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Dominique Heymann

Chercheur, spécialiste des pathologies de l’os, né le 28 avril 1967

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Les travaux de Dominique Heymann portent sur la biologie des tissus osseux et plus particulièrement sur les mécanismes de dégradation (ostéolyse) de ces tissus dans des contextes inflammatoire ou oncologique.

Les tumeurs osseuses primitives sont le plus souvent bénignes (tumeurs à cellules géantes, chondromes, ostéomes ostéoïdes, etc…) et peuvent être, dans de rares cas, malignes (0,5 à 1 % des cancers, toutes localisations confondues). La plus fréquente est l'ostéosarcome, avec 50% des tumeurs osseuses primitives malignes (environ 150 nouveaux cas par an en France), qui touchent préférentiellement l’adolescent ou l’adulte jeune. Le sarcome d’Ewing est le second sarcome osseux en nombre et touche l’adulte jeune, tandis que le chondrosarcome est plus rare et affecte des patients après 40 ans. Le traitement actuel repose sur l’exérèse de la tumeur, combinée à la chimiothérapie (ostéosarcome, sarcome d’Ewing), qui présente une toxicité importante. Malheureusement, dans de nombreux cas, une absence de réponse aux drogues anti-tumorales est observée, conduisant souvent au développement de métastases pulmonaires (ostéosarcome, sarcome d’Ewing). Les chondrosarcomes sont caractérisés par un fort taux de récurrence locale.

Que la composante cellulaire de ces tumeurs osseuses primitives soit ostéoclastique (cas des tumeurs à cellules géantes), ostéoblastique (cas des ostéosarcomes ostéoblastiques) ou souche/stromale mésenchymateuse (cas des sarcomes d'Ewing), leur point commun est leur capacité à déréguler le remodelage osseux. En effet, l'invasion du tissu osseux par une cellule tumorale primitive ou métastatique affecte précocement la balance entre résorption et formation osseuse. Cette dérégulation du couplage ostéoblastes-ostéoclastes induit la libération de facteurs initialement piégés dans la matrice osseuse, qui, en retour, favorisent la prolifération tumorale. Le microenvironnement tumoral osseux contrôle donc en grande partie la croissance de la tumeur et donc son devenir. Il est nécessaire de mieux caractériser les communications entre cellules tumorales et cellules du microenvironnement osseux cellulaire pour identifier de nouvelles voies thérapeutiques alternatives ou adjuvantes, afin d'améliorer la réponse de ces tumeurs aux traitements.

Depuis la fin des années 1990, Dominique Heymann s’intéresse à ces mécanismes de dégradation du tissu osseux en étudiant les molécules qui régulent l’ostéoclastogenèse (cytokines des familles du TNF, de l’IL-6 et du M-CSF, etc…) et leur implication dans la croissance des tumeurs osseuses primitives. Ainsi, son équipe a démontré le rôle joué par la triade OPG/RANK/RANKL dans le développement des sarcomes osseux. Le ciblage de RANKL par des approches de thérapies géniques (OPG,RANK-Fc, shRANKL) ou des peptides bloquant RANK s’est révélé être efficace dans le traitement des ostéosarcomes et sarcomes d’Ewing dans des modèles pré-cliniques. Une protection du tissu osseux était associée à une réduction du volume tumoral et à un impact sur le développement des métastases pulmonaires. Il s’intéresse également aux mécanismes responsables du développement des sarcomes des os (ostéosarcomes, sarcomes d’Ewing, chondrosarcomes), en réalisant des expériences sur des modèles cellulaires et en analysant les paramètres de cohortes biologiques. Les nouvelles approches thérapeutiques visent à cibler les macrophages, utiliser des anticorps anti-cytokines, réaliser des thérapies combinées,…. L’équipe a montré l’intérêt d’associer un traitement anti-résorption osseuse (bisphosphonates) avec des molécules de chimiothérapie conventionnelle, résultats ayant fait l’objet d’un essai clinique de phase III. Plus récemment, Dominique Heymann a mis en évidence l’implication d’une nouvelle cytokine (IL-34) dans l’ostéoclastogenèse et dans la biologie des tumeurs à cellules géantes, dans les pathologies inflammatoires de type polyarthrite rhumatoïde et dans la pathogenèse des ostéosarcomes. De nombreuses publications montrent les effets de nouveaux inhibiteurs ciblant les récepteurs à tyrosine kinases ou les modulateurs épigénétiques inhibant les bromodomaines.

Dominique Heymann est actuellement directeur du laboratoire "Physiopathologie de la résorption osseuse et thérapie des tumeurs osseuses primitives", unité mixte de recherche Inserm 957/université de Nantes, dont l'objectif est de mieux comprendre les mécanismes inhérents au développement de ces pathologies osseuses. Leurs travaux couvrent les aspects de recherches fondamentale, pré-clinique et clinique et ont pour ambition de développer de nouvelles approches thérapeutiques, en collaboration avec des partenaires internationaux.

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