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Hôpital Necker-Enfants malades

Paris

Hôpital Necker – Enfants malades (Paris) © Photothèque numérique DSPC / AP-HP

Hôpital Necker – Enfants malades (Paris)

Necker-Enfants malades est le premier hôpital pédiatrique créé au monde. Sous l’influence de grands pédiatres visionnaires, au premier rang desquels Robert Debré, puis Pierre Royer, cet hôpital s’est imposé comme une référence internationale pour la recherche sur les maladies de l’enfant.

A l’origine, un hospice situé à l'emplacement d’un ancien couvent de Bénédictines est fondé en 1778 par Madame Necker, épouse du directeur général des finances de Louis XVI. Il compte une centaine de places et possède une particularité unique : c'est le premier hôpital parisien où les malades ont chacun un lit. Le nom de sa première directrice lui est finalement attribué en 1802. L’hôpital Necker est consacré à la médecine et à la chirurgie de l’adulte. Au XIXème siècle, René Laennec y invente le stéthoscope et vulgarise les règles de l’auscultation. Jean Casimir Félix Guyon crée le centre d’enseignement de l’urologie. En 1952, Jean Hamburger y réalise la première greffe du rein.

A proximité de cet ensemble, un autre lieu de soins était présent depuis de nombreuses années : la Maison royale de l'Enfant-Jésus, qui abrite à la fois un hôpital et un lieu réservé à l'éducation de paroissiennes de Saint-Sulpice. En 1794, l’établissement change de vocation et de nom pour devenir la Maison nationale des orphelins (puis Maison nationale des orphelines, l’année suivante).

Mais, en 1802, l’établissement change encore de nom, pour devenir l’hôpital des Enfants malades, sur l’emplacement de l’orphelinat. Il est alors le premier établissement pédiatrique existant dans le monde, avec 250 lits exclusivement réservés aux enfants de moins de 15 ans. 

En 1926, l'Assistance publique, contrainte d'appliquer un sévère programme d'économies, profite de la proximité des deux structures de la rue de Sèvres pour les fusionner au sein d’une nouvelle entité qui prend alors le nom d’hôpital Necker – Enfants malades.

Institut des maladies génétiques Imagine © Inserm/Delapierre, Patrick

Institut des maladies génétiques Imagine

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, c’est grâce au professeur Robert Debré, avec l’aide des médecins pédiatres du site, que l'hôpital Necker - Enfants malades devient le creuset de la recherche biologique et de la génétique médicale. Robert Debré y installe les premiers laboratoires de recherche et, notamment, ceux de Georges Schapira et de Jean-Claude Dreyfus, qui créeront et dirigeront l’unité 15 de recherche en pathologie moléculaire à l’hôpital Cochin, où il fondera son école.

A partir de 1964, date de la création de l’Inserm, issu de la transformation de l’INH, de nouveaux laboratoires Inserm verront le jour, créés et dirigés par des personnalités scientifiques de haut rang qui feront la renommée du site. Jean Frézal et Maurice Lamy y fonderont l’une des premières unités de recherche Inserm de génétique médicale, de même que Jean Hamburger en néphrologie.

L’hôpital est alors l’un des plus grands centres de transplantation. Le plateau technique y est particulièrement développé et performant. Le SAMU de Paris a son siège dans l’hôpital.

En 2008, l’hôpital Necker-Enfants malades change radicalement, avec la démolition de plusieurs bâtiments des XVIIème et XVIIIème siècles et la construction de nouveaux bâtiments, dont  le bâtiment Laennec, accueillant le pôle Mère-Enfant, ouvert en 2013, et l’Institut Imagine des maladies génétiques, un institut de recherche et de soins créé en 2007 et inauguré en 2014, ayant l’objectif de guérir les maladies génétiques.

Le passé prestigieux de cet hôpital lui a conféré une grande notoriété nationale et internationale, dans des domaines de soins et de recherche de pointe. Aujourd’hui encore, il occupe, par la valeur de ses équipes, une place tout à fait particulière. En association avec la faculté de médecine qui jouxte l’hôpital, l’Inserm et le CNRS, il constitue un important centre français de recherche biomédicale en milieu hospitalo-universitaire.

