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Stanislas Tomkiewicz

Médecin pédopsychiatre et psychothérapeute (1925-2003)

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Stanislas Tomkiewicz, réchappé du camp de Bergen Belsen, arrive en France en 1945, avec à la fois le choix de réaliser le vœu de ses parents qu'il devienne “ein guter Doktor", mais également celui d'un pays qu'il admire profondément, la patrie des Droits de l'Homme. Rescapé, avec sa sœur aînée (alors qu’une grande partie de sa famille en avait été victime), de l'extermination des Juifs d'Europe, il parvient à guérir de la tuberculose et réussit brillamment ses études de médecine, commencées dans la faculté clandestine du ghetto de Varsovie, pour devenir interne des hôpitaux de Paris, puis chef de clinique en neuropsychiatrie à la Salpêtrière. Confronté, dans la "forteresse" Salpêtrière, à des pratiques des plus archaïques en matière de prise en charge des malades mentaux, il est prêt à abandonner la psychiatrie.

Son engagement auprès des jeunes adolescents délinquants ou caractériels le conduit, en 1961 à devenir le psychiatre d'un foyer de semi-liberté pour adolescents, le Centre familial de jeunes de Vitry. Né dans les années 1950, dans la foulée de la mise en œuvre de l'ordonnance de 1945 et de la création de la justice des mineurs, ce foyer, dont il restera le psychiatre jusqu'en 1983, occupera une place particulière dans sa vie.

L'ordonnance de 1945
L’Ordonnance de 1945, signée le 2 février, porte sur l'enfance délinquante. Elle modifie les tribunaux pour enfants créés par la loi du 22 juillet 1912 et définit clairement la primauté de l’éducatif sur le répressif.
Cette ordonnance fait partie des premières mesures prises, après la Libération, par le Gouvernement provisoire de la République française, sous la présidence du général de Gaulle.

Durant ces années, il se passionne également pour son travail à l’hôpital des enfants “arriérés”, enfants qu'on n'appelle pas encore poly-handicapés, de La Roche-Guyon. Et, dès le milieu des années 1960, parvenu à se débarrasser de la "névrose Salpêtrière", il va commencer à se confronter à la violence dans les institutions, qui allait rester un des fils rouges de son engagement dans ses recherches.

En 1965, il intègre l’unité Inserm “Hygiène de l'enfance et de l'adolescence inadaptées” et engage des ded recherches sur le quotient intellectuel. Puis il enseigne à l’université Paris VIII Vincennes, université créée dans la foulée de mai 1968, dans laquelle il sait trouver des élèves avides de réflexion critique en psychopathologie.

La prise en charge des handicapés, entamée dans les années 1960, aboutit à la loi d'orientation en faveur des personnes handicapées du 30 juin 1975, qui donne à l'enfant et à l'adulte handicapés un statut de citoyen.

Ses convictions (militant au sein du Parti communiste français de 1950 à 1972, puis militant humaniste, prompt à s'engager contre toutes les formes de violences individuelles et institutionnelles, engagement avec l'organisation de dispensaires pour les prisonniers du FLN libérés après les accords d'Evian…) se retrouvent jusque dans sa conception de la psychothérapie (à cette époque-là, celle-ci ne se différencie guère de la psychanalyse) et le conduit à un engagement empathique, baptisé attitude authentiquement affective (AAA), dans le soin aux adolescents de Vitry. Dans cette conception de la psychothérapie, la solidarité avec la souffrance du patient est souvent au premier plan.

Dans les années 1980, son engagement se porte sur la lutte contre les violences institutionnelles faites aux enfants et le conduit à défendre la convention des Droits de l'enfant. Cela ne l'empêchera pas de participer à la réflexion plus académique et à la diffusion de la classification internationale des handicaps en France, comme aux réflexions sur la nécessité de repenser les différentes dimensions de la prise en charge des enfants et des adolescents autistes en France.
Resté attentif au sort des personnes handicapées mentales, Stanislas Tomkiewicz dénonce, avec Nicole Diederich, à la fin des années 1990, le statut d'objet qui est à nouveau fait aux handicapées mentales, avec la tentative de légalisation de la stérilisation possible de ces jeunes filles.

Au début des années 2000, il participe avec Michel Manciaux à l'introduction de la notion de "résilience" en France, d'une manière à la fois positive et critique.


Stanislaw Tomkiewicz a acquis une renommée internationale pour ses travaux sur les enfants poly-handicapés et autistes et sur la délinquance juvénile. Il demeurera un exemple exceptionnel de psychiatre définitivement atypique, un combattant d’une psychiatrie humaniste, à cœur ouvert, engagé à chaque instant dans le soin et dans la cité.


Engagé très tôt dans une lutte pour l'humanisation des soins, révolté par les pratiques violentes qu'il avait découvertes notamment dans les hôpitaux psychiatriques, Stanislaw Tomkiewicz craint que les choses ne se détériorent. Pour lui, l'amélioration des conditions de soins pour les adultes psychotiques, sensible jusque dans les années 1980, ne doit pas faire oublier les dangers majeurs qui guettent la psychiatrie, avec la régression du nombre des psychiatres authentiquement engagés auprès des malades, l'insuffisance d'engagement dans la cité et auprès des familles et, surtout, le retour en force d'un "biologisme" très réducteur.

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