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Claude Kordon

Neuro-endocrinologue (1934-2008)

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Claude Kordon et Constant Burg, directeur général de l'Inserm de 1969 à 1979 - © Inserm, M. Depardieu

Claude Kordon et Constant Burg, directeur général de l'Inserm de 1969 à 1979.

Peu de chercheurs peuvent avoir leur nom associé à une discipline. C’est pourtant le cas de Claude Kordon pour la neuro-endocrinologie, qui a consacré ses recherches à l’étude des interactions entre le cerveau et les hormones. Cette discipline, pendant longtemps cantonnée à l’étude de la neurosécrétion et des relations entre l’hypothalamus et l’hypophyse, a servi de modèle à de nombreuses orientations des neurosciences. Ce sujet fut l’un des premiers abordé par Claude Kordon.

Au début des années 1960, Claude Kordon concentre ses efforts de recherche sur la reproduction, Il étudie l’influence de lésions hypothalamiques sur la fonction génitale de la rate, du rat et du canard mâle. Ce sujet avait pour objectif initial de localiser dans l’hypothalamus (structure toujours ignorée de la plupart des neurobiologistes) les réseaux neuronaux commandant les sécrétions hormonales de l’hypophyse. Ces travaux vont fonder et lancer sa carrière. La description, à partir de 1962, des neurones aminergiques centraux lui donnent l’idée d’étudier le rôle de ces amines, devenues des neuromédiateurs, sur les régulations neuro-endocriniennes.

En 1966, Claude Kordon s’illustre en présentant, devant un jury éminent, deux thèses, l’une sur le contrôle hypothalamique des fonctions gonadotropes femelles chez le rat et l’autre sur les amines biogènes et le contrôle des fonctions hypothalamo-hypophysaires, qui apporte une contribution à la cartographie des territoires mono-aminergiques régulant la fonction hypophysaire.

L’action directe des mono-amines sur le parenchyme hypophysaire restant encore peu claire, il oriente ses recherches sur la glande hypophyse elle-même, supposant que ces amines jouent peut-être d’autres rôles que celui de régler le débit sanguin au niveau du système porte. Il se lance dans l’étude des mono-amines, de leurs inhibiteurs et de leurs libérateurs et démontrera que les mono-amines, exerçant des actions différentes et parfois complémentaires à différents niveaux nerveux, constituent des éléments d’un codage de l’information neuro-endocrinienne.


Le nom de Claude Kordon est associé à toutes ces découvertes et à toutes ces avancées considérables de la connaissance qui nous conduisent vers la mise en place de règles générales de la communication cellulaire sans frontière entre les disciplines. Les neurosciences n’échapperont pas à ces règles. Elles évolueront en parallèle avec les autres disciplines du vivant, apportant des aspects conceptuels nouveaux, mais aussi adaptant les idées et les méthodologies innovantes venant d’autres domaines. C’est en cela encore que Claude Kordon a énormément apporté à notre communauté scientifique, et la notoriété de son œuvre dépasse depuis longtemps déjà nos frontières, Il a mis en pratique “le langage des cellules”, câblage extraordinairement complexe, dont la compréhension représente l’un des défis de notre temps et qui nous permet, selon ses propres termes, “de respecter cette condition essentielle de toute activité innovante : la liberté de création”.
Extrait de William Rostène, le 17 mars 2000


Parmi les travaux pour lesquels Claude Kordon et ses collaborateurs ont occupé une place prépondérante, il convient de citer :

- les études sur les neuropeptides, en particulier hypo-physiotropes, sur lesquels l’industrie pharmaceutique développé de nouveaux médicaments pour le traitement de maladies mentales, neurodégénératives, et dans la régulation des rythmes biologiques ;

- le rôle des mono-amines et des neuropeptides dans la régulation des fonctions hypophysaires, de la reproduction aux réponses au stress, en passant par la croissance ;

- la mise en évidence de l’importance des hormones stéroïdiennes dans les fonctions cérébrales, que ce soit dans les phases du développement du cerveau, comme dans le traitement d’affections aussi variées que les maladies d’Alzheimer, de Parkinson et les accidents cérébraux, certains états dépressifs, et dans les mécanismes de stress ;

- l’étroite interaction entre système nerveux et système immunitaire, et l’importance des cytokines et des chémokines comme messagers de l’inflammation, mais également du maintien de l’homéostasie.

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