Contributions de l'Inserm sur le site

Maladies rénales

Jean Auvert a dirigé l’unité 7 "Néphro-urologie" de 1960 à 1971, en explorant notamment la transplantation du rein. Philippe Meyer lui a succédé, l’intitulé de l’unité devenant “Physiologie et pharmacologie vasculaire et rénale” de 1972 à 1990. Ses recherches ont porté sur l’hypertension artérielle expérimentale et humaine, sur la physiologie du muscle lisse, et sur le mécanisme moléculaire de l’action des hormones vaso-actives. Il a également étudié, en  pharmacologie clinique, les phases 1 et 2 des médicaments, notamment cardiovasculaires. 

Grande personnalité scientifique et hospitalière, Pierre Royer, élève de Robert Debré et directeur de l’unité de recherche Inserm 30 "Maladies du métabolisme chez l’enfant" de 1962 à 1984, est le créateur de la première véritable école de néphrologie pédiatrique, au sein de laquelle se sont formés les pédiatres français et européens. Son œuvre scientifique portera sur le métabolisme de l’eau et des minéraux et ses régulations au niveau du squelette, des glandes endocrines et, surtout, du rein. 

Jean Hamburger, pionnier de la recherche en néphrologie, crée l’unité de recherche 25 "Néphrologie" en 1962 et la dirigera jusqu’en 1982. Son œuvre médicale et scientifique s'est développée dans trois domaines qu'il a lui-même contribué à créer : la réanimation médicale, la néphrologie et la transplantation d'organes dans le champ de la pédiatrie. Il réalisera  le premier rein artificiel français et les premières greffes de rein.

Jean-François Bach succède à Jean Hamburger à la direction de l’unité 25, intitulée d’abord  "Immunopathologie et néphrologie", de 1983 à 1989, puis "Maladies auto-immunes : génétique, mécanismes, traitements" de 1990 à 2003. Il s’est illustré par la découverte de la thymuline, une hormone produite par le thymus, et a mis en évidence son activité thérapeutique chez l’homme, notamment dans des déficits immunitaires et dans la polyarthrite rhumatoïde. Il a également montré le rôle des cellules T régulatrices dans le contrôle de la reconnaissance du soi (l’auto-immunité) et ouvert la voie à un nouveau traitement du diabète insulinodépendant. 

Jean-Louis Funck-Brentano, directeur de l’unité 90 "Application des radioéléments à l’étude des maladies métaboliques" de 1969 à 1984, appartient à cette jeune génération de l'après-guerre qui, sous l'égide de quelques grands maîtres, a associé les carrières de médecin et de chercheur. Il mène ses recherches sur la physiologie rénale et les mécanismes de ses dysfonctionnements. Les radio-isotopes qu’il introduit dans le laboratoire vont lui permettre de réaliser les mesures fines de la fonction rénale. Enfin, sa passion profonde pour la technologie, l’a conduit à devenir l'un des pionniers du rein artificiel.

Tilman Drueke  lui succède de 1985 à 1998, l’intitulé de l’unité 90 devenant "Physiopathologie rénale : prévention et traitement de l’insuffisance rénale". Il étudie les aspects cliniques, épidémiologiques et génétiques des néphropathies héréditaires. Il étudie également, pour ce qui concerne les insuffisances rénales, les troubles du métabolisme phosphocalcique, le transport intestinal du calcium, la vitamine D, et l’hypertension artérielle.

Les travaux de recherche de Renée Habib, directrice de l’unité 192 "Néphrologie pédiatrique" de 1979 à 1990 ont concerné la pathologie des maladies rénales acquises et héréditaires chez l’enfant, mais également chez l’adulte. Elle s’est notamment illustrée par l’établissement d’une classification des néphropathies glomérulaires fondée sur une nosologie morphologique, qui a été adoptée par l’ensemble des néphrologues et des néphro-pathologistes. Celle-ci a permis des avancées considérables dans le diagnostic et le traitement de la pathogénie des glomérulonéphrites.

Michel Broyer lui succède de 1991 à 1994, l’intitulé de l’unité devenant "Physiopathologie et génétique des néphropathies de l'enfant". Il a conduit de nombreux travaux dans le domaine des greffes rénales, en étudiant notamment les facteurs de risque de cette greffe chez l'enfant. Il a ainsi confirmé l’intérêt de la compatibilité HLA, ainsi que celui du recours au sérum anti-lymphocyte dans les crises de rejet de l'enfant. Mais, surtout, Michel Broyer et ses collaborateurs réalisent une étude prospective contrôlée chez l'enfant du traitement par la ciclosporine comparé au traitement immunosuppresseur conventionnel, conduisant ainsi à adopter la ciclosporine sur des bases rationnelles.

