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Pierre Carayon

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Pierre Carayon, docteur en médecine, docteur ès sciences, professeur de biochimie et de biologie moléculaire, a consacré sa carrière à la mise au point d’outils diagnostiques et au suivi thérapeutique de maladies endocriniennes, particulièrement celles affectant la fonction de la glande thyroïde. Ses travaux de recherche ont également porté sur lesantigènes impliqués dans l'auto-immunité thyroïdienne.

Après des études en “Taupe/prépa” math au lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse, au début des années 1960, où, comme tant d’autres, il échoue à démontrer la conjecture xn + yn = zn de Pierre de Fermat, au début des années 1960, il prend ses distances avec les mathématiques pour entamer des études de médecine à l’université de Dakar au Sénégal. Ses acquis en physique lui ouvrent la porte du laboratoire de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), grâce à laquelle il est associé à l’utilisation de marqueurs radioactifs dans le diagnostic et le traitement de cancers dont ceux de la thyroïde. Un peu plus tard, il participe à des activités de recherche sur l’alpha fœto-protéine dans le cancer primitif du foie et la grossesse.

L’émergence des techniques de dosage par compétition des hormones thyroïdiennes et l’utilisation d’anticorps spécifiques pour doser l’insuline le conduisent à rejoindre la France pour poursuivre ses activités de recherche, tout en menant à leur terme ses études de médecine. Après un séjour d’un an chez Georges Schapira et Jean-Claude Dreyfus, à Paris, au début des années 1970, c’est à Marseille qu’il va pouvoir réaliser des travaux sur la pathologie thyroïdienne et l’utilisation des nouveaux moyens diagnostiques de l’immuno-analyse.

A la fin des années 1970, de retour des Etats-Unis, Pierre Carayon forme un groupe de recherche dont le thème général est d’élucider les mécanismes de l’auto-immunité thyroïdienne avec l’étude des antigènes impliqués, dont la thyroglobuline et le récepteur de la TSH, en s’appuyant sur la production d’anticorps monoclonaux dirigés contre des antigènes thyroïdiens. Dans le même temps, l’étude de l’interaction de molécules diverses, l’hCG notamment, avec le récepteur de la TSH est poursuivie. Un résultat majeur sera l’identification de l’antigène microsomal thyroïdien à la thyroperoxydase, enzyme jouant un rôle central dans la fonction thyroïdienne.

Parallèlement, il assume des responsabilités de recherche à l’étranger dans le cadre des collaborations établies en 1980 (Etats-Unis, Italie), participant aux travaux de recherche sur anticorps monoclonaux et auto-immunité thyroïdienne.

Les activités hospitalières de Pierre Carayon ont été réalisées avec pour perspective de faire évoluer les outils diagnostiques mis à la disposition des cliniciens et, plus précisément, des spécialistes de l’endocrinologie. Un exemple en est celui de l’identification de l’antigène microsomal thyroïdien déjà cité, dont on savait depuis la fin des années 1950 qu’il était impliqué dans les mécanismes des maladies auto-immunes de la thyroïde, mais dont le dosage par immuno-histochimie réclamait une grande expérience et posait des problèmes de reproductibilité intra- et inter-laboratoires. L’identification de cet antigène a permis d’avancer dans la compréhension des affections auto-immunes de la thyroïde et de mettre au point des dosages robustes et automatisables des auto-anticorps dirigés contre cette protéine. Le progrès dans le diagnostic des affections auto-immunes thyroïdiennes était évident mais, à l’époque, cette invention n’était pas brevetable, en France du moins.

Un autre exemple “orthogonal” au précédent est celui de la LH “invisible”. Au début des années 1990, il avait été rapporté que des patientes étaient dépourvues de LH, quoique ne présentant pas d’anomalies sur les plans gynécologique et obstétrical. L’interprétation avancée d’abord fut que la LH n’intervenait pas dans ces phénomènes. A cette hypothèse plus qu’audacieuse succéda rapidement l’idée que la LH était bien présente mais indétectable par les moyens mis en jeu pour la doser. Une étude diligentée par le Bureau communautaire de référence permettra à Pierre Carayon et à ses collaborateurs de montrer que certains dosages proposés par l’industrie “ignoraient” la LH circulante, particulièrement chez les femmes présentant une insuffisance rénale traitée par dialyse, alors que celle-ci était pourtant bien présente. L’existence d’isolats génétiques prospérant malgré l’absence de LH chez les mères disparut des discussions. En revanche, les trousses de dosages furent corrigées très rapidement avec l’aide du laboratoire de biologie dirigé par Pierre Carayon ; en dépit de cela, dans d’autres cas, les trousses fournissant des résultats faux prospérèrent pendant un ou deux ans… Les instances européennes durent intervenir pour mettre un terme à cette situation.

Avec ses collaborateurs, il sera, ensuite, mis à contribution pour évaluer des trousses de dosages dirigés contre d’autres analytes tels que la thyroglobuline, l’hCG, des stéroïdes et autres hormones circulantes… Dans tous les cas, les discordances entre les dosages proposés par les fabricants étaient la conséquence de différences dans les réactifs utilisés, notamment les anticorps monoclonaux. Les résultats de ces investigations n’ont malheureusement pas toujours été corrigés dans les délais qui s’imposaient.

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