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Claude Kordon

Neuro-endocrinologue (1934-2008)

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Au début des années 1960, Claude Kordon concentre ses efforts sur la question de la reproduction, comme le montrent ses travaux menés avec F. Gogan et Anne Moskowka-Kagan sur l’influence de lésions hypothalamiques sur la fonction génitale chez la rate, le rat et le canard mâle. Ce sujet, initié par Jacques Benoit, son maître, avait pour objectif initial de localiser dans l’hypothalamus les réseaux neuronaux commandant les sécrétions hormonales de l’hypophyse.

A partir de 1962, suite à la description des neurones aminergiques centraux, sur la base de travaux d’histofluorescence de Falck, il se lance dans l’étude du rôle de ces amines, devenues des neuromédiateurs, sur les régulations neuro-endocriniennes.

La description, à partir de 1962, des neurones aminergiques centraux, Hillarp et toute l’équipe du Karolinska Institute à Stockholm lui donnent l’idée d’étudier le rôle de ces amines sur les régulations neuro-endocriniennes.

C’est ainsi que le 26 mars 1966, Claude Kordon présente, devant un jury éminent composé d’Alfred Jost, Jacques Benoit, Pierre Ruser et son professeur à Genève, Kitty Ponse, deux thèses, l’une sur le contrôle hypothalamique des fonctions gonadotropes femelles chez le rat et l’autre sur les amines biogènes et le contrôle des fonctions hypothalamo-hypophysaires, qui apporte une contribution à la cartographie des territoires mono-aminergiques régulant la fonction hypophysaire.

En conclusion de ce travail mémorable, il écrit “l’action directe des mono-amines sur le parenchyme hypophysaire reste peu claire. On peut en trouver dans la glande elle-même où elles ont peut-être d’autres rôles que celui de régler le débit sanguin au niveau du système porte. Nous pourrons sans doute résoudre ce problème par des approches in vitro, en étudiant les mono-amines, leurs inhibiteurs et leurs libérateurs. Il paraît d’ores et déjà possible que les mono-amines, exerçant des actions, différentes et parfois complémentaires à différents niveaux nerveux, puissent constituer des éléments d’un codage de l’information neuroendocrinienne”. Cela se révélera parfaitement juste.

En 1970, Claude Kordon part pour la Californie, chez Charles Sawyer où il est l’un des premiers à développer les dosages radio-immunologiques.

De retour des États-Unis, il crée l’unité de recherche Inserm 159 de neuro-endocrinologie à l’hôpital Sainte-Anne avec Jean-Charles Schwartz. Claude Kordon et ses collaborateurs, tout en continuant leurs travaux sur le rôle des mono-amines, en particulier de la sérotonine, dans la libération des hormones gonadotropes, se tournent vers l’étude de nouveaux neuromédiateurs, les neuropeptides hypothalamiques, dont on soupçonnait l’existence depuis longtemps, mais qui venaient seulement d’être caractérisés. Ils étudient in vitro la sécrétion puis la synthèse de la LH-RH (Luteinizing Hormone-Releasing Hormone), comme Claude Kordon l’avait déjà envisagé dès 1966.

Ces travaux ont donné lieu à un nombre impressionnant de publications qui ont permis de relier amines et neuropeptides dans la régulation des fonctions neuro-endocriniennes. Claude Kordon a apporté les preuves d’une régulation multifactorielle - comme il aimait le rappeler -, mais fine et précise, de la synthèse et de la libération des trois peptides hypothalamiques découverts par Andrew Schally et Roger Guillemin que sont la LH-RH, la TRH (Thyrotropin-Releasing Hormone) et la somatostatine et leur régulation par d’autres peptides comme le VIP (Vasoactive Intestinal Peptide) et les opiacés. Ces résultats démontraient clairement et pour la première fois ce que l’on a appelé la neuromodulation.

Ce thème prend une place de plus en plus importante dans ses travaux. Claude Kordon s’intéresse alors aux interactions entre les neuro-hormones comme la dopamine, la somatostatine, le VIP, les opiacés, la neurotensine, en particulier dans le contrôle des sécrétions des hormones hypophysaires, l’hormone de croissance, la prolactine et l’hormone thyréotrope au niveau hypothalamique comme au niveau hypophysaire.

Ces études se prolongent par l’analyse des récepteurs et des mécanismes de transduction intracellulaire responsables de cette intégration de l’information au niveau des cellules hypophysaires. Une direction nouvelle est apportée par l’étude des altérations de ces mécanismes dans des contextes physiopathologiques, notamment dans les tumeurs hypophysaires humaines.

Ces études seront ensuite poursuivies à Marseille par Alain Enjalbert avec la création d’une unité CNRS associant des fondamentalistes et des cliniciens.

Dans les années 1980, les régulations hypophysaires lui offrent la possibilité de mettre en exergue toute sa curiosité. Il développe une thématique qui l’amène au Brésil, concernant l’impact de la malnutrition sur les fonctions hypophysaires, et une autre de neuro-immuno-endocrinologie avec Laurent Degos.

Claude Kordon se tourne ensuite vers un sujet qui était présent à l’état embryonnaire dès la création de son unité de recherche, en 1975, et qui sera mis en œuvre par Jacques Epelbaum en 2001, avec la création de l’unité Inserm 549 “Neurobiologie de la croissance et de la sénescence”.

Du Chili aux Pays de l’Est, en passant par l’Inde, Claude Kordon a permis de renforcer les collaborations scientifiques internationales avec des pays qui n’étaient pas les plus souvent cités dans la recherche biologique. Homme d’une extraordinaire ouverture d’esprit et d’idées, il a souvent, dans l’ombre, aidé à faire comprendre aux hommes politiques l’importance que représente la recherche pour un pays comme la France, et les moyens qu’il faudrait lui donner.

Son activité scientifique est, en quelque sorte, étroitement liée à cet esprit ouvert, communicatif. La cellule est ainsi au centre d’un réseau linguistique parlant en images, en signaux, en messagers chimiques et en récepteurs entre plusieurs systèmes imbriqués, aussi complexes que l’homme lui-même, et qui recouvrent les fonctions cérébrales, les mécanismes immunitaires et les régulations hormonales.

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