Takis Anagnostopoulos dirige l’unité 323 "Physiologie et biophysique des systèmes de transport" de 1989 à 1997. Il a introduit en France l'électro­physiologie rénale. Ses travaux ont porté sur le néphron, l’unité fonctionnelle des reins filtrant le sang et le débarrassant de ses toxines et déchets, dont il étudie les mécanismes de transport ionique et l’électrophysiologie moléculaire.

Marie-Claire Gubler entame sa carrière chez Pierre Royer et Renée Habib, avant d’assurer la direction de l’unité Inserm 423 "Rein en développement et néphropathies héréditaires" de 1995 à 2003. Elle étudie le développement fœtal et post-natal du rein normal et les pathologies de cet organe. Elle montre le rôle majeur joué par le système rénine-angiotensine dans le développement de maladies acquises ou génétiques du rein fœtal et, notamment, l’existence de mutations de gènes de ce système dans la dysgénésie tubulaire rénale, maladie rénale touchant principalement le fœtus.

Philippe Lesavre dirige l’unité 507 "Mécanisme de l'inflammation et de l'adhérence cellulaire dans les maladies rénales" de 1999 à 2005. Ses travaux ont porté sur l’étude de la biologie des cellules et du tissu rénal dans  les affections rénales, notamment la polykystose, et sur la biologie du polynucléaire neutrophile. Avec ses collaborateurs, il a également mené des recherches sur les systèmes moléculaires effecteurs des cellules phagocytaires.

Corinne Antignac dirige l’unité 574 "Néphropathies héréditaires et rein en développement" de 2003 à 2009, devenue l’unité 983 de 2010 à 2013, puis elle rejoint l’unité 1163 "Maladies génétiques" dirigée par Alain Fischer, au sein de l’Institut Imagine, en 2014. Ses travaux ont portent sur la cystinose, sur les syndromes néphrotiques héréditaires et sur la physiopathologie de la néphronophtise (appelée également maladie kystique de la médullaire). Cette maladie kystique, qui touche le parenchyme rénal, c'est-à-dire la partie active du rein, survient essentiellement chez l'adolescent ou l'adulte jeune et se caractérise par une diminution de l'élasticité et une sclérose des tubules rénaux, entraînant l'apparition d'une insuffisance de la filtration rénale.

Gérard Friedlander a entamé sa carrière scientifique dans l’unité 251 "Physiologie du tube rénal " de Claude Amiel à l’hôpital Bichat - Claude-Bernard à Paris et lui succède à la direction de l’unité devenue 426 "Transports épithéliaux : bases structurales, modulations, modèles pathologiques" de 1995 à 2005. Il rejoint alors l’hôpital Necker - Enfants malades, pour y diriger l’unité 811 "Homéostasie du phosphate" de 2006 à 2008 et succède ensuite à Paul Kelly à la direction de l’unité 845 "Croissance et signalisation" de 2009 à 2013. Ses travaux ont porté sur l’étude expérimentale de l’homéostasie du phosphate. Il s’oriente ensuite vers l’étude des mécanismes moléculaires qui sous-tendent les syndromes de fuite rénale de phosphate responsables de lithiases, de déminéralisation osseuse et de la progression de la maladie rénale chronique, maladie fréquente, mais longtemps silencieuse. Gérard Friedlander est doyen de la faculté de médecine de l’université Paris Descartes depuis 2014.

Génétique moléculaire et médicale

Jean Frézal et Maurice Lamy partagent la direction de l’unité 12 "Génétique médicale" de 1960 à 1965, puis Jean Frézal en assure seul la direction de 1966 à 1985. Médecin pédiatre, il fera de l'hôpital Necker le creuset de la biologie et de la génétique médicale. "Il a, le premier, introduit la génétique moléculaire  au lit même de l’enfant malade et suscité, à cette occasion, d’innombrables vocations parmi nous", disait de lui Arnold Munnich dans l’hommage qu’il lui a rendu en 2008.

Pierre Maroteaux succèdera à Jean Frézal pour diriger cette unité de 1986 à 1989 et s’attachera plus particulièrement à l’étude des maladies osseuses constitutionnelles (ostéochondrodysplasies) et des maladies de surcharge (mucopolysaccharidoses).

