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Bernard Halpern

Médecin, allergologue, pharmacologue, immunologiste (1904-1978)

Présentation Biographie Publications et ouvrages

Dès 1934-1935, en étudiant les venins de serpents, Bernard Halpern s'intéresse aux médiateurs chimiques produits par l’organisme (endogènes). Il suggère que le venin de vipère agit par libération de l'histamine endogène. Ainsi, dès 1935, il pressent que certains processus pathologiques relevaient d'un mécanisme indirect impliquant la mise en liberté de substances toxiques contenues normalement dans les cellules. Par des manipulations in vitro, il étudiera, plus tard le mécanisme de l'anaphylaxie (phénomène d'hypersensibilité).

Timbre-poste à l'effigie de Bernard Halpern (1987)

Timbre-poste à l'effigie de Bernard Halpern (1987)

Dans les laboratoires de Rhône-Poulenc, Bernard Halpern se consacre essentiellement à l'étude des applications thérapeutiques des anti-histaminiques. En 1937, Bovet et son assistant Staub, travaillant à l'Institut Pasteur, avait rapporté l’action de dérivés de la diéthylamine, préalablement synthétisés par Fourneau, qui s’opposait à certaines actions de l’histamine. En raison de leur très mauvaise tolérance à faible dose, tant chez l’homme que chez l’animal, les recherches avaient alors été abandonnées.

En 1942, il démontre l’utilité anti-allergique de l’Antergan®, premier anti-histaminique utilisé en clinique humaine. Il en étudie le rôle dans le traitement de diverses formes d’allergie.

En 1942, Rhône-Poulenc développe l’Antergan®, dont Bernard Halpern en étudie, notamment sur le plan clinique, les propriétés anti-histaminiques et anti-anaphylactiques et le rôle des anti-histaminiques dans le traitement de diverses formes d’allergie. En 1945-1946, il décrit les propriétés physiologiques et les effets thérapeutiques des dérivés de la phénothiazine et, en particulier, ceux du Phénergan®. Par ailleurs, il montre que ces substances ont une action sédative sur le système nerveux central, en relation avec leur action adrénolytique et anti-histaminique centrale.

C’est l’époque des débuts de la pharmacologie où la France est alors au plus haut. Dans cette période bouillonnante, au début de l’ère thérapeutique, Bernard Halpern sera un acteur majeur qui contribuera largement au succès et à la place de son pays dans cette compétition en voie d’émergence.

Dans le laboratoire de Pasteur-Vallery-Radot, il travaille ensuite sur l'anaphylaxie et les problèmes d'hypersensibilité, ce qui le conduit à étudier des mécanismes généraux de l'immunité. Il montre ainsi que les phénomènes immunitaires et les phénomènes d'hypersensibilité relèvent du même mécanisme fondamental : “Dans un premier stade, il y a reconnaissance, par certaines cellules spécialisées, de la nature hétérologue (étrangère à l’organisme) de la substance ou de la cellule (greffe). Cette information est transmise à d'autres populations cellulaires qui réagissent par l'élaboration de globulines spéciales appelées anticorps”.

En 1950, Bernard Halpern fait des recherches expérimentales sur l'équilibre hydrique avec Jean Hamburger. Son activité clinique et ses travaux de recherche se déroulent alors à l’hôpital Broussais où il accueille, dans son service de clinique des maladies allergiques, des élèves du monde entier et diversifie ses travaux de recherche. Parmi ses proches collaborateurs, on peut citer Alain Zweibaum, Guido Biozzi, Claude Stiffel et Baruj Benacerraf, futur prix Nobel, qui retournera aux États-Unis après avoir passé huit ans chez Bernard Halpern.

Entre 1951 et 1959, c’est avec eux que Bernard Halpern travaille sur le système réticulo-endothélial. Ce dernier a comme activité essentielle la phagocytose qui aide à la lutte de l’organisme contre l'invasion microbienne, mais qui contribue également à débarrasser l’organisme des déchets cellulaires. Il tente de mieux comprendre ce phénomène, de façon expérimentale, afin de connaître les lois qui le régissent ainsi que ses réactions et ses responsabilités dans certaines maladies.

Le rôle de l'histamine dans les réactions d'hypersensibilité a été le fondement de ses recherches au cours des années 1950-1965. Bernard Halpern remet en cause les théories de Franck Burnet, co-lauréat du prix Medawar pour le prix Nobel, selon lesquelles la définition individuelle de tolérance immunitaire (reconnaissance du soi et rejet du non-soi) est due au fait que les populations cellulaires compétentes, capables d'induire la formation

d'anticorps contre les éléments propres de l'organisme, s'éteignent au moment de la naissance, en ne laissant que des clones cellulaires qui sont capables de reconnaître les éléments antigéniques.

De 1960 à 1976, une des lignes de recherche les plus importantes de Bernard Halpern concerne le sérum anti-lymphocytaire, destiné à pallier le problème de rejet des greffes. En 1964, il découvre la tendance des cellules cancéreuses à s'agglomérer en tumeur dans un organisme en mouvement.

Bernard Halpern fut un grand savant et un grand médecin. Homme d’une générosité exceptionnelle, ses travaux eurent toujours pour objectif premier de soulager les souffrances humaines. Malgré les drames historiques dont il fut le témoin et la victime, depuis les persécutions tsaristes jusqu’à l’occupation nazie, il ne se départit jamais de son idéal scientifique et médical et d’un profond humanisme.

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