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Dominique Stéhelin

Chercheur en cancérologie, né le 4 Septembre 1943

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Les travaux de Dominique Stéhelin contribuent de manière majeure à la découverte des oncogènes, une catégorie de gènes dont l'altération favorise la survenue de cancers.

Au début des années 1970, les mécanismes du cancer faisaient l'objet de nombreux débats. Les uns pensaient que les causes de la cancérisation étaient externes aux cellules (théorie virale des cancers), alors que d'autres défendaient une origine cellulaire des dérèglements cancérigènes (théorie génétique). La connaissance des virus et l'avènement de la biologie moléculaire ont permis de clarifier ce débat. Le premier virus identifié pour causer des tumeurs (sarcomes) chez le poulet fut le virus du sarcome de Rous en 1911 par le chercheur américain Peyton Rous. En 1976, Dominique Stéhelin, alors chercheur détaché du CNRS dans le laboratoire de Michael Bishop à San Francisco, démontre par une technique d'hybridation différentielle, la présence d'un fragment d'ADN du virus du sarcome de Rous dans le génome de cellules normales non infectées. Cela démontrait que le gène src du virus avait sa contrepartie dans les cellules normales et sa caractérisation a permis de montrer que le virus était devenu cancérigène, en incorporant et en modifiant ce gène dans son génome. Quinze ans plus tard, en 1989, le prix Nobel de physiologie et médecine a été décerné pour cette découverte de l'origine cellulaire des oncogènes rétroviraux aux co-auteurs du travail, les américains Michael Bishop et Harold Varmus.

A son retour des Etats-Unis, Dominique Stéhelin monte une équipe de recherche à l'Institut Pasteur de Lille et poursuit la découverte et la caractérisation de nouveaux oncogènes (gènes : myb, myc, erbA, erbB mil/raf, ets). Des fonctions biologiques de ces gènes dans les cellules normales sont assignées, comme celle du gène erbA qui est un récepteur des hormones thyroïdes ou du gène ets1 qui est un facteur de transcription exprimé au cours de l'invasion et de l'angiogenèse tumorale. L'étude des mécanismes d'activation de ces gènes en gènes du cancer, révèle qu’un oncogène peut être impliqué dans l’émergence de types distincts de cancers (le gène myc peut conduire à des sarcomes ou à des carcinomes). De plus, plusieurs oncogènes peuvent aboutir à la formation d’un même type de cancer (myc, src et erbB peuvent chacun induire des sarcomes très semblables). Dominique Stéhelin montre aussi que des rétrovirus peuvent contenir deux oncogènes susceptibles de leur conférer des propriétés “transformantes” accrues et/ou de cancériser des cellules. L'exploration des fonctions des oncogènes, conduit également à la démonstration originale que l'oncogène rel est impliqué dans l'apoptose (mort cellulaire programmée). L'ensemble de ces travaux démontre le rôle essentiel des oncogènes dans tous les processus cellulaires normaux et clarifie leur implication dans le cancer lorsqu'ils sont dérégulés.

Dominique Stéhelin a ensuite choisi d'étudier plus particulièrement les propriétés anti-tumorales du parvovirus H1, un petit virus à ADN. Avec ses collaborateurs, il documente que ce virus est oncotrope (se multiplie sélectivement dans les cellules cancéreuses) et provoque l'oncolyse (détruit les cellules cancéreuses dans lesquelles il se réplique) dans de nombreuses lignées cellulaires tumorales. Les études en cours concernent les propriétés anti-tumorales du parvovirus H1 chez la souris et leur utilisation éventuelle chez l’homme, pour viser une nouvelle stratégie anti-cancéreuse.

Il est aussi à l'origine de la création en 1996 de l'Institut de biologie de Lille, avec le soutien du CNRS, de la région Nord Pas de Calais et de l'état. Ce bâtiment accueille des équipes de recherches travaillant bien sûr dans le domaine du cancer, mais également dans les domaines des infections bactériennes et virales, et des maladies métaboliques. De très nombreux chercheurs français et étrangers ont été formés dans le laboratoire de Dominique Stéhelin, qui a su les attirer par ses qualités scientifiques, associées à son charisme et son ouverture d'esprit. Plusieurs sont devenus directeurs de laboratoires à l’Inserm, au CNRS, dans des laboratoires internationaux, ou directeurs de département dans l’industrie pharmaceutique.

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