Arnold Munnich prend ensuite la direction de l’unité 12, dont l’intitulé devient "Handicaps génétiques de l'enfant" de 1990 à 1992, devenant unité 393 de 1993 à 2005, puis unité 781 "Génétique et épigénétique des maladies métaboliques, neurosensorielles et du développement", unité qu’il codirige avec Claudine Junien de 2006 à 2013. Il consacre ses recherches à l'identification de gènes responsables de handicaps neurologiques, métaboliques et malformatifs de l'enfant. Avec ses collaborateurs, il a localisé et/ou identifié près d'une cinquantaine de gènes responsables de maladies. Il est président de la Fondation Imagine depuis novembre 2016, succédant à Claude Griscelli.

Claudine Junien dirige l’unité 383 "Génétique, chromosome et cancer" de 1994 à 2005, puis co-dirige de 2006 à 2013, l’unité 781 avec Arnold Munnich. Ses travaux portent sur  la nutrigénétique, la pharmacogénétique et l’épigénétique. Elle étudie, en particulier, l’influence de l’alimentation sur les programmations épigénétiques au cours du développement fœto-placentaire et post-natal et leurs conséquences, plus tardives, au cours de la vie adulte et sur les générations suivantes.

On doit à Jean de Grouchy, l’un des pionniers de la cytogénétique humaine, directeur de l’unité 173 "Cytogénétique humaine et comparée" de 1977 à 1989, la description des syndromes cliniques associés aux anomalies de la structure des chromosomes, en particulier les anomalies du chromosome 18. Il a identifié, le premier, deux délétions chromosomiques liées à des maladies génétiques.

Catherine Turleau succèdera à Jean de Grouchy à la direction de l’unité 173 "Cytogénétique humaine et comparée" de 1990 à 1994, et explorera les aberrations chromosomiques en pathologie humaine et la biologie moléculaire du gène du rétinoblastome.

Miroslav Radman, directeur de l’unité 571 "Génétique moléculaire, évolutive et médicale" de 1999 à 2009, puis responsable de l’équipe "Biologie de la robustesse", au sein de l’unité 1001 de l’Inserm "Génétique moléculaire évolutive et médicale", dirigée par Yvan Matic, qui lui a succédé, de 2010 à 2016. Miroslav Radman est un des pionniers de la biologie moléculaire, ayant réalisé des découvertes majeures sur les mécanismes de préservation de l'information génétique. Il est également le fondateur et le directeur de l’Institut méditerranéen des sciences de la vie, un institut international et interdisciplinaire, à Split en Croatie.

Ivan Matic a succédé à Miroslav Radman, prenant la direction de l’unité 1001 "Génétique moléculaire, évolutive et médicale" de 2010 à 2013, puis "Robustesse et évolvabilité de la vie" de 2014 à 2016. Le laboratoire a exploré la biologie de la robustesse et l'évolvabilité ou adaptabilité évolutionnaire, un concept majeur de la biologie évolutive du développement, qui désigne la capacité d'un organisme à générer de la variation phénotypique héritable, en réduisant les mutations désavantageuses ou létales. Il a travaillé également sur la réparation de l'ADN et sur le rôle du stress dans le vieillissement.

Jean-Laurent Casanova et Laurent Abel co-dirigent l’unité 550 "Génétique humaine des maladies infectieuses" de 2001 à 2009, devenue l’unité 980 de 2010 à 2013. Ils rejoignent ensuite l’unité 1163 "Institut Imagine", dirigée par Alain Fischer depuis 2014. Leurs travaux visent à identifier les gènes en cause dans la susceptibilité et la réponse d’un individu à un agent infectieux et au développement de la maladie qui lui est associée. Et ce, en tirant partie de la complémentarité de leurs deux approches : la génétique immunologique (Jean-Laurent Casanova) et la génétique épidémiologique (Laurent Abel). Leurs recherches portent sur la prédisposition génétique aux infections bactériennes, en particulier mycobactériennes et virales, notamment les herpès virus.

Immunologie

Claude Burtin a dirigé l’unité 203 "Immunopharmacologie" de 1977 à 1984. Il a étudié l’action de l'histamine et des antihistaminiques H1 et H2, de la sérotonine et des anti-sérotonine sur la croissance de cellules tumorales, l’influence des agonistes et antagonistes H1 et H2 de l'histamine sur les lymphocytes humains stimulés par divers mitogènes, et diverses  molécules modulant la libération non cytotoxique d'histamine, à partir de basophiles sanguins et de mastocytes pulmonaires humains. Il a également étudié la réponse immunitaire anti-médicaments et les allergies médicamenteuses.

