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André Boué

Médecin généticien (1925-2012)

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Le parcours d’André Boué, quoique très atypique, est, en fait, d’une grande cohérence.

En 1950, passionné par la réanimation médicale, André Boué décide de ne pas passer le concours de l’internat des hôpitaux et de partir pour Téhéran où il monte un service de réanimation et travaille sur les groupes sanguins. Il restera huit ans en Iran. Parallèlement, il travaille à l’Institut Pasteur de Téhéran dirigé par Marcel Balthazar où il s’initie aux techniques de culture cellulaire, qui vont constituer le fondement de la biologie moléculaire des années qui suivront. André Boué est le premier à avoir cultivé le virus de la variole, ce qui lui permet de produire la vaccine destinée à lutter contre cette affection.

Rentré en France en 1958, il rencontre Robert Debré qui lui confie la responsabilité d’une partie du laboratoire de Longchamp, au Centre international de l’enfance, où il travaille sur le virus de la poliomyélite.

Très intéressé par l’épidémiologie, il obtient un certificat de statistique épidémiologique. André Boué et avecson premier collaborateur, Philippe Lazar, jeune polytechnicien de l’INH, ils évaluent la possibilité d’arrêter une épidémie de poliomyélite, en vaccinant la population de Saint-Brieuc par le vaccin vivant Sabin, alors encore à l’essai. Soutenus dans cette initiative par Eugène Aujaleu à la Direction générale de la santé et par Robert Debré, ils parviennent ainsi, en 1962, à stopper l’épidémie.

En 1963, il part à Philadelphie où il travaille dans le laboratoire qui avait lancé le premier système de cultures de cellules humaines destinées à fabriquer des vaccins. A son retour, André Boué est l’un des rares scientifiques à savoir cultiver les cellules humaines.

André Boué et ses collaborateurs s’intéressent ensuite à la virologie, notamment, au virus de la rubéole, avec la mise au point de techniques de diagnostic. Ils parviennent à comprendre que l’affection ne survient qu'au cours de l'infection primaire et démontrent que la réinfection est sans danger pour l'embryon.

Décidé ensuite à étudier les malformations congénitales, il convainc Robert Debré de s’intéresser au phénomène des avortements spontanés. André Boué et ses collaborateurs sont les premiers, au plan mondial, à mener des recherches dans ce champ (cultures cellulaires de tissus d’avortement, études cytogénétiques, statistiques, démographiques).

André Boué étudie le rôle des anomalies chromosomiques dans les arrêts précoces du développement. Il mène ses travaux sur les anomalies de structure chromosomique, notamment, avec son épouse Joëlle Boué, cytogénéticienne.

Tous deux sont à l’origine d’une des études mondiales les plus importantes réalisée sur le sujet. Avec leur équipe, ils confirment d’abord les données des démographes selon lesquelles une conception sur trois parvient à son terme. En utilisant la culture cellulaire et l’analyse chromosomique de cellules embryonnaires et fœtales, ils montrent, ensuite, que deux tiers des conceptions qui n’arrivent pas à terme sont en rapport avec une anomalie chromosomique.

À partir des années 1970, très logiquement, André Boué et ses collaborateurs vont travailler sur le diagnostic prénatal et le développement.

La maîtrise des techniques de cytogénétique et l’accès au liquide amniotique leur permettent de mettre au point le diagnostic prénatal. Ils passent ainsi d'une recherche fondamentale, la mise en évidence d’anomalies chromosomiques létales pour le fœtus, à une application médicale diagnostique des anomalies chromosomiques allant à terme.

Ne se limitant pas à l’analyse cytogénétique, André Boué et sont équipe réalisent, parallèlement, un travail très important sur la biologie du fœtus intégrant cytogénétique, biochimie puis biologie moléculaire. Avec l’apport de l’étude biochimique du liquide amniotique, André Boué crée et décrit une véritable médecine du fœtus et diagnostique de nombreuses affections prénatales (anomalies chromosomiques, malformations, maladies héréditaires monogéniques).

Avec ses collaborateurs, il travaille ainsi sur le diagnostic prénatal de la mucoviscidose. En 1986, dans une étude portant sur 200 grossesses, ils montrent que leur méthode de diagnostic prénatal de la mucoviscidose, qui repose sur l’analyse enzymatique (gamma-glutamyl-transpeptidase, aminopeptidase M, phosphatase alcaline) du liquide amniotique durant le second trimestre de la grossesse, est fiable dans 98 % des cas. Ils utilisent ensuite les outils de la génétique moléculaire, notamment, les polymorphismes associés au gène responsable, ce qui conduit à l’identification de nombreuses mutations.

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