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Monique Capron

Pharmacienne, immunologiste, parasitologue, née le 26 octobre 1947

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Monique Capron se consacre d’abord, au début des années 1970, à l’étude de la schistosomiase dans le laboratoire d’immunologie de l’hôpital de Lille, dirigé par André Capron. Cette parasitose est causée par différentes espèces de schistosomes et représente, par ailleurs, en raison des caractéristiques biologiques de ces parasites, un modèle d’étude très intéressant des relations hôte-parasite. Un des objectifs majeurs du laboratoire est alors d’étudier les mécanismes effecteurs de l’immunité induite au cours de cette infection, afin de développer un vaccin efficace contre la schistosomiase.

Monique Capron et ses collaborateurs vont prendre comme modèle expérimental le rat qui, contrairement à la souris, développe des mécanismes de défense lui permettant de se débarrasser du parasite et qui se révéleront proches de ceux mis en jeu chez l’homme. Après avoir acquis la technique de culture des larves de schistosome lors d’un séjour à l’université de Cambridge, Monique Capron met en évidence un effet cytotoxique des éosinophiles, en présence d’anticorps, vis-à-vis des larves de schistosomes. Entre 1980 et 1984, elle réalise différentes expériences de transfert adoptif, qui confirment les données recueillies in vitro et démontrent que la résistance du rat à la réinfection est bien liée à l’association d’anticorps et de cellules effectrices, notamment, les éosinophiles. Ces travaux conduiront à l’identification des antigènes de surface, cibles de ces anticorps. L’un d’eux, la protéine P28, protéine majeure du schistosome, servira de base à un vaccin contre ce parasite. Monique Capron montre, en particulier, que l’injection de la P28 recombinante induit chez le rat la production d’anticorps IgE et IgA associés à une protection significative.

L’ensemble des travaux effectués au sein de l’unité de recherche 167 de l’Inserm, dirigée par André Capron, à l’Institut Pasteur de Lille a permis la réalisation de nombreux essais précliniques qui ont confirmé le rôle protecteur de la P28 de schistosome contre l’infection, dans diverses espèces animales. Les premiers essais cliniques de phase 1 sont entrepris en 1998, d’abord au Centre d’investigation clinique de Lille, puis en zone d’endémie de bilharziose au Sénégal et au Niger, grâce à un vaste programme de collaboration européenne, baptisé ESPOIR (European Special Programme for Operational and Integrated Research) par André Capron. Les phases d’essais cliniques 1 et 2 ont donné des résultats très encourageants. La phase 3, dont l’Inserm est promoteur, a été lancée en 2009 grâce à un soutien financier très important du Conseil régional Nord - Pas-de-Calais.

Lors de l’étude des potentialités cytotoxiques antiparasitaires des éosinophiles, Monique Capron découvre que non seulement les anticorps IgG, mais aussi les anticorps IgE peuvent se fixer sur les éosinophiles et induire la libération de médiateurs capables de détruire les parasites in vitro ; mais, ils possèdent également des effets cytotoxiques sur des cellules et des tissus normaux, donc sont à l’origine de réactions inflammatoires ou allergiques potentielles. Jusque-là, on savait que les IgE étaient impliquées dans les allergies, mais on pensait que seules les cellules basophiles et mastocytaires possédaient des récepteurs pour ces anticorps. Monique Capron va alors orienter ses recherches dans le domaine de l’allergie et de l’inflammation.

Dans les années 1990, grâce à un contrat avec les laboratoires UCB Pharma (Belgique), son équipe est la première à montrer qu’une molécule connue pour ses propriétés anti-histaminiques est capable d’inhiber la migration des éosinophiles. Il s’agit de la cétirizine (Zirtec®), médicament aujourd’hui couramment prescrit dans les maladies allergiques. Un deuxième contrat avec le laboratoire américain Alcon, leader mondial en ophtalmologie, débouche sur une série de molécules actives sur les éosinophiles et efficaces dans le traitement des conjonctivites allergiques. Viendra ensuite une collaboration fructueuse avec le laboratoire japonais Taiho et la démonstration de l’efficacité d’une nouvelle substance immunosuppressive ciblant spécifiquement différents effecteurs de la réponse immune de type Th2 dont les éosinophiles.

Poursuivant l’exploration de la fonction des éosinophiles, Monique Capron et ses collaborateurs découvrent que ces cellules peuvent être également activées par les IgA, agissant en synergie avec les IgE. Elle émet alors l’hypothèse selon laquelle les éosinophiles activés par les IgA et les IgE pourraient participer à l’immunité muqueuse, mais également au développement de maladies intestinales inflammatoires. Avec ses collègues gastroentérologues du CHU de Lille, elle met en évidence que, contrairement à ce que l’on pensait, la maladie de Crohn est d’abord caractérisée par une réaction de type Th2 puis, ensuite seulement, par une réponse de type Th1, à médiation cellulaire. Le développement de souris transgéniques humanisées pour le récepteur IgE confirme que l’IgE et son récepteur de forte affinité exprimé par les éosinophiles pourraient effectivement participer aux mécanismes pathologiques des maladies inflammatoires chroniques du tube digestif.

Monique Capron observe ensuite que ces cellules ont des effets bien plus larges qu’on ne le supposait initialement, participant notamment à la régulation de la réponse immunitaire. En effet, son équipe sera la première à démontrer que les éosinophiles peuvent sécréter des cytokines de type Th2 et Th1, et cela en répondant à des signaux d’activation différents. Mais plutôt que l’hypothèse de deux populations distinctes d’éosinophiles, c’est la théorie d’une plasticité de ces cellules, en fonction de leur environnement qui est aujourd’hui privilégiée. Enfin, des résultats récents suggèrent le rôle fondamental joué par les éosinophiles dans l’immunité innée et dans l’immunosurveillance antitumorale, grâce à leur expression de récepteurs jusqu’ici seulement caractérisés sur les cellules lymphoïdes.

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