Pierre Mozziconacci, hospitalo-universitaire, a dirigé l’unité de recherche 132 "Immunologie et rhumatologie pédiatriques" de 1974 à 1977. Ses travaux ont porté sur l’origine et les fonctions des lymphocytes de l’épithélium intestinal, l’immunopathologie des déficits immunitaires et l’étude des composantes immunes de polyarthrites inflammatoires de l’enfant et leurs implications. Avec Robert Debré, il a introduit la notion de "rhumatisme déformant prolifératif".

Claude Griscelli lui succède à la direction de l’unité 132 "Immunologie et rhumatologie infantiles" de 1978 à 1991. Ses recherches sont centrées sur le développement du système immunitaire chez l’homme et ses anomalies responsables de déficits immunitaires héréditaires. Son originalité a été d’allier les activités de recherches fondamentale, physiologique et physiopathologique avec les activités de soins, orientées, notamment, dans le domaine des déficits immunitaires héréditaires. Il sera directeur général de l’Inserm de 1996 à 2001. Il a créé l’Institut Imagine pour l’étude des maladies génétiques, inauguré en 2007, et en a été le président jusqu’en 2016.

Alain Fischer succède à Claude Griscelli en 1992 à la direction de l’unité 132, qui devient l’unité 429 "Développement normal et pathologique du système immunitaire" de 1996 à 2005, puis dirige l’unité 768 de 2006 à 2013, sous le même intitulé. En 2014, il prend la direction de l’unité mixte de recherche 1163 " Maladies génétiques", au sein de l’Institut Imagine. Il s’illustre par ses recherches sur le traitement des déficits immunitaires par thérapie génique avec Mariana Cavazanna-Calvo. Il a obtenu le grand prix Inserm de la recherche médicale en 2008.

Martine Papiernik dirige l’unité 345 "Différentiation thymique et physiologie des lymphocytes T" de1991 à 2003. Les recherches du laboratoire portent sur les précurseurs hématopoïétiques dans la moelle osseuse et dans le micro-environnement thymique, et les étapes de la maturation des lymphocytes dans le thymus. Elles concernent également l’étude de la prolifération cellulaire au cours de l’infection par le VIH et dans la réponse immune en général.

Jean-Claude Weill et Harald von Boehmer ont été successivement directeurs de l’unité Inserm 373 “Développement du système immunitaire”, respectivement de 1993 à 1996 et de 1997 à 2000. Leurs travaux ont concerné le développement et la formation des cellules B, cellules qui permettent la génération des anticorps, le développement des cellules T et la reconnaissance du soi et du non-soi.

Claude-Agnès Reynaud, après avoir mené ses recherches au sein de l’unité 373, succède à Harald von Boehmer de 2001 à 2005, puis l’unité 783 avec le même intitulé et qu’elle dirige de 2006 à 2012. Elle poursuit ses travaux sur les mécanismes moléculaires du développement et de la diversification du répertoire immunitaire des cellules B. Ses activités portent également sur différents aspects de la mémoire immunitaire qui sous-tend la démarche vaccinale, afin de comprendre les processus qui permettent l'extrême longévité de la réponse humorale, notamment contre les maladies de l'enfance (rougeole, oreillons) ou contre certain vaccins (variole, fièvre jaune).

Jean-Henri Garchon dirige l’unité 580 "Diabète de type 1 : mécanismes et traitements immunologiques" de 2003 à 2005. Les recherches du laboratoire ont porté sur l’étude du contrôle génétique des maladies auto-immunes, sur les bases moléculaires et le rôle des antigènes dans le diabète auto-immun et sur le maintien et la restauration de la tolérance au soi. 

Peter Van Endert lui succède à la direction de l’unité 580, dont l’intitulé devient "Présentation antigénique et tolérance immunitaire : mécanismes et impact dans le diabète auto-immun", de 2006 à 2009, puis de l’unité 1013 "Tolérance immunitaire et présentation antigénique : impact en autoimmunité et en transplantation" de 2010 à 2013. Il est responsable de l’équipe "Présentation des antigènes mécanismes et modulation par les récepteurs Toll-like" au sein de l’unité mixte de recherche 1151 "Institut Necker-Enfants malades", dirigée par Xavier Nassif depuis 2014. Ses recherches portent sur l’étude de la présentation et de l’apprêtage des antigènes (bases moléculaires et rôle dans le diabète auto-immun). Il a également étudié les mécanismes qui sous-tendent le maintien ou la défaillance de la tolérance au soi dans le diabète auto-immun, ainsi que l’induction de tolérance en transplantation, dans l’objectif de stratégies d’immuno-thérapie.

