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Claude Griscelli

Pédiatre, immunologiste, directeur général, né le 2 mars 1936

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La vocation de médecin de Claude Griscelli est née très tôt durant son enfance au Maroc. Sa première expérience médicale est malheureusement personnelle, puisqu’en 1950, il contracte la tuberculose et doit rester alité pendant un an. Il est vraisemblable que cette situation a, entre autres, déterminé sa vocation de pédiatre. Il a mené ses études à la faculté de médecine de Paris en 1956. L’enseignement clinique et théorique remarquable de Pierre Mozziconacci, chef du service de pédiatrie à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre le marque profondément et oriente son choix, en 1962, de jeune interne des hôpitaux vers l’hématologie pédiatrique.

Interne chez Jean Bernard, à l’hôpital Saint-Louis, il s’initie à la recherche dans l’unité Inserm 108 “Immunochimie et immunopathologie” dirigée par Maxime Seligmann. En 1967, Claude Griscelli part aux Etats-Unis dans le Department of Pathology de Baruj Benaceraff, à New York University, où il travaille avec Robert T. McCluskey et Pierre Vassalli, un ancien interne des hôpitaux de Paris (chez Jean Hamburger), avec lequel il mène ses premiers travaux importants de recherche fondamentale.

A son retour des Etats-Unis, il est assistant des hôpitaux en pédiatrie à l’hôpital Necker. Au début des années 1970, avec le concours de plusieurs jeunes externes dont Alain Fischer et le fils de Pierre Aigrain (directeur de la DGRST), il crée le club des “jeunes lymphomaniaques”. Pierre Aigrain lui apporte alors son aide pour monter une équipe de recherche, au sein de l’unité Inserm 132 “Immunologie et rhumatologie pédiatrique”, dirigée par Pierre Mozziconacci. Avec Pierre Vassali, Claude Griscelli décrit l’existence d’un cycle hémolymphatique des lymphocytes intestinaux, travaux qu’il poursuit avec Delphine Guy-Grand.

C’est à cette époque qu’il commence à s’intéresser aux déficits immunitaires héréditaires, maladies rares associées, chez les enfants qui en sont atteints, à une susceptibilité aux maladies infectieuses sévères. Avec ses collaborateurs, il recherche alors des anomalies immunitaires chez des enfants ayant une fréquence ou une gravité anormale des maladies infectieuses de toutes natures. L’association du service clinique d’immuno-hématologie du département de pédiatrie de l’hôpital Necker (où sont pris en charge des patients en provenance de toute la France et de l’Europe) et de l’unité de recherche Inserm 132 va permettre à Claude Griscelli et ses collaborateurs de compter parmi les cinq à dix grandes équipes dans ce domaine reconnues dans le monde. Sur une centaine de déficits immunitaires connus, ils en décrivent ainsi une dizaine, de façon exclusive ou simultanément avec d’autres équipes. La caractérisation des mécanismes en cause dans ces maladies permet d’en déduire des mécanismes physiologiques qui sont confirmés par les modèles expérimentaux animaux et d’entretenir ainsi un dialogue constant entre recherche fondamentale et recherche clinique.
C’est à partir de l’intuition d’une maladie nouvelle, qu’il avait eu en 1971 en examinant une enfant aux cheveux gris argentés qui présentait des signes infectieux sur le visage, que Claude Griscelli décrit, en 1978, la maladie du “déficit immunitaire et albinisme partiel”, devenue la maladie de Griscelli. Dans ce déficit immunitaire, il existe une anomalie de toutes les activités de cytotoxicité (cellules NK – Natural Killers, lymphocytes T cytotoxiques) et un albinisme (habituellement dû à un défaut de production de mélanine), qui est en rapport avec un défaut de transfert des mélanosomes. Avec Alain Fischer et Geneviève de Saint-Basile, ils montrent ultérieurement qu’il existe deux formes de cette maladie : le syndrome de Griscelli de type 1, associant hypomélanose et anomalies neurologiques sans déficit immunitaire ou syndrome hématophage, et le syndrome de Griscelli de type 2 avec déficit immunitaire.

En 1978, Claude Griscelli décrit une forme de la maladie de Bruton, agammaglobulinémie accompagnée d’un défaut de lymphocytes B, et une autre maladie, dans laquelle il met en évidence un défaut génétique touchant uniquement les lymphocytes T, appelé “défaut sélectif des précurseurs de lymphocytes T”. C’est pour cette deuxième maladie que la toute première greffe de moelle osseuse a été réussie sur une fillette. Claude Griscelli conçoit alors un système de “bulle stérile” pour traiter les malades atteints d’agammaglobulinémie par greffe de moelle. Il s’aperçoit, ensuite, comme pour la maladie de Griscelli, qu’il y a deux maladies en une, caractérisées par un défaut en lymphocytes T. L’une de ces maladies, transmise sur un mode lié au sexe, touche uniquement les garçons, l’autre touche les garçons et les filles. Cinq premiers enfants atteints par cette maladie (bébés bulle) ont été traités avec succès en 1999 par thérapie génique par Alain Fischer et Marina Cavazzana (première mondiale). Dans ce cas précis, il y avait un avantage sélectif très intéressant, car lorsque le gène normal est introduit dans les cellules précurseurs de la moelle osseuse, celles-ci se développent sans obstacle.

Claude Griscelli et ses collaborateurs ont caractérisé également un déficit immunitaire dans lequel tous les lymphocytes T et B sont présents, mais non fonctionnels. Ils ne produisent pas d’anticorps et les cellules T ne sont donc pas tueuses. Avec Bernard Mach à Genève, il montre que cette maladie résulte d’une synthèse défectueuse des molécules HLA de classe I et de classe II.

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