les grands centres hospitalo-universitaires. D'autres, profitant d'un effort sans précédent de développement de pôles régionaux, gagnèrent la province.

En 1991, la réduction des effectifs va justifier la suppression de l'ADR du Vésinet, dont les locaux sont dédiés au service des archives, dirigé par Hélène Chambefort, à la formation permanente et accueillent de nombreux Ateliers de formation Inserm de 1989 à 2000. Ceux-ci n’auront cependant pas le succès escompté, conjuguant l'inconvénient de l'éloignement de Paris, de la gare et du manque d'infrastructure hôtelière dans le voisinage.   En 2010, la dernière équipe, le centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc), dirigé par Eric Jougla, quitte le Vésinet pour l’hôpital du Kremlin-Bicêtre.  

Depuis 2014, ce lieu a été choisi pour réaliser un projet complet d’aménagement, appelé l’Eco-quartier  Parc Princesse, qui va entraîner la démolition des bâtiments de l’Inserm. Il s’agit de réaliser un quartier urbain composé de logements, d’aménagements commerciaux, d’équipements public et de voiries, qui devrait être achevé vers 2020.

Source: Société d'Histoire du Vésinet, http://www.histoire-vesinet.org/centresderecherches.htm

 

Contributions de l’Inserm à la recherche sur le site

Vitamine D et pharmacologie

Henri Mathieu, directeur de l’unité 120 "Métabolisme hydrominéral" sur le site de 1973 à 1994, déménage ensuite à l’hôpital Robert-Debré à Paris de1989 à 1994, l’intitulé de l’unité devenant "Pharmacologie du développement". Ses travaux ont porté sur la vitamine D : pharmacologie, physiopathologie et mécanismes d'action ; vitamine D et squelette (différenciation cellulaire in vitro et in vivo, vitamine D et organe dentaire, os et cartilage. Il a également étudié les interrelations entre aliments et tube digestif (effet du saccharose et des peptides alimentaires sur la muqueuse jéjunale, biochimie et régulation de la sucrase dextrinase) ; le polymorphisme génétique du métabolisme oxydatif des médicaments et des xénobiotiques ; pharmacogénétique et développement.

Jacques Elion succède à Henri Mathieu de 1995 à 1997. Ses principales contributions à la recherche ont porté sur la néphrologie et la pharmacologie pédiatriques, le rôle du calcium dans le développement du squelette, les organes-cibles de la vitamine D, l’infectiologie et l’écosystème microbien. 

Environnement – Nuisances - Toxicologie

Claude Boudène a été directeur de l’unité 122 "Mécanismes d'action toxique des polluants atmosphériques" de 1973 à 1984. L’unité a d’abord été  localisée à la faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry, avant de rejoindre Le Vésinet. Les travaux de Claude Boudène ont porté sur les mécanismes d’action toxique de polluants gazeux et micro-particulaires (acroléine, formaldéhyde, ammoniac, plomb, cadmium, pyrolysats de matériaux…) et ce par des études expérimentales menées in vivo et in vitro. 

Maurice Stupfel a dirigé l’unité Inserm 123 "Mécanismes physiopathologiques des nuisances de l'environnement" de 1973 à 1986. Il a étudié les effets biologiques et psycho-sociaux des facteurs environnementaux, les réactions pathologiques ou d’adaptation provoquées par un environnement gazeux (monoxyde de carbone, notamment) et acoustique. Il a mené également des recherches expérimentales sur les facteurs génétiques liés au sexe et à l’âge, ainsi que sur les interactions entre différentes agressions environnementales. Il a étudié enfin la liaison statistique entre facteurs de risque et nuisances sur la mortalité générale et sur les causes de décès (alcool, tabac, alimentation, urbanisation, catégories socio-professionnelles).

Gilbert Bouyer-Martin a dirigé l’unité Inserm 165 "Maladies transmissibles et accidents toxiques" de 1977 à 1983. Ses recherches ont été menées en vue d’améliorer le recueil des don­nées sur les maladies à déclaration obligatoire (informatisation), de développer un système informatique pour la surveillance des programmes vaccinaux de la population, de mettre en place réseau de surveillance de la grippe en France. Il a étudié également l’incidence et la prévalence des maladies sexuellement transmissibles et leur résistance aux antibiotiques et mené des enquêtes sur les aspects épidémiologiques et socio-économiques des hépatites virales.