Benedita Rocha dirige l’unité 591 "Différenciation et physiologie des lymphocytes T" de 2003 à 2009, devenue l’unité 1020 avec le même intitulé de 2010 à 2012. Elle co-dirige l’équipe portant le même nom au sein de l’unité mixte de recherche 1151, dirigée par Xavier Nassif depuis 2014. Benedita Rocha est à l’origine de nouveaux concepts qui ont fortement contribué à enrichir l’immunologie moderne et à améliorer la compréhension du système immunitaire. Elle a notamment exploré l’homéostasie des populations lymphocytaires, en mettant à jour les mécanismes contrôlant le nombre et l’identité de ces cellules. Elle a obtenu le prix recherche en physiologie et pathophysiologie de l’Inserm, en 2007.

Frédéric Geissmann est le directeur de l’unité 838 "Biologie du système des phagocytes mononucléés" de 2007 à 2009. Les modèles de souris développés avec ses collaborateurs et avec d’autres laboratoires ont permis d’explorer l’origine, le devenir et les fonctions de cellules du système phagocytaire mononucléé. Ils ont identifié les progéniteurs de monocytes du sang, de macrophages tissulaires et de cellules dendritiques chez la souris et chez l’homme, ainsi que les gènes qui contrôlent leur différenciation.

Métabolisme - Endocrinologie - Croissance

A Pierre Cartier, directeur de l’unité  75 “Enzymologie médicale” de 1967 à 1984, a succédé à Jean-Paul Leroux, l’intitulé de l’unité devenant “Biochimie pharmacologique et métabolique” de 1985 à 1998.  Ce dernier a mené ses recherches sur l’étude du métabolisme intermédiaire, c’est-à-dire l'ensemble des phénomènes de dégradation (catabolisme) et de synthèse (anabolisme), qui permettent un cycle continu d'échanges entre la cellule et les substances apportées par l'alimentation (glucides, lipides et protides).

Raphaël Rappaport succède à Pierre Royer à la direction de l’unité 30 “Maladies du métabolisme chez l’enfant”, dont l’intitulé devient “Biologie et pathologie de la croissance et du développement”, de 1985 à 1995. Ses sujets de recherche ont concerné l’insuline et l’IGF1 (Insulin-like growth factor 1), hormone peptidique ayant une structure chimique semblable à celle de l'insuline et sécrétée par le foie, le diabète insulino-dépendant, la régulation du métabolisme des peptides pancréatiques, la biologie du cartilage et la physiopathologie de la croissance et de la puberté.

Bernard Desbuquois lui succède de 1996 à 1998, l’intitulé de l’unité devenant “Mécanismes d'action cellulaire des hormones : récepteurs, transduction du signal, expression des gènes cibles. Applications physiopathologiques”. Il poursuivra et développera les recherches de Raphaël Rappaport.

Nathalie Josso, directrice de l’unité 293 “Endocrinologie du développement” de 1986 à 1998, s’est consacrée à l’étude de l’hormone antimüllérienne, une substance produite dans les follicules de l’ovaire. Elle en a exploré les effets biologiques et les applications cliniques.

Paul Kelly dirige l’unité 344 “Endocrinologie moléculaire. Mécanismes d'action de la prolactine et de l'hormone de croissance. Structure des récepteurs et de leurs gènes” de 1991 à 2002. Ses travaux ont porté sur la signalisation de la prolactine et de l’hormone de croissance et sur la biosynthèse et la structure de leurs récepteurs. Il dirigera ensuite l’unité 584 "Cibles cellulaires et moléculaires des hormones" de 2003 à 2005, puis l’unité 845 “Croissance et signalisation” en 2007 et 2008, qui réunira plusieurs équipes s’intéressant à des thématiques de croissance cellulaire, de différenciation et de signalisation, et pouvant s’adosser à une recherche clinique. Gérard Friedlander lui succède en 2009.  

