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Marc Jeannerod

Médecin neurophysiologiste (1935-2011)

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Homme de cœur, autant que savant rigoureux et de très grand talent, Marc Jeannerod s’est illustré par ses recherches innovantes dans le champ de la neurophysiologie et de la neuropsychologie.

Il entame sa carrière de recherche dans le laboratoire de Michel Jouvet où, selon ce dernier, “il s'est trouvé confronté aux mystères du rêve, cet état conscient caractérisé par une représentation de l'action sans contrepartie motrice réelle”. Il va ainsi mener avec celui-ci des recherches sur le sommeil paradoxal et les mouvements oculaires. Il s'attache à clarifier comment le cerveau transforme en mouvement les informations sensorielles et postule que "l'action est une modalité d'existence de la représentation et, inversement, la représentation d’une modalité de l'action".

En étudiant les rapports entre vision et action, Marc Jeannerod montre que les mouvements des yeux, déclenchés par des stimulations visuelles, influencent en retour l'activité du système visuel, le préparant ainsi aux modifications de la scène visuelle que ceux-ci provoquent. Cette action anticipatrice de la commande d'un mouvement sur un système sensoriel constitue un modèle extrêmement intéressant du traitement cérébral de l'information : ainsi, le cerveau distingue les modifications sensorielles auto-produites de celles dues à des événements du monde extérieur. Partant de cette régulation anticipatrice, Marc Jeannerod énonce le principe selon lequel nos mouvements obéissent à une commande construite à partir d'une représentation du but à atteindre.

Il démontre ensuite que l'action imaginée et/ou l'action exécutée active des réseaux corticaux semblables. Ainsi, l'activité cognitive repose sur la simulation, par le système nerveux, de l'exécution d'une action, mécanisme qui rend également compte de la reproduction du mouvement observé chez un tiers.

En précurseur, Marc Jeannerod applique ce principe à la description des mouvements de la main chez l'homme. Il démontre que les mouvements des doigts, lors de la formation de la pince avant la prise, présentent une organisation particulière : la pince digitale s'ouvre jusqu'à une amplitude strictement corrélée à la taille de l'objet à saisir, avant de se refermer sur celui-ci. Ainsi, par sa représentation dans le système visuel, la taille de l'objet guide le mouvement dès son début de manière “pro-active”.

Cet intérêt pour la notion de représentation conduit Marc Jeannerod à étudier “l'action non exécutée”, dont l'action imaginée constitue un exemple paradigmatique, qui permet de tester l'activité du système moteur en l'absence de tout mouvement. Il montre que l'action imaginée et l'action exécutée activent un réseau semblable d'aires corticales et que cette activité cognitive repose sur la simulation, par le système nerveux, de l'exécution d'une action. Il établit que ce concept s'étend à l'observation d'une action exécutée par un tiers. Ce phénomène d'empathie est majoré chez des patients porteurs de lésions frontales. Inversement, l'attribution de l'action à sa véritable source (soi ou autrui) est perturbée dans certaines pathologies (autisme, schizophrénie, par exemple).

Marc Jeannerod a entièrement renouvelé la conception de l’activité mentale de l’époque.

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