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Hôpital Henri-Mondor

Créteil

Le projet d’édification d’un centre hospitalier universitaire (CHU) à Créteil remonte à 1962. Le CHU a ainsi été construit sur des terrains appartenant à un autre hôpital de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Hôtel Dieu de Paris, et les travaux s’achèveront en 1969. Pour mémoire, L’AP-HP y possède des terrains provenant de dons faits au XVème siècle à l'Hôtel-Dieu de Paris. L’hôpital s'étend sur 12 hectares, ce qui en fait alors l’un des plus grands conçus dans la périphérie de la capitale. Il répondra ainsi aux besoins de la population de la banlieue parisienne, alors en forte augmentation.

Un an avant son ouverture, le nouvel établissement reçoit le nom d’Henri-Mondor, en hommage au chirurgien et homme de lettres décédé en 1962. Preuve de son éclectisme, Henri Mondor a été membre de quatre académies, fait unique dans l’histoire de l’Institut de France : l’Académie de chirurgie (1926), l’Académie nationale de médecine (1945), l’Académie française (1946) et enfin, l’Académie des sciences (1961). Parmi ses ouvrages scientifiques, le plus célèbre reste "Diagnostics urgents de l’abdomen" publié en 1930, traduit dans plusieurs langues et constamment réédité jusqu’en 1979.

Côté architecture, le bâtiment s’inscrit dans la lignée des "hôpitaux blocs", initiée au cours de la première moitié du XXème siècle. Cette architecture a été confortée par la réforme hospitalo-universitaire Debré de 1958, qui fait de l'hôpital un lieu unique de soins, de recherche et d'enseignement, imposant ainsi une image de la médecine triomphante. Conçu initialement pour accueillir 1 350 lits, l’établissement n’en dispose aujourd’hui que de 950. La conception de cet établissement répond à des critères de fonctionnalité, en regroupant sur 19 niveaux, les services, les plateaux techniques, les laboratoires et la logistique.

L’hôpital est aujourd’hui un site de soins, d’enseignement et de recherche, abritant notamment des laboratoires de l’Inserm, du CNRS et hospitalo-universitaires. Plus de 4 000 personnes y travaillent au sein des neuf pôles hospitaliers.

Aujourd’hui, l'Institut Mondor de recherche biomédicale (IMRB), création conjointe de l'Inserm et de l'université Paris Est - Créteil Val-de-Marne sur le site de l’hôpital, regroupe 15 laboratoires mixtes de ces deux institutions au sein de deux pôles de recherche.

Contributions de l’Inserm à la recherche sur le site

Athérosclérose - Métabolisme des lipoprotéines

Jean-Louis Beaumont dirige l’unité Inserm 32 sur l’athérosclérose de 1961 à 1984. Ses recherches tant cliniques que biochimiques et expérimentales ont pour objectif de préciser les facteurs nutritionnels, métaboliques et immunologiques des dyslipidémies, des thromboses et de l’athérosclérose.

Bernard Jacotot lui succède à la direction de l’unité 32, dont l’intitulé devient “Dyslipidémies et athérosclérose”, de 1985 à 1993, poursuivant les recherches de son prédécesseur. Il étudiera, plus particulièrement, le rôle des lipides alimentaires sur le métabolisme des acides gras et sur celui des lipoprotéines, sur les mécanismes et la pharmacologie des hyperlipidémies et des hypolipidémies familiales.  

Philippe Laudat crée, en 1962, un groupe de recherche INH/Association Claude-Bernard sur le métabolisme lipidique, future unité Inserm 35, dont il sera le directeur jusqu’en 1976. Ses travaux de recherche ont concerné le rôle des hormones sur le métabolisme des lipides et notamment sur le tissu adipeux. Les plus importants auront trait à la maladie de Refsum, dont les signes cliniques sont une diminution du tonus musculaire, accompagnée d'un retard de croissance, d'une augmentation de volume du foie et, quelquefois, d'une jaunisse. En 1975, il est nommé directeur scientifique auprès de Constant Burg, puis directeur général de l’Inserm de 1979 à 1982.