Claude Forest, a été directeur de l’unité Inserm 530 "Physiopathologie cellulaire des régulations hormonales, nutritionnelles et pharmacologiques" de 2000 à 2005. Il a mené ses recherches essentiellement sur l’adipogenèse (processus cellulaire permettant la fabrication des adipocytes) et la chondrogenèse (cycle de formation du tissu cartilagineux). Il a particulièrement étudié les affections métaboliques liées à un défaut de la transformation par l’organisme des sucres, des graisses et des protéines, notamment en ce qui concerne le diabète de type 1.

Pathologies et épilepsies de l’enfant

Christian Nezelof est directeur de l’unité 77 "Pathologie pédiatrique" de 1968 à 1983. Il a mené ses recherches sur l’enfant : étude des réticulo-histiocytoses, des maladies immuno-déficitaires et des tumeurs dysembryoplasiques, étude et recherche des causes de mortalité et de morbidité.

Catherine Chiron dirige l’unité 663 "Epilepsies de l'enfant et plasticité cérébrale" de 2005 à 2013, puis l’unité 1129 avec le même intitulé de 2014 à 2016. Il s’agit d’une approche de recherche clinique multidisciplinaire visant à étudier l’impact de la maturation cérébrale sur le phénotype des épilepsies, pour faire progresser la connaissance et le traitement des formes sévères de l’épilepsie et d’améliorer le pronostic cognitif et social des enfants atteints. Notamment, les travaux ont porté sur le type de crises par la nosologie, sur l’âge de début par l’imagerie fonctionnelle cérébrale, sur le développement cognitif par la neuropsychologie, sur la réponse aux médicaments par les essais thérapeutiques et sur l’hétérogénéité phénotypique par la génétique. Ce travail avait pour objectif de faire progresser la connaissance et le traitement des formes sévères de l’épilepsie et d’améliorer le pronostic cognitif et social des enfants atteints.

Approches psychanalytique, sociologique et historique des maladies

Ginette Raimbault, médecin psychiatre, intègre l’unité 30 "Maladies du métabolisme chez l’enfant" de Pierre Royer en 1964 et y développe une recherche innovante. En effet, elle centrera ses recherches sur les problèmes psychologiques qui apparaissent chez l’enfant atteint de maladies chroniques, à pronostic fatal. Elle bénéficiera, sur le terrain, de l’expérience des pédiatres néphrologues, endocrinologues et gastroentérologues de l’hôpital Necker - Enfants malades. L’importance et le caractère novateur de ses travaux, amènent l’Inserm à créer l’unité de recherche 158 "Systèmes relationnels autour de l’enfant malade", qu’elle dirige de 1976 à 1983, puis "Recherches psychanalytiques et sociologiques en santé publique" de 1984 à 1986. Elle poursuivra ses travaux sur les problèmes psychologiques de l’enfant malade, notamment face à ses traitements et à son environnement.  

Patrice Pinell lui succède de 1987 à 1999, l’intitulé de l’unité devenant "Savoirs et pratiques dans le champ médical : histoire, sociologie, psychanalyse". En travaillant sur la constitution et l’évolution de différents espaces spécialisés (secteur médico-pédagogique, institutions pour toxicomanes, lutte contre le cancer, ou lutte contre le sida), Patrice Pinell a accumulé des connaissances d’ordre général sur le champ médical (le pôle hospitalo-universitaire, la médecine libérale) et d’autres univers sociaux en rapport avec les thèmes étudiés (l’institution scolaire, le champ politique, le champ du travail social, le champ juridique, différentes disciplines scientifiques…) 

Maladies hépatiques

Christian Bréchot, clinicien chercheur, dirige l’unité Inserm 370 "Carcinogenèse hépatique et virologie moléculaire" de 1993 à 2001. Ses travaux portent sur les hépatites virales B et C, particulièrement en ce qui concerne leur rôle dans la survenue de cancers hépato-cellulaires, et sur les mécanismes régulant la prolifération des cellules du foie. Utilisant les nouvelles méthodes de diagnostic en virologie et en oncologie, tirant parti de la biologie moléculaire, il développera de nouvelles approches thérapeutiques pour les infections virales et le cancer primitif du foie. Il a été directeur général de l’Inserm de 2001 à 2007, puis de l’Institut Pasteur de Paris de 2013 à 2017.

