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Hôpital Sainte-Marguerite

Marseille

En 1857, le ministère de l’Intérieur ordonne le transfert de l’hospice de la Charité de Marseille (appelé également “La vieille Charité”) sur un nouveau site implanté au sud de la ville.

L’objectif est double : il s’agit de répondre aux besoins d’une population en augmentation et de remplacer un établissement devenu vétuste et insalubre. En 1885, la première pierre de la “Nouvelle Charité” est posée, mais les travaux vont rapidement s'arrêter par manque d'argent, car l’hospice ne dispose pas de fonds propres. L’établissement se tourne vers l’État et lui demande deux millions de francs, mais ce dernier refuse. Cependant, l’établissement obtient de l’État l'autorisation d'organiser une loterie. L'argent ainsi récolté sert non seulement à l’achèvement de la construction, mais également à la restauration de deux autres hôpitaux marseillais : l'Hôtel-Dieu et l'hôpital de l'Immaculée-Conception. En 1897, soit douze ans après la pose de la première pierre, la Nouvelle Charité entre en service, permettant la fermeture définitive de l'ancien hospice. L'ensemble, comporte 1 000 lits dont 100 lits d'infirmerie. À partir de 1934, l'hospice est progressivement transformé en hôpital, avec l'ouverture du service de médecine.

En 1958, il prend le nom d'hôpital Sainte-Marguerite, en référence à son quartier d’implantation, et se modernise avant d’être regroupé avec l’hôpital Salvator au sein d’un ensemble baptisé “Hôpitaux Sud” pour constituer l’un des trois pôles de l’Assistance publique – hôpitaux de Marseille (AP-HM).

La fin des années 1960 voit l’implantation des premières unités de recherche Inserm sur le site de l’hôpital, avec la construction de deux bâtiments : le centre Inserm de la Gaye et le centre Inserm Mozart. Ces unités vont travailler en étroite complémentarité avec les services hospitaliers, favorisant ainsi les interactions entre recherche et clinique.

En 2010, l’AP-HM donne une nouvelle orientation à l’hôpital Sainte-Marguerite. D’établissement généraliste traitant de nombreuses pathologies, l’hôpital va se transformer en un site hautement spécialisé dans les soins de suite, la rééducation, la gériatrie et la psychiatrie. Les pathologies liées à l’appareil locomoteur profitent ainsi, en 2011, de la création d’une structure unique en son genre associant à la fois, des services de soins (chirurgie de l’arthrose, traumatologie, rhumatologie, médecine du sport) et une structure de recherche et d’enseignement. Baptisé Institut du mouvement et de l’appareil locomoteur, ce centre dispose, en outre, de laboratoires de recherche associant l’Inserm, le CNRS et l’université de la Méditerranée. Cette double compétence permet de perpétuer le pont entre recherche fondamentale et clinique.

Quelques contributions de l’Inserm à la recherche sur le site de l'hôpital

Recherches expérimentales en neurobiologie

Dès le début des années 1960, une des premières unités de l’Inserm à l’hôpital Sainte-Marguerite, l’unité 6 est créée et dirigée par Henri Gastaut. Les recherches menées par ce grand neurobiologiste ont concerné l’électro-encéphalographie (EEG) et l’épileptologie. Il élabore une classification électro-clinique des épilepsies qui connaîtra une très large audience internationale. Il met également en évidence les propriétés anti-épileptiques des benzodiazépines, devenues depuis lors l’arme essentielle du traitement des états de mal épileptique.

Paul Dell, neurobiologiste de grande renommée, d’abord directeur de l’unité de recherche Inserm de physiologie neurovégétative à l’hôpital Saint-Anne, à Paris, s’installe à Marseille où il travaille dans le laboratoire d’Henri Gastaut, auquel il succède en 1972, poursuivant ses recherches expérimentales sur le cerveau, en étudiant les mécanismes régulateurs de la vigilance et ceux qui régulent les mécanismes de l’induction du sommeil. Lui succèderont Henri Régis en 1976, puis Suzanne Tyc-Dumont.