Marie-Hélène Laudat lui succède en 1977 à la direction de l’unité et ce jusqu’en 1982. Ses recherches ont été menées sur le développement cellulaire et interactions humorale et hormonale, et sur structure des composantes protéiques et glycoprotéiques des lipoprotéines de basse densité.

Anémies - Maladies du sang – Thérapie génique

En 1969, Bernard Dreyfus crée et dirige l’unité de recherche Inserm 91 sur les anémies et Jean Rosa lui succède de 1980 à 1993, l’unité devenant “Génétique moléculaire et hématologie”. Les recherches ont porté sur la pathologie moléculaire de l'hémoglobine et sur les facteurs anti-hémophiliques. Les résultats ont été marquants, notamment dans le champ de la drépanocytose, maladie qui se caractérise par une forme anormale des globules rouges, due à une anomalie de l’hémoglobine.

Paul-Henri Roméo succède à Jean Rosa à la direction de l’unité 91 de 1994 à 1997, puis dirige l’unité 474 "Hématopoïèse moléculaire" de 1998 à 2001 sur le site.  Il dirige ensuite l’unité 967 "Stabilité génétique, cellules souches et radiations" au CEA de Fontenay-aux-Roses et Saclay, de 2009 à 2016. Les travaux du laboratoire portent sur la réparation et la transcription dans les cellules souches, sur les cellules souches neurales et les radiations. Ils portent également sur la régulation des cellules souches hématopoïétiques humaines et le développement leucémique.

Recherches en hépatologie et endocrinologie

Pierre Berthelot, clinicien-chercheur chef du service d’hépatologie, a été directeur de l’unité de recherche Inserm 99 “Pharmacologie et physiopathologie hépatiques” de 1972 à 1979. Il a consacré toute sa carrière scientifique à l’étude du foie et de ses pathologies, notamment les hépatites virales. Il étudie les relations entre l'alcool et les virus des hépatites B et D et élargit ensuite ces recherches au virus de l'hépatite C et aux hépatites chroniques virales dans diverses populations d'individus immunodéprimés.

Jacques Hanoune succède à Pierre Berthelot de 1980 à 2003 à la direction de l’unité, dont l’intitulé devient “Régulation des gènes et signalisation cellulaire” en 2002. Il s’est d’abord consacré à l’étude du mécanisme d’action des hormones, avant de s’intéresser surtout aux multiples formes moléculaires de l’adénylyl cyclase. Cette enzyme est responsable de la synthèse de l’adénosine monophosphate, AM cyclique, formée lorsque la cellule a besoin d’énergie.

Georges Guellaen succède à Jacques Hanoune et dirige successivement l’unité 581 "Remodelage tissulaire et fibrose" de 2003 à 2008, l’unité 841 "Recherche biomédicale" de 2007 à 2008, puis 955 "Génétique moléculaire et développement biomédical" de 2009 à 2014. Les travaux de l’unité ont porté sur la fibrose hépatique, la néphrose lipoïdique et la régénération tissulaire. L’objectif était d’identifier des marqueurs de cette affection et d’en assurer une meilleure prise en charge avec la recherche de molécules susceptibles de ralentir ou de renverser ce processus.

Jorge Boczkowski lui a succédé en  2016 à la direction de unité Inserm 955 Inserm/université Paris Est Créteil - ’Institut Mondor de recherche biomédicale,. Avec ses collaborateurs, ses recherches portent sur les conséquences respiratoires du tabagisme et de l’inhalation de nanoparticules de taille inférieure à 100 nanomètres, le rôle oxydatif du stress étant l’axe physiopathologique central.