Dina Kremsdorf succède à Christian Bréchot de 2001 à 2002 à la direction de l’unité 370, puis elle crée l’unité 812 "Pathogenèse des hépatites virales et immunothérapie" en 2006, avant de rejoindre l’unité 845 dirigée par Paul Kelly en 2007, pour y animer l’équipe "Pathogenèse des hépatites virales B et immunothérapie". Elle étudie la mise en place de la réponse immunitaire lors de l’infection par le VHB, responsable des hépatites virales B, ainsi que les mécanismes impliqués dans l’évolution de l’hépatite vers le développement du cancer du foie.

Diagnostic prénatal

Patrizia Paterlini-Bréchot reprend la direction de l’unité 370 de 2003 à 2005, devenue l’unité 807 "Diagnostic des maladies génétiques par l’analyse de la signalisation calcique et des cellules fœtales circulantes" de 2006 à 2013. Elle étudie d’une part l’impact de la signalisation calcique dans les maladies de la chaîne respiratoire mitochondriale et d’autre part l’impact de l’analyse génétique des cellules fœtales circulantes sur le diagnostic prénatal, dans le but de mettre au point un nouveau test non invasif de diagnostic prénatal des maladies génétiques.

Infections microbiennes

Les travaux de Patrick Berche, directeur de l’unité 411 "Physiopathologie moléculaire des infections microbiennes" de 1994 à 2002, portent sur les bases moléculaires et cellulaires du parasitisme intracellulaire et sur les bases moléculaires du pouvoir pathogène de Neisseria meningitidis (ou méningocoque), une bactérie connue pour son rôle dans les méningites. Il a été doyen de de la faculté de médecine Paris Descartes de 2004 à 2013, puis a pris la direction de l’Institut Pasteur de Lille en 2014.

Xavier Nassif a dirigé l’unité 570 "Pathogénie des infections systémiques" de 2002 à 2009 sur le site de Necker, puis l’unité 1002 à l’hôpital Cochin sous le même intitulé de 2010 à 2013. Les travaux menés avec ses collaborateurs portent sur l’identification des mécanismes responsables d’infections systémiques, représentant l’essentiel de la mortalité par maladies infectieuses, les microorganismes en cause pouvant être des bactéries, des virus, des parasites ou des champignons. Il se focalise sur les infections bactériennes, recourant aux outils de la génétique, génomique, protéomique et biologie cellulaire. Il dirige depuis 2014 le centre de médecine moléculaire, unité mixte Inserm 1151/CNRS 8253, à nouveau sur le site de Necker. Les équipes se concentrent sur les maladies courantes causées par l’interaction entre l’hérédité et les facteurs environnementaux.

Biologie des tissus épithéliaux

Aleksander Edelman est le directeur de l’unité 467 "Régulation des systèmes de transport dans les épithéliums" de 1997 à 2005, devenue l’unité 806 en 2006. Il rejoint ensuite l’unité 845 dirigée par Paul Kelly en 2007, pour y animer l’équipe "Régulation des systèmes de transport dans les épithéliums: du gène à la pathophysiologie". Il a étudié la régulation moléculaire et cellulaire du transport de chlorure dans les cellules épithéliales et les relations entre systèmes de transport ionique et homéostasie cellulaire.

Nadine Cerf-Bensussan dirige l’unité 793 "Interactions de l’épithélium intestinal avec le système immunitaire" de 2006 à 2009, puis l’unité 989, portant le même intitulé de 2010 à 2013, puis elle rejoint l’unité 1163 "Institut Imagine" dirigée par Alain Fischer en 2014. Elle a cherché à comprendre comment le dialogue entre l’épithélium intestinal et le système immunitaire permet de maintenir l’homéostasie intestinale, et les altérations de ce dialogue à l’origine de maladies inflammatoires intestinales. Les recherches sont menées en collaboration avec les services de gastroentérologie et de chirurgie pédiatriques de l’hôpital Necker et de gastroentérologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou, sur les perturbations de ces mécanismes au cours de la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Elle a reçu le prix recherche de l’Inserm en 2014.

Maladies cardiovasculaires

Antoine Lafont dirige l’unité 849 "Réparation artérielle" de 2007 à 2008, et rejoint ensuite l’unité mixte de recherche 970 "Centre de recherche cardiovasculaire" dirigée par Alain Tedgui, dans laquelle il anime une équipe sur cette même thématique de réparation artérielle à l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris de 2009 à 2016. Ses travaux l’ont notamment amené à mettre au point des stent biodégradables pour la cardiologie, évitant des complications à long terme.

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