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Philippe Roingeard

Pharmacien, chercheur spécialiste des virus des hépatites B et C, né le 16 mars 1961

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Philippe Roingeard développe des travaux sur les virus des hépatites B (VHB) et C (VHC). Il étudie les mécanismes de morphogenèse de ces virus, impliquant leur libération par bourgeonnement pour sortir de la cellule infectée et les mécanismes de pathogenèse associés à l’infection chronique par ces virus. Ses travaux ont conduit à la mise au point d’un vaccin bivalent contre les virus des hépatites B et C,basé sur des particules chimères entre les enveloppes du VHB et celles du VHC.

La mise au point de particules chimères a constitué un aboutissement de recherches fondamentales portant sur la morphogenèse de ces deux virus. Cela illustre le fait qu’une recherche fondamentale peut être très utile en amont pour déboucher sur une recherche plus appliquée, comme de mettre au point un vaccin. En effet, dès 2007, l’équipe de Philippe Roingeard avait montré que la protéine de capside (structure qui entoure le génome du virus) du VHC constitue le moteur du bourgeonnement de ce virus, à la différence du VHB, pour lequel la protéine d’enveloppe est capable de bourgeonner spontanément. En parallèle, elle avait créé les outils permettant d’étudier finement les mécanismes de bourgeonnement de la protéine d’enveloppe du VHB. L’observation de mécanismes de morphogenèse complètement différents pour ces deux virus a conduit l’équipe à mettre au point des particules chimères d’enveloppe VHB-VHC, qui permettent de résoudre les problèmes de production et de purification des protéines d’enveloppe du VHC. Les outils mis au point pour étudier l’assemblage des protéines d’enveloppe du VHB ont été cruciaux pour identifier les conditions permettant d’obtenir un assemblage des protéines chimères d’enveloppe VHB-VHC en particules sous-virales et ont fait l’objet d’un brevet en 2009.

L’équipe de Philippe Roingeard a pu ensuite montrer que ces particules chimères peuvent, en modèle animal (souris, lapins), induire des anticorps qui neutralisent les différents génotypes du VHC, sachant qu’il en existe six principaux, notés de 1 à 6. Bien que les particules chimères contiennent une enveloppe de VHC de génotype 1a, tous les génotypes testés sont neutralisés, même si la neutralisation est plus efficace pour les génotypes 1a et 1b, comparés aux génotypes 2a et 3a, plus distants génétiquement. Par ailleurs, les particules vaccinales induisent une réponse équivalente à celle induite par un vaccin commercial contre l’hépatite B. Cela renforce l’idée que de telles particules vaccinales pourraient se substituer au vaccin actuel contre l’hépatite B et présente l’immense intérêt de pouvoir aussi protéger contre le VHC, pour lequel il n’existe pas de vaccin. Ces particules ont également l’avantage de pouvoir être produites comme celles du vaccin contre le VHB, réduisant les délais et les coûts de mise au point industrielle d’un tel vaccin. Enfin, ce vaccin pourrait être un vaccin "bivalent" protégeant à la fois contre le VHB et le VHC, ce qui a du sens puisque ces virus sont tous les deux transmis par exposition à du sang contaminé.

L’unité Inserm que dirige Philippe Roingeard est reconnue pour ses travaux sur les virus des hépatites et du VIH. Elle développe des axes de recherche fondamentale liée à la morphogenèse de ces virus, ou à des aspects plus appliqués liés à leur dissémination et leur épidémiologie, ainsi qu'au développement de stratégies vaccinales innovantes. Pour ses travaux sur le développement d’un vaccin bivalent contre les virus des hépatites B et C, Philippe Roingeard a reçu en 2014 le Prix Drieu-Cholet, un des grands prix décernés par l’Académie nationale de médecine.

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