Jacques Nunez  a dirigé l’unité 282 “Hormones et différenciation cellulaire” de 1985 à 1997. Les travaux du laboratoire ont porté sur la différenciation et le vieillissement du neurone (différenciation astrocytaire, gliose, vieillissement et maladies neurodégénératives) ; les recherches ont également concerné  l’étude des récepteurs du Tumor Necrosis Factor et des récepteurs purinergiques.

Cardiopathies, néphropathies et affections pulmonaires

Gilbert Lagrue crée et dirige l’unité 139 “Néphropathies expérimentales et humaines” en 1971. Ses recherches portent le rôle du complément dans les mécanismes de défense immunitaire et sur l’immunopathologie rénale. Il étudie également les facteurs de risque vasculaire (tabagisme, sédentarité).

Jean Bignon succède à Gilbert Lagrue, l’intitulé de l’unité devenant “Bio-pathologies et toxicologies pulmonaire et rénale”, unité qu’il dirige de 1985 à 1997. Ses travaux avaient pour objectifs l'étude et la compréhension des relations entre les pathologies pulmonaires et rénales et les facteurs environnementaux. Ont été tout particulièrement étudiés les mécanismes immunologiques et de cancérogenèse liés à ces agressions extérieures.

Daniel Laurent de 1974 à 1984, puis Philippe Brun de 1985 à 1990, seront directeurs de l’unité de recherche Inserm 138 “Physiologie et techniques d’investigations cardiovasculaire et respiratoire”. Leurs travaux portent sur : énergétique myocardique (bilan thermique, rendement mécanique, délivrance d’oxygène, imagerie tissulaire en spectroscopie laser) ; dynamique cardiaque et fonction valvulaire ; performance et contractilité ventriculaire.

Guy Atlan a dirigé l’unité 296 de physiologie respiratoire de 1986 à 1998. Les travaux de l’unité ont concernés les modèles de connaissances pour l’assistance et l’exploration clinique du système respiratoire (réanimation et exploration fonctionnelle), l’exercice et de la physiologie des muscles ventilatoires et l’inflammation des voies aériennes. Ils ont porté également sur la physiologie de la circulation pulmonaire et la physiopathologie de l’hypertension artérielle pulmonaire et sur l’étude du cycle veille/sommeil et de la ventilation assistée.

Bertrand Crozatier a dirigé l’unité 400  “Physiopathologie cellulaire et fonctionnelle du cœur et des vaisseaux” de 1994 à 2004. Les travaux de l’unité ont porté sur transport ionique membranaire en pathologie cardiovasculaire, récepteurs membranaires et transduction du signal en pathologie cardiaque. Ils ont porté également sur la fonction ventriculaire versus la circulation coronaire en physiopathologie expérimentale et sur fonction ventriculaire et circulation coronaire dans l’insuffisance cardiaque (diagnostic et thérapeutique).

Génétique - Maladies héréditaires - Cellules souches

Goossens Michel est directeur de l’unité de recherche Inserm 468 “Génétique moléculaire et physiopathologie” de 1997 à 2004. Il se consacre à l’étude des maladies héréditaires et joue un rôle pionnier, en appliquant à la génétique des hémoglobinopathies, les nouveaux outils de biologie moléculaire. Il a occupé une place très importante dans le développement de méthodes de diagnostic et de dépistage des maladies génétiques.

Marc Peschanski dirige l’unité 421 "Neuroplasticité et thérapeutique" de 1995 à 2004 sur le site, puis crée en 2005 l’Istem (Institut des cellules souches pour le traitement et l’étude des maladies monogéniques) au Génopole d’Evry. Brigitte Onteniente lui succède à la direction de l’unité 421 de 2005 à 2006. Marc Peschanski dirige ensuite au sein de l’Istem, l’unité mixte de recherche Inserm 861 "Cellules souches pour le traitement et l'étude des maladies monogéniques" de 2007 à 2014. L’Istem, qu’il dirige de 2007 à 2014 est le plus grand laboratoire français dédié aux cellules souches pluripotentes humaines, d’origine embryonnaire ou obtenues par reprogrammation génique. Soutenu par l’AFM-Téléthon, il se consacre à la poursuite de solutions thérapeutiques et industrielles pour le traitement des maladies monogéniques et explore les potentiels d’application thérapeutique des cellules souches pluripotentes.