Epidémiologie des conduites à risque de l’adolescent : toxicomanies, tentatives de suicide

Françoise Davidson a créé, suite à une restructuration de la division de la recherche médico-sociale (DRMS), l’unité Inserm 185 de recherche sur les sociopathies qu’elle a dirigée de 1977 à 1986. Avec ses collaborateurs, Marie Choquet, psychologue, Michel Taleghani, sociologue, Françoise Facy, méthodologiste, Pierre Angel, psychiatre, elle a étudié l'ensemble des phénomènes morbides nés d'interactions pathogènes entre l'individu et son environnement social et ce en vue de leur prévention. L’équipe de recherche est reconnue comme la principale équipe française pour approfondir l’épidémiologie du suicide et des tentatives de suicide, avec l’analyse des facteurs de risque personnels, familiaux, sociaux et psychiatriques.
L’équipe poursuit également des recherches sur la petite enfance, avec l’influence du mode de garde sur le développement psycho-affectif et moteur, de 3 mois à 3 ans, sur une cohorte d’enfants nés en 1974 puis sur l’adaptation à l’école ; d’autres recherches portent sur le devenir des adolescents en difficulté, dans une approche psycho-dynamique et la désinsertion scolaire des jeunes.

Françoise Facy a participé à la création de l'unité 185 et a travaillé en son sein de 1977 à 1986. Elle a étudié l'ensemble des phénomènes morbides nés d'interactions pathogènes entre l'individu et son environnement social et ce en vue de leur prévention.

Epidémiologie - Etat de santé des populations - Systèmes de soins

Françoise Hatton a dirigé l’unité Inserm 164 "Evaluation de l’état de santé et des systèmes de soin et de prévention" de 1977 à 1989. Ses travaux ont porté sur la morbidité et la mortalité générales : recherches sur la mesure de la morbidité, sur les causes médicales de décès et leur évolution dans le temps et dans l’espace. Elle a également analysé et évalué les systèmes de soins et de prévention, au regard, notamment, de l’influence des services hospitaliers sur la qualité des soins.

D’abord épidémiologiste dans l’unité Inserm 164, dirigée par Françoise Hatton, Eric Jougla succède à celle-ci de 1990 à 1995. En 1996, il devient directeur du centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc), localisé en 2011 à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. Les recherches d’Eric Jougla ont porté pour l’essentiel sur l’épidémiologie des causes médicales de décès en France, notamment pour ce qui concerne le suicide, la consommation d'alcool, les maladies infectieuses (sida, hépatites), les accidents de la circulation, le cancer, le diabète, les accidents d'anesthésie et les disparités sociales de mortalité. Il a également restructuré le circuit et le traitement des certificats de décès et coordonné des projets sur l’amélioration de la comparabilité des indicateurs de mortalité au niveau européen.

Maladies pulmonaires et socio-économie des maladies infectieuses

L’unité Inserm 2 "Epidémiologie de la tuberculose" a été créée et dirigée par Alice Lotte à l’hôpital Léon-Bernard à Limeil-Brévannes de 1963 à 1965. L’importance de ces recherches s’étant imposée, requérant notamment personnels et locaux spécifiques, un bâtiment a été construit, en 1966 sur le site du Vésinet. Et un département de recherches épidémiologiques appliquées à la tuberculose a été créé et dirigé par Alice Lotte. Puis l’unité 179 "Aspects socio-économiques de la tuberculose et des maladies respiratoires" a été créée sur le site qu'Alice Lotte a dirigé de 1977 à 1981. Simone Perdrizet lui succèdera de 1982 à 1988. Les travaux de l’unité ont porté sur : l’étude du concept de surveillance épidémiologique concernant la tuberculose (évolution de l’incidence de cette maladie parmi les groupes à haut risque, gravité de l’invalidité) ; des études épidémiologiques sur l’étiologie des maladies respiratoires chroniques (recherche des facteurs de risque concernant, notamment, les bronchites chroniques et les affections respiratoires secondaires à une exposition à l’amiante) : des études coût/efficacité relatives à la tuberculose et aux maladies respiratoires chroniques ; l’étude du comportement des divers groupes de population à l’égard des mesures de prévention. 

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