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Miroslav Radman

Chercheur en génétique moléculaire, né le 30 avril 1944

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Miroslav Radman est un pionnier de la biologie moléculaire, ayant réalisé des découvertes majeures sur les mécanismes de préservation de l'information génétique. Il a notamment découvert le système cellulaire SOS de réponse aux lésions de l'ADN, ainsi que le système de correction des erreurs de réplication génétiques (DNA mismatch repair).

Au début des années 1970, Miroslav Radman explore une hypothèse originale selon laquelle les mutations de l'ADN sont liées à une réponse globale aux stress provoquant des lésions de l'ADN, et nomme ce phénomène la réponse SOS. Il montre que la genèse des mutations ne procède pas d'un mécanisme aléatoire et inéluctable, conséquence d'accidents chimiques imprévisibles, mais d'un processus cellulaire génétiquement contrôlé, issu de la nécessité de répliquer l'ADN lésé. Il postule l'existence de polymérases SOS inductibles par le stress cellulaire, capables de copier les nucléotides chimiquement altérés, rendant possible la survie cellulaire au prix de mutations susceptibles de permettre une évolution adaptative au sein des populations bactériennes. Cette hypothèse sera vérifiée en 1999, avec l’identification de ces polymérases. Plusieurs classes de ces enzymes sont maintenant connues chez les levures, les bactéries et les mammifères.

A la suite de son séjour post-doctoral à Harvard, aux Etats-Unis, Miroslav Radman participe à la mise en évidence d'un second système majeur pour la fidélité génétique, le système de réparation des mésappariements de bases, qui corrige la plupart des erreurs de réplication de l'ADN. Cette découverte ouvre la voie à des applications importantes en santé humaine. En effet, de nombreuses équipes montrent que certaines prédispositions héréditaires aux cancers sont liées aux mutations de gènes du système de réparation des mésappariements de bases.

En 1989, à l'Institut Jacques-Monod de l'université Paris-VII, Miroslav Radman et son équipe mettent en évidence le mécanisme moléculaire de la spéciation, le processus évolutif permettant à de nouvelles espèces d'émerger. Ils montrent que le système de réparation des mésappariements de bases empêche la recombinaison entre chromosomes (ou séquences chromosomiques) similaires et assure à la fois la stabilité des génomes portant les séquences répétées et l'établissement des barrières génétiques entre les espèces proches. Avec ses collaborateurs, Ivan Matic et François Taddei, il entreprend une vaste étude multidisciplinaire sur l’évolution adaptative des bactéries, leur acquisition de la pathogenèse et de la résistance aux antibiotiques. Ils montrent que les populations bactériennes modulent leur taux de mutations, soit en inactivant le système de correction des erreurs, soit en activant les gènes mutateurs via l’induction du système SOS.

Ensuite, l'équipe de Miroslav Radman découvre comment Deinococcus radiodurans, une bactérie extraordinairement résistante aux agents physiques et chimiques, est capable de ressusciter en quelques heures par la réparation et la reconstitution de son ADN et de survivre ainsi à des conditions extrêmes. Les recherches menées en ce champ ouvrent la voie à l'étude des mécanismes de radiorésistance d'autres cellules, notamment les cellules cancéreuses résistantes à la radiothérapie.

À partir de 2009, Miroslav Radman sera responsable de l’équipe "Biologie de la robustesse", au sein de l’unité 1001 de l’Inserm "Génétique moléculaire évolutive et médicale" à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris. Il est également le fondateur et le directeur de l’Institut méditerranéen des sciences de la vie à Split, un institut international et interdisciplinaire, en Croatie.

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