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Jean-Pierre Hugot

Pédiatre et chercheur, spécialiste de l'inflammation intestinale, né le 15 aout 1961

Présentation Biographie Publications et ouvrages

Jean-Pierre Hugot travaille sur les maladies inflammatoires intestinales (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique), maladies des pays développés. La fréquence de chacune d’entre elles est estimée à environ 1/1000 habitants en Occident. Elles touchent le plus souvent l’adolescent ou l’adulte jeune et évoluent tout au long de la vie par poussées, entrecoupées de rémissions, ou de manière chronique. Les poussées sont marquées par de la diarrhée, des douleurs abdominales et une altération de l’état général. Les complications sont fréquentes, à type d’occlusion, de fistules, de poussées sévères et de cancer de l’intestin. Les traitements, anti-inflammatoires, immuno-suppresseurs, biothérapiques et chirurgicaux, ne sont que suspensifs.

Les recherches de Jean-Pierre Hugot portent sur la génétique des maladiesinflammatoires intestinales. Au cours de sa thèse de sciences, il localise le premier gène de susceptibilité à la maladie deCrohn en 1996, par une approche de clonage positionnel. C’est un des tout premiers gènes de maladies complexes mis en évidence par cette approche. En 2001, il identifie ce gène. Il s'agit de NOD2 (également appelé CARD15), qui code un récepteur intracellulaire pour des produits de dégradation des parois bactériennes. Ce travail a permis de montrer que la maladie de Crohn est associée à un déficit de l’immunité innée.

Jean-Pierre Hugot a ensuite contribué à de multiples travaux, dans le cadre de consortium internationaux, aboutissant à la découverte de plus de 160 gènes de susceptibilité aux maladies inflammatoires intestinales. Ces gènes nombreux ont tous un effet faible et expliquent environ 25% de l’héritabilité calculée pour ces maladies. Ils forment un réseau biologique cohérent, mais ne permettent toutefois pas de prédire à ce jour, de manière fiable, un risque individuel permettant une médecine personnalisée.

Il a travaillé sur les mécanismes permettant d’expliquer comment un déficit de NOD2 peut entrainer une maladie inflammatoire intestinale. Il a montré que NOD2 contribue à maintenir une barrière épithéliale fonctionnelle dans l’intestin grêle, en particulier au niveau des plaques de Peyer, l'un des constituants du tissu lymphoïde associé à l'intestin. Ce déficit entraîne une hyperplasie du tissu nodulaire lymphoïde, un excès de perméabilité intestinale et un excès de translocation bactérienne. Les mécanismes en cause ont été explicités et font appel à un excès de lymphocytes CD4 producteurs de TNF-alpha et d’interféron-gamma, à une activation de la protéine kinase MLCK entérocytaire et à un défaut de régulation de l’autophagie.

Jean-Pierre Hugot a proposé que la maladie de Crohn puisse être associée au développement de la réfrigération des aliments et à l’exposition à des bactéries capables de se diviser à basses températures, en particulier des bactéries du genre Yersinia. Il a montré qu’effectivement NOD2 participe à la réponse vis-à-vis de Yersinia pseudo-tuberculosis et que les données épidémiologiques concernant les équipements ménagers sont compatibles avec cette hypothèse. Ce travail est toujours en cours pour confirmer infirmer l’hypothèse proposée.

Jean-Pierre Hugot a par ailleurs contribué à de multiples essais cliniques chez l’enfant et l’adulte. Il a défini la fréquence des mutations de NOD2 dans différentes populations et leur impact sur la présentation clinique de la maladie de Crohn. Il a montré que NOD2 est également impliqué dans une maladie auto-inflammatoire de transmission mendélienne, le syndrome de Blau.

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