toggle
ICON
Haut de page
Taille du texte
Ajouter au favoris
Imprimer
Envoyer à un ami
Partager

Claude-Agnès Reynaud

Chercheure, immunologiste, née le 6 mars 1953

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Les recherches de Claude-Agnès Reynaud portent sur les mécanismes moléculaires et cellulaires du développement et de la diversification du répertoire immunitaire des cellules B, cellules qui permettent la génération des anticorps. Ses travaux ont permis de découvrir des mécanismes de plasticité du génome à l'origine de l'adaptabilité du système immunitaire dans différentes espèces.

L'essentiel des travaux de Claude-Agnès Reynaud, menés au cours de plus de trois décennies de partenariat scientifique avec Jean-Claude Weill, ont porté sur les questions de génération du répertoire des anticorps. L'analyse de modèles animaux a permis de révéler la diversité des stratégies utilisées dans les différentes espèces animales. Sa démarche, axée à la fois sur les mécanismes moléculaires et les stratégies de développement, a permis la description de nouveaux processus, comme la conversion génique dans la bourse de Fabricius des oiseaux ou l'hypermutation somatique dans les plaques de Peyer iléales des ruminants. Ces processus sont des stratégies alternatives à la combinatoire des gènes des immunoglobulines effectuée par le processus de recombinaison génique, permettant la création de l'immense diversité des structures de reconnaissance des anticorps. L'identification, en 2000, d'un gène commun à l'initiation de ces processus, le gène codant l'activation-induced cytidine deaminase ou AID, a permis une vision unifiée de ces mécanismes de diversification. Le processus de conversion génique dans les cellules B de poulet est maintenant une notion classique, décrite dans les manuels d'immunologie ou de biologie moléculaire.

Plus récemment, elle a pu identifier chez l'homme une population lymphocytaire constituant une première ligne de défense, à mi-chemin entre la réponse innée et la réponse adaptative, et qui a conservé cette capacité à diversifier son répertoire par des mécanismes analogues à ceux décrits dans les tissus lymphoïdes associés à l'intestin des ruminants.

Elle a également démontré le rôle d'ADN polymérases mutagènes dans les divers processus d'assemblage et de diversification des gènes d'immunoglobulines et, notamment, la participation des ADN polymérases "translésionnelles" au processus d'hypermutation somatique des gènes des immunoglobulines. Ces travaux ont mis en évidence une surprenante conservation des activités enzymatiques mobilisées lors de la réponse SOS des bactéries, qui leur permet de survivre à des conditions de stress, et lors de la réponse du système immunitaire face à l'agression des pathogènes. Par ces observations, elle a contribué à décrire, avec un petit nombre de chercheurs, le mécanisme moléculaire unique, longtemps resté mystérieux, qui permet la maturation de l'affinité de la réponse immune, la marque de la mémoire immunitaire portée par les lymphocytes B.

Depuis plusieurs années, ses activités portent sur différents aspects de la mémoire immunitaire, le processus physiologique qui sous-tend la démarche vaccinale, afin de comprendre les processus qui permettent l'extrême longévité de la réponse humorale, notamment contre les maladies rencontrées dans l'enfance (rougeole, oreillons) ou contre certain vaccins (variole, fièvre jaune). Ce nouveau projet s'est développé autour d'un modèle murin original permettant le suivi à long terme des cellules immunes activées lors d'une réponse spécifique, un modèle qui a déjà permis une redéfinition des acteurs de la réponse immune à mémoire avec une dichotomie entre les cellules effectrices, sécrétrices d'anticorps protecteurs, et les cellules chargées du maintien de nouveaux cycles de réponse. Ces études sont également développées chez l'homme, soit par le biais de la vaccination anti-variolique, soit par l'étude des plasmocytes persistant au cours des réponses auto-immunes.

Actuellement, les travaux de l'unité sont centrés autour de l'étude des voies de différenciation des lymphocytes B et des mécanismes moléculaires responsables de la formation de leur répertoire d'anticorps. Claude Agnès Reynaud a reçu avec Jean-Claude Weill, son plus proche collaborateur, le prix d’honneur de l’Inserm en 2017 pour l’ensemble de leurs travaux dans le domaine de l’immunologie.

Voir Modifier Créer ici
Facebook Twitter Google+ Linkedin Viadeo Delicious StumbleUpon Evernote Scoop it Netvibes