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Pierre Douzou

Biophysicien, biologiste et biochimiste (1926-2000)

Présentation Biographie Documents Publications et ouvrages

Pierre Douzou a consacré ses recherches à l’étude physique des constituants de la matière vivante. En 1958, à l'Institut du radium à Paris où il prépare sa thèse de doctorat sous la direction de Moïse Haïssinsky, il rencontre Raymond Latarjet, qui lui révèle la révolution en cours de la biologie moléculaire. Charles Sadron l'initie aux études physicochimiques des macromolécules que sont les ADN. Une fois sa thèse achevée, Pierre Douzou est nommé maître de conférences, puis sous-directeur du laboratoire de biophysique que Charles Sadron vient de créer au Muséum national d’histoire naturelle.

Il y impose rapidement son style : chercher des voies nouvelles pour des objectifs biologiques importants. C'est ainsi qu'il introduit, en 1960, les recherches sur les états excités moléculaires et, surtout, analyse ces mécanismes photophysiques et photochimiques, en développant des techniques originales comme les spectroscopies optiques et magnétiques. Il étudie les substances photochromiques dont les applications vont de la protection contre le flash nucléaire aux lunettes de soleil progressives. Les photo-transformations réversibles de molécules telles que les spiropyranes (molécules photochromes dont les applications commerciales sont considérables) fascinent Pierre Douzou, qui introduit les méthodes spectroscopiques cinétiques qui allaient marquer sa carrière scientifique.

Le départ de Charles Sadron à Orléans - avec une bonne partie des chercheurs, pour y créer le nouveau Centre de biophysique moléculaire du CNRS - conduit Pierre Douzou à rejoindre l'Institut de biologie physicochimique (IBPC) pour y créer, en 1967, le service de bio-spectroscopie. Il en fait une unité de recherche Inserm et s’entoure de chercheurs réputés. Il veut surtout se consacrer à l'étude de “mécanismes”, à la recherche d'intermédiaires dans les cycles des réactions biochimiques permettant d'en comprendre le fonctionnement et la régulation. George Porter, en Angleterre et Manfred Eigen, en Allemagne venaient d'introduire, en biologie, les méthodes de perturbation (photolyse éclair, sauts de température...), suivies d'analyses spectroscopiques cinétiques. Celles-ci ne laissaient guère le temps de caractériser les intermédiaires, trop fugaces. Pierre Douzou a alors une idée très simple : ralentir les réactions, en abaissant la température. La cryo-biochimie est alors abordée systématiquement pour la première fois. En 1970, avec ses collaborateurs, il met au point des solvants hydro-organiques qui rendent possible l’étude des mécanismes enzymatiques à basse température. La maîtrise rapide de ces techniques de cryobiochimie vaudront à Pierre Douzou des collaborations avec le monde entier.

En 1974, il crée et dirige l'unité de recherche Inserm de cryo-enzymologie, à Montpellier.
Dans la continuité de la cryo-enzymologie, d’autres agents perturbant comme la haute pression sont appliqués à l’étude des mécanismes moléculaires de systèmes biologiques, comme l’actomyosine et le cytochrome P450. L’idée consiste à faire varier les paramètres physicochimiques des réactions enzymatiques, afin de mieux les comprendre. De 1987 à 1993, Pierre Douzou continue d’accroître ses acquis dans le domaine de la dynamique structurale des protéines. Il prolonge la cryo-enzymologie en lui ajoutant le paramètre temps au moyen de méthode de relaxation par saut de pression.

Pierre Douzou réorientera ensuite l'activité du laboratoire de l'Institut de biologie physicochimique vers des applications plus biologiques du froid comme la cryoconservation cellulaire et s'associera pour cela à l'Inra, avec Jean-Pierre Renard.

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