L’unité de de neurobiologie, puis de neurocybernétique cellulaire, dirigée par Suzanne Tyc-Dumont, se consacre à l’étude du fonctionnement du système nerveux central. Les principales questions posées sont celles des divers modes de communications entre les neurones, ceux de la circulation des messages à travers les circuits nerveux et ceux de la fonction intégrative du neurone dans le traitement de l’information. L’objectif est de replacer les résultats obtenus dans le contexte fonctionnel des systèmes étudiés. Le laboratoire possède les multiples outils nécessaires à ces diverses voies d’approche. Un effort tout particulier est mis en œuvre sur les moyens informatiques pour développer les techniques d’analyse quantitative d’images adaptées à la neurobiologie.

Pathologies digestives et nutritionnelles

Henri Sarles, chef du service de gastro-entérologie de l’hôpital, crée, en 1962, l’unité de recherche de pathologie digestive implantée à proximité. Ses travaux portent sur les pancréatites et les pathologies des voies biliaires. Il a été l’un des premiers à démontrer l’existence d’un mécanisme inhibiteur de la sécrétion pancréatique. André Gérolami lui succède en 1985, poursuivant les recherche d’Henri Sarles avant de rejoindre l’unité de recherche 260 de physiopathologie des régulations hormono-nutritionnelles de Jean Boyer à la faculté de médecine de Marseille, puis de succéder à ce dernier en 1989.

Jacques-Christian Hauton crée et dirige l’unité de recherche 130 sur le transport des lipides en 1974, Huguette Lafont lui succédant en 1986. Leurs travaux portent sur les mécanismes d’action des enzymes lipolytiques pancréatiques et sur le rôle des fibres alimentaires dans l’absorption intestinale des lipides. Ils étudient également l’homéostasie du cholestérol (sa régulation) et enfin la qualité des aliments en nutrition.

Jean-Charles Dagorn dirige l’unité Inserm 315 “Physiologie et pathologie digestives” de 1988 à 2000. Ses recherches portent sur la structure et la fonction des inhibiteurs de croissance de la sécrétion pancréatique normale et pathologique et sur la régulation de l’expression des gènes codant pour les protéines du pancréas normal et pathologique.

Denis Lairon dirige l’unité 476 “Nutrition humaine et lipides : biodisponibiliré, métabolisme et régulation” de 1998 à 2006. Il étudie notamment la physiopathologie du cholestérol, ce lipide qui joue un rôle central dans de nombreux processus biochimiques et dans des pathologies telles que l’athérosclérose et les calculs biliaires.

Pneumologie et allergologie

Jacques Charpin, directeur de l’unité de recherche Inserm de physiopathologie de l’asthme et des syndromes obstructifs à partir de 1977, a mené ses travaux dans le champ de la pneumophtisiologie. Egalement chef du service de pneumologie, il travaille en étroite collaboration avec la clinique et s’illustrera de manière remarquable par ses études sur l’asthme et les phénomènes allergiques respiratoires. Il créera une véritable Ecole de pneumologie marseillaise. Jean Orehek lui succède en 1984, poursuivant et développant les travaux de Jacques Charpin.

Cardiologie expérimentale

Jean Torresani dirige l’unité Inserm 175 de cardiologie expérimentale de 1977 à 1985. Il mène ses recherches sur la biomécanique cardiovasculaire (mesure de l’écoulement sanguin dans la cavité ventriculaire gauche ; essais de prothèses valvulaires). Il évalue également le pronostic de l’infarctus du myocarde

Adhésion cellulaire – Défenses de l’organisme aux agressions

Pierre Bongrand a consacré ses travaux à l’étude de l’adhésion (ou adhérence) cellulaire, cet ensemble des mécanismes complexes mis en œuvre, permettant aux cellules d’adhérer entre elles pour former les tissus conjonctif musculaire, osseux… Il étudie également le phénomène de l’inflammation, qui est la réponse de ces tissus vivants vascularisés à une agression, voire à une destruction ; cette réponse fait intervenir des phénomènes d'immunité, c’est-à-dire de résistance aux agressions internes ou externes. Il dirige successivement l’unité de recherche Inserm 387 puis 600 “Adhésion et inflammation” de 1994 à 2010.

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