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Jean Talairach

Médecin neurochirurgien (1911-2007)

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

© "Souvenirs des études stéréotaxiques du cerveau humain" John Libbey EUROTEXT

Jean Talairach fut un grand neurochirurgien. Il se consacra à la création d'une technique dite "stéréotaxique", pour atteindre des zones très précises du cerveau. Cette technique est aujourd’hui utilisée notamment pour la psychochirurgie, les biopsies stéréotaxiques des tumeurs cérébrales, le traitement des mouvements anormaux, de la douleur et de l’épilepsie.
Influencé par son cousin, le célèbre psychiatre Henri Ey, Jean Talairach entame sa carrière en psychiatrie à l’hôpital Sainte-Anne, en 1945. Il est alors convaincu (c’était inhabituel dans le milieu de la psychiatrie à l’époque) qu’il existe des relations organiques entre les troubles neuropsychiques et les fonctions cérébrales. Au début des années 1940, il découvre la neurochirurgie auprès de Marcel David et s’intéresse aux possibilités thérapeutiques offertes par cette discipline. Il se spécialise alors dans la neurochirurgie fonctionnelle stéréotaxique et rejoint le service de celui-ci à l'hôpital Sainte-Anne, en 1950.


C’était un “grand homme”, le “dernier des géants”, selon le mot d’un collègue américain à l’annonce de son décès. (Cf l’hommage rendu à Jean Talairach par Patrick Chauvel).


À partir de cette époque, il se passionne pour l’anatomie du cerveau, dans l’objectif de mettre en place les techniques stéréotaxiques dans ce nouveau service. Dès le début, il fait preuve de qualités de rigueur, de pensée critique et, surtout, de sa préoccupation éthique vis-à-vis des patients concernant l’implication des techniques qu’il utilise. David l’encourage à se consacrer pleinement à ce domaine qui venait d’éclore en neurochirurgie. Le but de cette approche est d’atteindre des structures prises pour cibles en profondeur dans le cerveau, et d’y effectuer des lésions discrètes dans les mouvements anormaux et la maladie de Parkinson, les douleurs rebelles et sans doute d’envisager, à terme, une psychochirurgie rationnelle. Il s’engage à fond dans ce projet, si bien que David créera une section de stéréotaxie dont il lui confie la responsabilité en 1958.

Avec Pierre Tournoux, il met au point des techniques stéréotaxiques dans le but initial de soigner l'épilepsie. Entre 1955 et 1958, il élabore un système électrophysiologique, précurseur de l'imagerie par résonnance magnétique(IRM). Toujours avec Tournoux, il établit des atlas anatomiques stéréotaxiques du cerveau humain, aujourd’hui universellement utilisés dans l’organisation et l’interprétation des données d’imagerie neurologique fonctionnelle.

Sa collaboration avec Jean Bancaud, un neurologiste renommé, conduit au développement d’une nouvelle approche méthodologique et scientifique de la chirurgie qui apporte des résultats majeurs dans la compréhension et le traitement de l’épilepsie. L’exploration fonctionnelle stéréotaxique se développe réellement à la création du service de neurochirurgie fonctionnelle en 1962, dont Jean Talairach devient le premier et finalement le seul chef. La mise au point de la stéréo-électro-encéphalographie, qui donne une représentation spatio-temporelle précise de la crise, aboutit à une révolution conceptuelle majeure, la "zone épileptogène".

Avec la stéréo-électro-encéphalographie, très puissante sur le plan clinique, Jean Talairach comprend très tôt qu’il faut développer des recherches sur l’anatomie et la physiologie du cortex cérébral humain. Avec l’aide de Jean Bancaud et de Pierre Buser, il crée, en 1971, l’unité 97 de l’Inserm, la première unité de recherche en Europe sur la chirurgie de l’épilepsie associant cliniciens et fondamentalistes. Jean Talairach s’intéresse également au traitement des mouvements anormaux et réalise, en 1950, la première intervention stéréotaxique. Il applique sa méthodologie à d’autres domaines et invente, avec Gabor Szikla, la biopsie stéréotaxique des tumeurs cérébrales. Sa carrière officielle prend fin en 1980 avec sa prise de retraite, mais il poursuit son travail dans l'unité de recherche, développant deux atlas cités dans le monde sous le nom des "Talairach".

Notons, enfin, que Jean Talairach a créé une véritable école de neurochirurgie fonctionnelle qui a attiré nombre de neurochirurgiens, neurologistes, radiologues ou anatomopathologistes du monde entier.

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