Cécile  Martinat a succédé à Marc Peschanski à la direction de l’I-Stem en 2015.

Serge Amselem a dirigé  l’unité 654 “Bases moléculaires et cellulaires des maladies génétiques” de 2005 à 2008 sur le site, puis l’unité 933 “Physiopathologie des maladies génétiques d'expression pédiatrique” de 2009 à 2016 à l’hôpital Trousseau. Pour chaque maladie génétique étudiée,  a été développé, outre le volet génétique (identification de nouveaux gènes), un volet fonctionnel visant à caractériser les propriétés physiologiques des protéines nouvellement identifiées, et  à évaluer les conséquences des anomalies moléculaires détectées chez les patients, tant à l’échelon cellulaire qu’à celui d’un organisme entier.

Immunologie et onco-dermatologie

Armand Bensussan a été directeur des unités Inserm 448 “Différenciation, interactions, activation et migration des sous-populations lymphocytaires humaines” de 1996 à 1998, puis 659 “Différenciation, interactions, activation et migration des sous-populations lymphocytaires humaines” sur le site de l’hôpital Henri-Mondor en 2005 et 2006. Et de 2009 à 2016, il a dirigé l’unité 976 “Immunologie, dermatologie, oncologie” implantée à l’hôpital Saint-Louis. Ses travaux majeurs portent sur l’ensemble des champs de recherche relevant de l'immuno-dermato-oncologie, l’inflammation chronique cutanée et la régénération tissulaire. Avec ses collaborateurs, il a, par exemple, mis en évidence l’expression atypique du récepteur KIR3DL2 à la surface des lymphomes T cutanés primitifs, notamment, le syndrome de Sézary, une érythrodermie, éruption cutanée, de mauvais pronostic.

Serge Adnot  a dirigé l’unité 492 “Physiopathologie et thérapeutique respiratoires” de 1998 à 2004, puis l’unité 651 “Fonctions cellulaire et moléculaire de l'appareil respiratoire et des vaisseaux” de 2005 à 2006. Avec ses collaborateurs, il a tout particulièrement étudié la physiopathologie et la thérapeutique de l’hypertension artérielle pulmonaire et du poumon lésionnel, l’adaptation à l’hypoxie et l’angiogenèse hypoxique. Il a également mené des recherches sur le développement pulmonaire périnatal (interactions cellulaires et cellules matrices). 

Bruno Giros dirige l’unité 513 “Neurobiologie et psychiatrie” de 1999 à 2009. Avec ses collaborateurs, il oriente ses travaux sur la neurobiologie moléculaire et la psychiatrie génétique et pré-clinique. Les approches moléculaires reposent en grande partie sur l'étude et la caractérisation fonctionnelle des transporteurs plasmiques et vésiculaires de neurotransmetteurs du système nerveux central. Ces transporteurs sont à la fois des cibles essentielles pour les médicaments psychotropes, et des protéines majeures impliquées dans la dynamique des flux synaptiques. Les approches pré-cliniques sont basées sur le développement et l'étude de modèles animaux, qui permettent de reproduire certains symptômes des maladies psychiatriques (dépression, schizophrénie, trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, toxicomanie) et d'en étudier la physiopathologie.

Alain Berdaux a dirigé l’unité 660 “Physiopathologie et pharmacologie des insuffisances coronaires et cardiaques” de 2005 à 2007. Les travaux des équipes ont porté sur la cardioprotection et la pharmacologie des insuffisances coronaires et cardiaques et sur les stratégies thérapeutiques dans ces pathologies par validation de concepts et évaluation pré-clinique.

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