toggle
ICON
Haut de page
Taille du texte
Ajouter au favoris
Imprimer
Envoyer à un ami
Partager

Takis Anagnostopoulos

Médecin néphrologue et physiologiste du rein (1936-2000)

Présentation Biographie Publications et ouvrages

Takis (Panayotis) Anagnostopoulos, médecin néphrologue, a introduit en France l'électro­physiologie rénalequ’il a appliquée au néphron (l’unité structurale et fonctionnelle du rein) grâce à son inventivité et son habileté pour les microtechniques. Il s’est illustré par ses analyses biophysiques appliquées à la biologie.

Né en Grèce, il quitte ce pays à l’âge de 17 ans pour mener des études de médecine à Montpellier, puis à Paris. Interne dans les services de Jean Bernard, Fred Siguier, François Lermitte, Pierre Royer, Jean Hamburger, il se spécialise en néphrologie et soutient une thèse dirigée par ce dernier sur la maladie de Cacchi et Ricci (une pathologie congénitale non héréditaire). A l'hôpital Necker-Enfants malades, Pierre Royer le soutient dans son projet novateur d’ap­pliquer les méthodes électrophysiologiques à l’étude de l'épithélium rénal, dans l’objectif d'élucider les mécanismes du transport ionique dans le tubule rénal. Il lui promet de l’aider à créer un laboratoire de recherche à son retour des Etats-Unis.

Takis Anagnostopoulos part aux Etats-Unis en 1967, pour apprendre la mi­croponction rénale, d’abord  dans le laboratoire de David F Watson, puis dans celui d’Eric E Windhager, dans l’Etat de New-York. Il va y côtoyer les grands fondateurs de la physiologie rénale outre-Atlantique (RF Pitts, G Giebisch, B Brenner, G Witthembury, K Spring…) De retour à Paris en 1971, bien décidé à initier l’électrophysiologie rénale en France, il va en approfondir les concepts et les approches dans les laboratoires d’Edouard Coraboeuf (qui dirigera sa thèse de sciences) et de Philippe Ascher. Il veut appliquer à l’épithélium rénal ce qu’il apprend de l’électrophysiologie cardiaque et neuronale. Son propre laboratoire s’aménage progressivement, car la plupart des appareils sont en fait des prototypes conçus (et souvent fabriqués) par Takis Anagnostopoulos lui-même. Un calme absolu y règne pendant les expériences ; en effet, les premières mesures de différences de potentiels transmembranaire et trans-épithélial ne souffrent aucune interférence, aucune vibration !

Takis Anagnostopoulos a introduit l’électrophysiologie rénale en France. Il a notamment développé sur le néphron une analyse de double câble électrique (un câble luminal et un câble épithélial interagissants), montré que le chlore n'était pas un anion “qui suit passivement l'eau”, mais qu'il est maintenu au-dessus de son équilibre électrochimique, parce que transporté par des protéines membranaires spécifiques. Cette idée d'avant-garde sera accueillie avec scepticisme, car l’ion chlorure est alors considéré sans intérêt (on ne connaissait pas encore les canalopathies liées aux canaux chlorure !). Les recherches de Takis Anagnostopoulos s’orientent ensuite vers la régu­lation du pH, le transport de bicarbonate par les cellules rénales, les déterminants biophysiques du potentiel de membrane. 

Il a formé des colla­borateurs auxquels il communiquait son enthousiasme. A la fin des années 1980, il créera l'unité de recherche Inserm de physiologie et de biophysique des sys­tèmes de transport à l’hôpital Necker-Enfants-Malades, dans laquelle, l’électrophysiologie moléculaire (patch-clamp) sera pour la première fois en France appliquée au néphron. Il croit en la relève par les plus jeunes et pousse ceux-ci au meilleur d'eux-mêmes, enseigne en sciences et en mé­decine dans plusieurs universités, organise régulièrement des colloques où les seniors de la recherche en néphrologie et les jeunes scientifiques échangent leurs idées. Il n’a pas pu mener à terme ses projets sur les effets des métaux divalents dans le rein et le cer­veau.

Voir Modifier Créer ici
Facebook Twitter Google+ Linkedin Viadeo Delicious StumbleUpon Evernote Scoop it Netvibes