toggle
ICON
Haut de page
Taille du texte
Ajouter au favoris
Imprimer
Envoyer à un ami
Partager

Yves Agid

Médecin neurologue, neurobiologiste, né le 13 novembre 1940

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages Pour en savoir plus

Circuits dopaminergiques et maladie de Parkinson

Les travaux d’Yves Agid ont porté plus particulièrement sur la maladie de Parkinson, avec une double approche : comprendre le mécanisme des symptômes et celui de la mort cellulaire.
C’est d’abord dans le laboratoire de Jacques Glowinski, au Collège de France, qu’il entreprend ses premières recherches. Il étudie les conséquences de la destruction de la voie nigro-striatale, caractéristique de la maladie de Parkinson, en montrant l’influence des neurones dopaminergiques de cette voie sur les neurones cholinergiques du striatum et en essayant d’expliquer le mécanisme des médicaments antiparkinsoniens anticholinergiques.

A la Pitié-Salpêtrière, d’abord seul, puis entouré d’une petite équipe, avant de devenir directeur de l’unité Inserm 289, Yves Agid contribue à décrire les lésions des circuits dopaminergiques à l’intérieur des noyaux gris de la base, par l’étude de cerveaux humains post mortem. Ses travaux révèlent que la déficience dopaminergique ne se réduit pas au striatum, mais intéresse aussi le système méso-corticolimbique et d’autres régions des noyaux gris centraux. Il constate que les structures cérébrales sont douées de grandes capacités d’adaptation, car il faut que la moitié environ des cellules dopaminergiques soit détruite pour que des symptômes de la maladie de Parkinson apparaissent. En deçà de ce seuil, la disparition des neurones dopaminergiques est compensée par différentes modifications biochimiques et structurelles, notamment une hypersensibilité des récepteurs postsynaptiques à la dopamine et une repousse des neurones encore intacts qui prennent la place des neurones disparus. La L-dopa (précurseur de la dopamine), l’un des médicaments utilisés dans le traitement symptomatique de la maladie de Parkinson, semble même stimuler cette plasticité neuronale compensatoire.
Yves Agid et ses collaborateurs ont montré que les parties basses du cerveau, y compris des structures présentes dans le tronc cérébral, sont impliquées dans les fonctions cognitives et psychiques, ce qui remet en question les idées classiques sur l’organisation des fonctions dites supérieures. Une observation récente illustre ainsi le rôle que peuvent jouer les parties les plus primitives du cerveau dans certaines affections psychiatriques. En inhibant avec une électrode une toute petite structure, d’une centaine de cellules, dans le tronc cérébral, il est possible de déclencher une crise de mélancolie profonde qui cesse dès l’arrêt de l’inhibition.Dans le domaine plus fondamental des mécanismes de la mort neuronale, Yves Agid et ses collaborateurs ont pu établir la présence de cellules en apoptose au cours de la maladie de Parkinson, le rôle-clé des mitochondries dans ce processus de mort cellulaire programmée et l’implication probable des cellules gliales, considérées jusque-là comme protectrices, dans la souffrance cellulaire.

Génétique des maladies neurodégénératives

Yves Agid a également engagé son laboratoire dans la génétique moléculaire des maladies neuro-dégénératives héréditaires, ce qui lui a permis notamment d’identifier plusieurs gènes dans des affections dégénératives du cervelet (ataxies cérébelleuses) et du nerf périphérique (maladie de Charcot-Marie-Tooth).

Récemment, les travaux de son équipe ont permis de montrer que les mutations d'un gène, baptisé Parkin, étaient responsables d'une forme précoce, plus répandue que prévue, de la maladie de Parkinson. Ainsi, dans ces formes particulières, la maladie évolue plus lentement et les patients répondent mieux au traitement par la L-dopa. Une partie du travail de l’équipe s’est orientée vers l’approche post-génomique, pour déterminer comment les mutations observées peuvent provoquer le dysfonctionnement et la mort cellulaire. C’est ainsi que "la maladie" de Parkinson, bien classique, a éclaté en "plusieurs maladies" de Parkinson aux origines génétiques diverses.

Voir Modifier Créer ici
Facebook Twitter Google+ Linkedin Viadeo Delicious StumbleUpon Evernote Scoop it Netvibes