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Jacques Caen

Médecin, biologiste hématologue, né le 11 mars 1927

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Les travaux de Jacques Caen ont porté sur l’étude des bases moléculaires des maladies des plaquettes sanguines, ainsi que sur celle des anti-agrégants plaquettaires (qui empêchent la formation de caillots ou thrombus dans les vaisseaux) parmi les thérapeutiques antithrombotiques, c’est-à-dire anticoagulantes.

Leucémie à promyélocytes

Jacques Caen et ses collaborateurs ont été les premiers, dès 1957, à noter l’intensité des hémorragies dans la leucémie à promyélocytes. Il aura fallu ensuite quatre décennies pour comprendre, avec ses collègues de Shanghaï, l’action bénéfique de l’acide tout-transrétinoïque et de l’arsenic sur la sécrétion anormale du facteur responsable de la coagulation et des hémorragies. Avec ce traitement, les hémorragies secondaires à la leucémie à promyélocytes ont cessé et les malades sont guéris.

Thrombopathies

Dans la période de 1960 à 1980, ils définissent les fonctions des plaquettes sanguines humaines et animales. En 1974 et 1975, ils démontrent, avec Allan T Nurden, les relations entre les structures des glycoprotéines (molécules constituées de protéines et de glucides) et les fonctions d’agrégation des plaquettes et d’adhésion des vaisseaux. Utilisant des anticorps présents dans les thrombopathies constitutionnelles et d’autres techniques immunologiques ou de biologie moléculaire, ils caractérisent les anomalies des glycoprotéines des membranes plaquettaires dans ces types d’affections.

Il a fallu une quinzaine d’années pour que l’étude clinique suivie d’une famille atteinte d’un syndrome thrombotique très grave, marqué par une incapacité de détruire le caillot sanguin qui s’est formé, permette d’établir, au début des années 1990, les relations avec une structure moléculaire très précise située à la partie N terminale de la chaîne du fibrinogène et de comprendre ce type de syndrome.

Syndrome des plaquettes grises

Dans d’autres maladies plaquettaires, comme le syndrome des plaquettes grises ou syndrome de Bernard et Soulier (Jean Bernard et Jean-Pierre Soulier), affection congénitale extrêmement rare, Jacques Caen et ses collaborateurs ont pu préciser, en 1977, le rôle joué par l’endothélium de la paroi vasculaire. Ainsi en a-t-il été également dans la déficience de stockage dans les granules denses où ils ont montré les rapports entre le défaut de sécrétion de la sérotonine et l’hypertension artérielle pulmonaire. Ces travaux ont permis de lever un voile entre des maladies thrombotiques, l’hypertension artérielle pulmonaire, la myélo-fibrose et les maladies plaquettaires et contribué à l’éclosion des thérapeutiques antiplaquettaires antithrombotiques.

Relations plaquettes/vaisseaux

Les recherches de Jacques Caen se sont orientées sur l’étude des relations entre les plaquettes et le vaisseau, notamment, avec l’endothélium vasculaire, les structures sous-endothéliales et le collagène et l’interaction avec le facteur Willebrand. Avec ses collaborateurs et Alan T Nurden, il a approfondi l’analyse des relations des plaquettes avec l’endothélium et le facteur Willebrand dans le syndrome de Bernard et Soulier, dans la maladie des plaquettes grises et, avec ses collègues britanniques, en présence d’un constituant microfibrillaire. Il a découvert un octapeptide susceptible d’inhiber l’interaction des plaquettes avec le collagène.

Ses travaux sur certains accidents vasculaires du diabète ont permis d’en comprendre la pathogénie, en rapport avec l’adhésion anormale des globules rouges sur l’endothélium, sur un des deux récepteurs des glycosylations.

Relations plaquettes/fibrinogène

Jacques Caen et son équipe ont aussi étudié les relations des plaquettes avec le fibrinogène et ont été, parmi les premiers, à reconnaître le rôle de ce dernier dans la fonction d’agrégation plaquettaire. Ils ont décrit une anomalie moléculaire du fibrinogène rendant compte d’une maladie thrombotique familiale. Dans le cadre d’une étude internationale (Paris, Etats-Unis, Belgique, Pays-Bas), ils ont décrit une anomalie familiale du fibrinogène très précisément au niveau moléculaire, rendant compte d’une maladie thrombotique familiale.

Une grande personnalité de l’hématologie française

A l’hôpital Saint-Louis (l’Institut Hayem) et l’hôpital Lariboisière (l’Institut des vaisseaux et du sang), Jacques Caen a ouvert une voie de recherche féconde entre le sang et les vaisseaux. De 1990 à 1997, en collaboration avec ZC Han, à Tianjin (Chine), Jacques Caen a consacré, à l’Institut des vaisseaux et du sang, de nombreux travaux à la régulation des mégacaryocytes.

Sa grande expérience lui a permis de créer en France le groupe d’étude de l’hémostase et de la thrombose et, en Europe, l’European Thrombosis Research Organisation, en 1971.

En 1996, il fonde le Club français d’angiogenèse, devenu la Société française d’angiogenèse.

En 2009, à l’Académie nationale de médecine, s’est créé, sous son impulsion, un groupe de travail sur l’utilisation thérapeutique potentielle des cellules souches du cordon et du placenta, prenant en compte les problèmes éthiques que pourrait poser cette utilisation.

Tous les travaux de Jacques Caen ont été guidés par la problématique de recherche clinique et marqués par des collaborations constantes avec des équipes internationales multidisciplinaires.

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