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Jean Dormont

Médecin immunologiste (1929-2021)

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Mis à jour le 15 février 2021

Jean Dormont a commencé sa carrière scientifique en 1960 à l’hôpital Necker, auprès de Jean Hamburger, directeur de l'unité Inserm de recherche en néphrologie et chef du service de néphrologie. Il analyse les effets des immunosuppresseurs et la conservation des greffons à l’aide de greffes expérimentales. Il étudie les réactions immunologiques après greffe chez l’homme, notamment par des tests ex-vivo : migration des leucocytes du receveur en présence d’antigènes solubles du donneur, sensibilité des rosettes spontanées à l’azathioprine et aux sérums anti-lymphocytes chez les sujets bénéficiant d’une tolérance prolongée du greffon, aptitude des lymphocytes du receveur à être stimulés en culture par la phyto-hémagglutinine et par les sérums anti-lymphocytes. Dans le domaine clinique, il se penche notamment sur les problèmes éthiques soulevés par les greffes à partir de donneurs vivants.

En 1970, Jean Dormont est nommé chef de service à l’hôpital Antoine-Béclère et, peu après, directeur de l’unité Inserm de néphrologie et d’immunopathologie, implantée dans un bâtiment de recherche Inserm neuf, jouxtant l’hôpital Antoine-Béclère à Clamart. Avec ses collaborateurs, il oriente ses travaux vers des aspects plus fondamentaux de l’immunologie, mettant au point et utilisant des nouvelles méthodes in vitro pour l’étude des réponses immunitaires chez la souris et chez l’homme. Ces méthodes vont lui permettre d’étudier la régulation des réponses immunitaires, spontanées et après traitement, dans de multiples pathologies humaines : lupus érythémateux disséminé, purpura thrombopénique, ainsi que dans le vieillissement. D’autres travaux seront consacrés à l’hypersensibilité retardée et à la tolérance immunitaire.

Au début des années 1990, Jean Dormont s’est investi dans des recherches sur le sida et a été notamment responsable du développement des essais cliniques au sein de l’Anrs (Agence nationale de recherche sur le sida), en association avec plusieurs structures de l’Inserm. Toujours à l’écoute, il fera très vite participer les associations de malades à la recherche. Pour lui, le fait que le patient s’intéresse à sa maladie n’est pas seulement légitime mais également une excellente chose. Il a permis ainsi de faire tomber certains préjugés des associations vis-à-vis de la recherche, notamment institutionnelle.

Estimé et reconnu par ses pairs, Jean Dormont s’est également vu confier par Claude Évin, alors ministre de la Santé (1988-1990) la direction des premières recommandations à émettre pour le traitement et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Les recommandations de ce rapport, appelé Dormont, ont conduit à de notables modifications dans l’organisation des soins.

Jean-François Delfraissy, ancien directeur de l’Anrs, qui fut son élève, témoigne : « J’ai été interne puis deuxième agrégé à l’hôpital Antoine-Béclère à Clamart chez un grand monsieur, Jean Dormont ; il m’a formaté pour le restant de ma vie, tant sur les aspects de la recherche que sur la vision du patient, avec une réflexion de fond sur l’éthique de la médecine. » 

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