toggle
ICON
Haut de page
Taille du texte
Ajouter au favoris
Imprimer
Envoyer à un ami
Partager

Antoine Triller

Médecin, neurobiologiste, né le 23 mai 1952

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

L'enjeu fondamental des recherches menées par Antoine Triller est la compréhension des bases cellulaires et moléculaires de la communication neuronale. Ces recherches sont réalisées, notamment, à partir du modèle de la synapse glycinergique, synapse inhibitrice qui prédomine dans la moelle épinière et le tronc cérébral.
L’objectif est donc de chercher à comprendre les mécanismes fondamentaux qui contribuent à structurer la membrane post-synaptique, ainsi que les dysfonctionnements, ces derniers étant à l'origine de désordres moteurs avec hypertonie et spasticité.

Au début des années 1980, en travaillant sur le modèle d'étude de la cellule de Mauthner avec Henri Korn, il explore les bases structurales des mécanismes de la libération quantique des neurotransmetteurs dans le système nerveux central. Il développera aussi une approche de morphologie ultrastructurale sous la direction de Constantino Sotelo, directeur de l’unité Inserm 106 de neuromorphologie. Son parcours s'est toujours accompagné d'un fort engagement pour le développement d'approches technologiques originales, souvent en partenariat avec des physiciens. En 1985, il a été le premier à visualiser, en microscopie électronique, un récepteur dans les synapses du système nerveux central et à montrer que les récepteurs des neurotransmetteurs sont concentrés en face des zones de libération des vésicules synaptiques.

Au milieu des années 1990, il rejoint le département de biologie de l’Ecole normale supérieure (ENS) et crée l’unité Inserm 497 "Biologie cellulaire de la synapse" en 1998. Il réoriente alors ses activités vers l'étude des mécanismes moléculaires et cellulaires, qui contrôlent le recrutement et le trafic des récepteurs dans la synapse. Parmi ses contributions importantes, il a montré que la nature du système de neurotransmetteur de l'élément présynaptique (glycine ou GABA) déterminait le type de récepteur s'accumulant dans la densité post-synaptique. Il a démontré la présence très spécifique dans les dendrites, d'ARN messagers codant pour une sous-unité des récepteurs de la glycine ; ces derniers étant associés à des organelles sous-synaptiques constituant une micro-machinerie indispensable à la synthèse rapide et à l'insertion de ces récepteurs dans les synapses.

Dans les années 2000, il passe d'une vision statique des molécules synaptiques à une imagerie dynamique à haute résolution. Il montre alors, avec Daniel Choquet, que les récepteurs des neurotransmetteurs sont mobiles dans le plan de la membrane, dans et hors de la fente synaptique. Il démontre que les récepteurs des neurotransmetteurs sont en équilibre entre sites synaptiques et extrasynaptiques. Associé à des physiciens comme Maxime Dahan, il développe et popularise l'usage des "quantum dots" pour la biologie cellulaire. Cette avancée a fait l’objet d’un article fondateur dans Science, journal qui a considéré cette approche comme l’une des percées technologiques majeures de l'année 2003. De multiples mécanismes moléculaires, dont beaucoup restent encore à découvrir, sont ensuite identifiés comme responsables de la régulation de ces mouvements et de l’accumulation des récepteurs aux synapses. Antoine Triller a été particulièrement productif dans la mise en lumière des mécanismes de l'adressage, de la stabilisation et de la plasticité des récepteurs inhibiteurs. En parallèle à ces nombreuses découvertes expérimentales sur la biologie synaptique, il met en place de puissantes méthodes quantitatives permettant une analyse de la dynamique des récepteurs avec un formalisme dérivé de la mécanique statistique, reliant ainsi la stochasticité des processus moléculaires à la variabilité de la transmission synaptique.

Depuis le début des années 2000, Antoine Triller a joué un rôle majeur dans l’évolution de la recherche en neurosciences à Paris, en particulier comme créateur en 2010 de l'institut de biologie de l'école normale supérieure (IBENS). Dans cette structure, Il a complètement réorganisé la recherche, en favorisant l'indépendance intellectuelle et économique des équipes. Cela a conduit au recrutement d'une quinzaine d'équipes, sans spécificité thématique à priori, toutes étant impliquées dans des recherches fondamentales ayant pour objet les processus au cœur du vivant. Avec Daniel Louvard et Jacques Prost, il est à l'origine de la Fondation Pierre-Gilles de Gennes dont le but est de promouvoir la fertilisation mutuelle entre biologie, physique et chimie, avec pour objectif des développements bio-médicaux innovants. Sous l'impulsion de Christian Bréchot, il a lancé l'école de l'Inserm avec Philippe Ascher et Jean Claude Chottard. Cette école très originale offre un cursus scientifique spécifique aux meilleurs des étudiants en médecine afin de les immerger dans l'aventure de la recherche scientifique. Enfin, il a été un des acteurs des initiatives d'excellence en promouvant le labex Memolife. Celui-ci associe des laboratoires de recherche en biologie, en physique et en mathématiques, qui abordent un des aspects les plus fascinants du vivant, les processus de la mémoire, des gènes aux réseaux de neurones, en passant par les mécanismes de l'évolution.

Voir Modifier Créer ici
Facebook Twitter Google+ Linkedin Viadeo Delicious StumbleUpon Evernote Scoop it Netvibes