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Dominique Costagliola

Biomathématicienne et épidémiologiste, née le 17 mai 1954

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Après une formation initiale en physique, Dominique Costagliola est entrée à l’École nationale supérieure des télécommunications, où, en troisième année, elle choisit l'option "Génie biologique et médical". Elle oriente alors son activité professionnelle dans le domaine de la santé publique, en recherchant des thèmes de recherche qui qui lui permettent de rentabiliser sa formation initiale en mathématiques, informatique et statistiques. Après avoir travaillé sur le diabète, elle se consacre au domaine des maladies infectieuses et, à partir de 1986, met au point un programme de recherche de modélisation pour l'étude de l'infection à VIH.

Dans un premier temps elle développe des modèles statistiques permettant l'estimation des paramètres cachés de l'épidémie, tels que la durée d'incubation, l'incidence de l'infection à VIH, la taille de l'épidémie,... Ainsi, en collaboration étroite avec Christine Rouzioux, elle a estimé le moment de la contamination mère-enfant, montrant que chez les femmes non traitées, n'allaitant pas, 2/3 des contaminations se produisent lors de l'accouchement et 1/3 pendant la grossesse, plutôt dans les dernières semaines. Dominique Costagliola poursuit ses activités de recherche dans ce domaine du VIH et de la santé publique, notamment avec Virginie Supervie, comme en témoigne leur article récent sur la taille de l'épidémie cachée : 30 000 personnes en 2010 en France, estimée avec leur nouveau modèle d'estimation de l'incidence à partir des données de déclaration obligatoire du diagnostic de séropositivité.

A partir de 1992, elle s’engage dans un axe de recherche clinique en tant que responsable d'un centre de méthodologie, de gestion et d'analyses statistiques de l'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS), conduisant de nombreux essais cliniques et des études observationnelles, notamment avec Christine Katlama comme investigateur principal. Dans le domaine de la résistance aux antirétroviraux, en collaboration étroite avec Françoise Brun-Vézinet, elle établit une méthodologie pour développer les algorithmes de résistance aux antirétroviraux, en vue de guider le choix des traitements chez les patients en échecs dont les virus sont porteurs de mutations de résistance. Elle a également mis au point les protocoles de surveillance de la résistance aux antirétroviraux en France chez différents groupes de patients infectés par le VIH (en primo-infection, infectés chroniques naïfs de traitements, patients exposés aux antirétroviraux en échec virologique), dans le cadre du groupe de l’action concertée “Résistance” de l’ANRS.

Dominique Costagliola a participé à la création de la base de données hospitalière française sur l'infection à VIH (French Hospital Database on HIV - FHDH, ANRS CO4) avec Alain-Jacques Valleron en 1988, dont elle est devenue l'investigatrice principale en 1992. Cette base de données est une cohorte hospitalière multicentrique où les patients peuvent être inclus en continu. Les personnes éligibles sont les personnes suivies pour une infection à VIH-1 ou VIH-2 dans un service participant à l'étude, ayant signé un consentement éclairé. La base de données inclut les données de 70 hôpitaux dans 26 des 28 COREVIH (Coordination régionale de la lutte contre le VIH), soient les données relatives à plus de 128 000 personnes vues au moins une fois entre 1992 et 2011, avec un suivi moyen de 88 mois. Les projets sont bâtis sur la principale force de la base, sa taille, parmi les plus grandes cohortes de ce type au monde, et se déclinent en trois thèmes :

Cette base de données fait l’objet de plusieurs collaborations internationales, dont : ART-CC (Antiretroviral Cohort Collaboration), depuis sa création en 2000 ; EUROCOORD (NOE FP7 2011-2015, notamment CASCADE depuis 2006 et COHERE depuis sa création) ; et HIV Causal.

Pour ce qui concerne le premier axe, Dominique Costagliola a montré que l’obtention d’une réponse immunologique à six mois était un facteur pronostique en faveur d’une meilleure évolution clinique, quelle que soit la réponse virologique. Dans le cadre de ART-CC et d’HIV Causal, elle a cherché à répondre à la question, non encore résolue, de quand traiter. Elle a montré que sur le critère décès ou sida, il y a un bénéfice à entamer le traitement au-dessus de 350 CD4/mm3. Dans le cadre de COHERE, elle a montré le bénéfice en santé publique de l´introduction de nouveaux médicaments antirétroviraux sur la période 2000-2009 pour les personnes qui avaient été en échecs aux trois premières familles d´antirétroviraux.

Dans le second axe, elle a mis en évidence un doublement de l’incidence des cancers non inclus dans la définition du sida chez les personnes infectées par le VIH, par rapport à la population générale de même âge et de même sexe, y compris à l’ère des multithérapies antirétrovirales. Elle a montré que l'immunodépression est un facteur de risque majeur tant des cancers inclus sida (lymphome non hodgkinien, maladie de Kaposi, cancer du col de l'utérus) que des cancers non inclus sida (poumon, foie, canal anal, maladie de Hodgkin). Plus récemment, elle a montré que, chez les personnes traitées, dont la charge virale est contrôlée et dont le taux de CD4 est restauré au-dessus de 500/mm3 depuis au moins deux ans, le risque de lymphome non hodgkinien n'est plus supérieur à celui observé dans la population générale. Dans le cadre d’une étude cas-témoins nichée dans la cohorte FHDH de l’ANRS, elle a montré que le risque d’infarctus est augmenté par l’exposition aux inhibiteurs de protéase, confirmant ses résultats publiés dès 2003, et que l’association avec l’exposition à l’abacavir ne peut pas être considérée comme étant en cause. Elle a également montré le rôle de la réplication du VIH et du statut immunologique sur le risque d´infarctus du myocarde, indépendamment des facteurs de risque traditionnels et de l´exposition aux antirétroviraux.

Pour ce qui concerne l'axe 3, elle a contribué à la mise en évidence de la grande proportion de la prise en charge tardive en France. Ce travail vient d'être réactualisé pour prendre en compte la nouvelle définition, à laquelle à laquelle, elle a contribuée. Il s’agit maintenant de prise en charge survenant lorsque le nombre de lymphocytes CD4 est inférieur à 350/mm3 ou un stade sida lors du premier recours à l’hôpital. Avec ses collaborateurs, elle montre que près d’un patient sur deux est pris en charge tardivement et que les conséquences de la prise en charge tardive sur le risque de décès persistent jusqu’à quatre ans après la prise en charge, par comparaison à un patient pris en charge plus tôt, y compris pour les personnes dont l’immunodépression est modérée (nombre de CD4 compris entre 200 et 350/mm3).

Outre ces travaux, Dominique Costagliola a une importante activité d'expertise scientifique, en France et à l'étranger, et une forte implication dans l’expertise en santé, notamment sur le risque viral en transfusion, l’évaluation du risque potentiel associé au vaccin contre l’hépatite B, l’évaluation des risques associés à l’hormonothérapie substitutive, le risque lié aux encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles, notamment l’encéphalopathie spongiforme bovine, sur la prise en charge des patients séropositifs pour le VIH et en matière de médicaments.

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