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Olivier Delattre

Pédiatre et cancérologue, né le 29 avril 1957

Présentation Biographie Entretien et document Publications

Les recherches d'Olivier Delattre concernent l'identification et la caractérisation d'altérations génétiques dans des tumeurs de l'enfant, dont le sarcome d'Ewing, le neuroblastome et la tumeur rhabdoïde.

Olivier Delattre débute en 1981 son internat en pédiatrie et se forme spécifiquement en hémato-cancérologie. Prenant connaissance des travaux scientifiques de l’époque sur les oncogènes, travaux qui aboutissent à la caractérisation des translocations de la leucémie myéloïde chronique et du lymphome de Burkitt, il souhaite mieux comprendre la base de ces découvertes scientifiques fondamentales et leurs possibles implications en clinique. Il se met alors en disponibilité d’internat pour se consacrer à un travail de laboratoire. Il passe une année dans le laboratoire de Gilles Thomas à l’Institut Curie à Paris, puis une année dans l’équipe de Richard Breathnach dans le laboratoire de Pierre Chambon à Strasbourg et enfin quelques mois avec Guy Rouleau au Massachusetts General Hospital, à Boston aux Etats-Unis.

A son retour et parallèlement à la fin de son internat, il réintègre le laboratoire de Gilles Thomas, avec le projet de s’intéresser à la translocation chromosomique t(11;22) dessarcomes d’Ewing. Il s’agit d’une des altérations chromosomiques les plus récurrentes identifiée au sein des tumeurs solides. L’objectif est de comprendre ce qui se passe au niveau du point de cassure de la translocation. Au terme de plusieurs années de cartographie génétique effectuées avec Jessica Zucman-Rossi ainsi que d’autres collègues talentueux, cette translocation des sarcomes d’Ewing est finalement déchiffrée en 1992 et constitue le premier réarrangement chromosomique caractérisé sur le plan moléculaire dans une tumeur solide.

La carrière d’Olivier Delattre est alors à la croisée des chemins. Il aime la clinique et la recherche mais sent qu’il sera extrêmement difficile de poursuivre efficacement sur ces deux champs d’activité. Le travail clinique en oncologie pédiatrie nécessite une très grande disponibilité aux enfants et à leurs entourages, et le travail de recherche demande également beaucoup de temps pour suivre et diriger les projets. Il opte finalement pour la recherche et intègre l’Inserm en 1992. Il décide de focaliser ses travaux sur les tumeurs de l’enfant, d’une part parce qu’il les connaît bien de par sa formation d’onco-pédiatre et, d’autre part, parce qu’il considère que ce sont des pathologies potentiellement très instructives pour aborder l’étude des mécanismes de l’oncogenèse humaine, probablement moins complexes que les tumeurs de l’adulte, et surtout moins liées à l’environnement.

Pour la tumeur d’Ewing, il s’agit désormais de comprendre la fonction de la protéine de fusion EWS-FLI qui résulte de la translocation chromosomique t(11;22). Au-delà de la compréhension des mécanismes d’action de cette protéine, en particulier sur la transcription de gènes, il s’agit également d’apprécier dans quelle mesure cette protéine elle-même ou l’une de ses conséquences d’aval peuvent constituer de nouvelles cibles thérapeutiques.

D’autres tumeurs retiennent également son attention : la tumeur rhabdoïde, tumeur d’évolution très rapide et habituellement résistante aux thérapeutiques du très jeune enfant. L’équipe découvre en 1998 que ces tumeurs sont caractérisées de façon quasi-constante par l’inactivation de SMARCB1, un membre des complexes de remodelage de la chromatine SWI/SNF. Il s’agit de la première mise en évidence directe de l’implication de ce type de protéine en oncogenèse humaine. Les travaux de nombreux autres groupes démontreront par la suite que les altérations de membres des complexes SWI/SNF comptent parmi les lésions génétiques les plus fréquentes en oncogenèse humaine. Elles sont observées en particulier dans les cancers du rein, de l’ovaire et dans de très nombreux autres cancers. A l’heure actuelle, il est estimé que la fréquence des altérations de ce complexe en pathologie cancéreuse humaine est de l’ordre de 20%, un chiffre proche de celui du taux de mutation de p53, un gène bien connu pour son implication dans le cancer.

Une autre tumeur sur laquelle se focalise la recherche de son groupe est le neuroblastome, tumeur de l’enfant qui présente d’un cas à l’autre des modalités et des risques évolutifs très différents. Le groupe met en évidence en 2008 la présence de mutations activatrices, constitutionnelles ou somatiques, du récepteur membranaire ALK dans ces tumeurs.

Tout en gardant une forte composante génétique, les projets actuels d’Olivier Delattre concernent les études fonctionnelles sur les mécanismes d’action de ces protéines anormales, l’étude du contexte cellulaire dans lequel elles agissent et leur modélisation chez l’animal. L’ensemble des travaux réalisés dans l’équipe repose sur de nombreux chercheurs, étudiants et post-doctorants talentueux et plus particulièrement Isabelle Janoueix-Lerosey et Franck Tirode, deux chercheurs à l’Inserm, ainsi que Gudrun Schleiermacher et Franck Bourdeaut, pédiatres ayant suivi une formation à la recherche.

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