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Claudine Herzlich

Sociologue, psychologue sociale, née le 6 juin 1932

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Dans les années 1960, le grand psycho-sociologue Serge Moscovici demande à Claudine Herzlich, alors au CNRS, de travailler sur l’image du corps. À cette époque, Claude Lévi-Strauss analysait dans son séminaire, une série de mythes amérindiens sur l’origine des maladies. Il exposait les travaux de ses collègues ethnologues, décrivant la maladie comme une partie intégrante des visions des mondes chez les peuples traditionnels. En accord avec Serge Moscovici, Claudine Herzlich décide d’engager une réflexion sur la maladie dans la société française en partant de cette approche.

Elle prépare sa thèse de doctorat chez François Stoetzel, professeur de psychologie sociale à la Sorbonne, qui enseignait la psychologie sociale appliquée à la santé et à la maladie. Celui-ci est également le directeur et le créateur de l’IFOP (qui avait introduit les sondages en France). Elle réalise, dans ce cadre, une enquête-sondage : elle interroge une population de 80 personnes (pour moitié, cadres, membres de professions libérales et intellectuelles et, pour l’autre moitié, membres de classes moyennes), auxquelles elle demande notamment ce que représente pour eux l’idée de maladie, l’idée de santé, l’expérience de la maladie et l’expérience de la santé. Ce travail original vise, en particulier, à faire entendre un discours autonome des malades.

En 1966, Claudine Herzlich soutient sa thèse en psychologie sociale. En 1968, elle est sollicitée par un certain nombre de groupes médicaux qui réfléchissent sur le pouvoir médical et s’intéressent à la parole des malades. En 1969, elle publie “Santé et maladie. Analyse d'une représentation sociale”, ouvrage issu de son travail de thèse. Au début des années 1970, elle s’attache également aux problèmes d’économie de la santé.

En préparant la bibliographie de sa thèse, Claudine Herzlich tombe sur un numéro spécial de Current Sociology (1961-1962), édité par Eliot Freidson, sur le thème de la sociologie de la médecine. En 1970, grâce à une mission de l’Inserm, elle rencontre celui-ci à New York et lui montre son premier article. L’américain citera ce papier dans son ouvrage “Professional medicine”, paru la même année.

En 1974, elle ouvre un séminaire sur le thème de la sociologie de la santé à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). A l’instigation de l’anthropologue Marc Augier, elle y ouvre un autre séminaire dans les années 1980 : “Anthropologie et sociologie de la maladie”.

En 1986, la création du CERMES (Centre de recherche médecine, science, santé et société), par Claudine Herzlich, marque la reconnaissance, notamment par l’Inserm du caractère social et culturel, autant que biologique, des problèmes de santé et de la nécessité de les étudier sous cet angle. Le CERMES regroupe une quinzaine de chercheurs se définissant par un double cadre de références : l'étude de la santé, de la maladie et de la médecine, d'une part, les modes d'approche des sciences sociales, d'autre part. Il est organisé en trois équipes disciplinaires : sociologie, économie, anthropologie. Dans la perspective des travaux du CERMES, la maladie ne se réduit pas à sa réalité biologique et aux conceptions qu'en élabore la médecine. Elle est analysable à d'autres niveaux que celui d'un corps individuel, à travers l'ensemble des pratiques et des discours qu'une société élabore à son égard. Il s'agit donc d'étudier la maladie comme phénomène social irréductible à la médecine.

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