toggle
ICON
Haut de page
Taille du texte
Ajouter au favoris
Imprimer
Envoyer à un ami
Partager

Hôpital Cochin

Paris

Hôpital Cochin (Paris) - Façade donnant sur la cour avec des passants (non daté) © Assistance Publique - Hôpitaux de Paris / Service des Archives

Hôpital Cochin (Paris) - Façade donnant sur la cour avec des passants (non daté)

Créé en 1780 par Jean-Denys Cochin, curé de la paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas, l’hospice Jacques, qui deviendra Cochin en 1802, était à l’origine destiné aux pauvres et aux ouvriers du quartier. Le curé Cochin avait alors fait construire un petit établissement d’une quarantaine de lits, grâce à sa fortune personnelle et à la charité de ses paroissiens. Il ne cessera de s’agrandir au cours du XIXème siècle pour atteindre les 475 lits en 1900.

En 1902, l’hôpital Cochin fusionne avec son voisin Ricord, destiné quant à lui aux maladies vénériennes. Les deux établissements seront reconstruits entre 1908 et 1926 pour donner naissance à l’hôpital actuel, caractérisé par son modèle pavillonnaire en briques. Trois autres établissements seront ensuite également rattachés à l’hôpital Cochin : les maternités Port-Royal et Baudelocque, ainsi que l’hôpital Tarnier. Plus récemment, en 1999, l’hôpitalSaint-Vincent de Paul y fut également annexé, pour former le groupe hospitalier actuel.

C’est en 1950 que l’hôpital Cochin va connaître sa notoriété, grâce au chirurgien Merle d’Aubigné, qui fait de l’orthopédie une spécialité à part entière, en l’associant à la traumatologie. Le médecin Florent Coste classifie et perfectionne pour sa part les traitements des maladies rhumatismales. Ces deux hommes offriront à Cochin une renommée internationale dans la pathologie ostéo-articulaire. L’hôpital se spécialise par ailleurs en médecine interne. Emile Achard, Paul Harvier, René Moreau, Fred Siguier ou encore Henri Péquignot s’y illustreront.

Et c’est l’hôpital Cochin qui  abritera, en 1968, les fondateurs de la pathologie moléculaire en France, Georges Schapira et Jean-Claude Dreyfus, tous deux venus de l’hôpital Necker – Enfants malades où ils avaient commencé leurs travaux avec le soutien de Robert Debré, qui formeront, avec Fanny, l’épouse de Georges Schapira, et Jacques Kruh un groupe à qui sera donné le nom de “L’école Schapira” et qui vont créer l’Institut de pathologie moléculaire. Ces médecins-biochimistes se consacrent aux maladies héréditaires de l’enfant dans une approche très novatrice. Ils sont, en effet, les premiers à envisager la physiopathologie des maladies sous l’angle moléculaire. Ils établissent pour cela des collaborations avec les équipes les plus actives dans le domaine de la biologie et de la pathologie moléculaires, en particulier avec le groupe de Jacques Monod à l’Institut Pasteur. De nombreuses et éminentes personnalités sont issues du creuset de l’équipe Schapira, tels Jean Rosa, Dominique Labie, Jean-Claude Kaplan, Jacques Kruh, Axel Kahn ou encore Jacques Hanoune.

 

Quelques contributions de l’Inserm à la recherche sur le site Cochin

Rhumatologie

Florian Delbarre a dirigé l’une des toutes premières unités Inserm, l’unité 5 “Maladies ostéo-articulaires” de 1960 à 1980 et Bernard Amor lui a succédé  de 1981 à 1984. Les recherches du laboratoire ont porté sur la pathologie expérimentale des rhumatismes inflammatoires chroniques, comme sur la pathogénie et le traitement des décalcifications osseuses, avec des travaux pionniers sur l’ostéoporose.

Pierre Maurer a été directeur de l’unité 85 “Biologie osseuse” de 1968 à 1973. Il a étudié la consolidation osseuse sur l’animal de laboratoire et ses modifications en fonction du matériel d’ostéosynthèse utilisé. Il a également étudié le degré de consolidation osseuse avec jauges de contraintes, qui permettent de mesurer de faibles déformations.

Biologie et génétique moléculaires – Hématologie

Georges Schapira dirigera l’unité 15 de biochimie médicale, puis de pathologie moléculaire de 1960 à 1981. Ses travaux ont porté sur l’étude des maladies héréditaires de l’enfant, en particulier musculaires et hématologiques, envisagées  dans un esprit totalement novateur, avec une approche moléculaire de la physiopathologie des maladies.

Dominique Labie, qui lui succède à la direction de l’unité 15 de 1982 à 1989, s’est illustrée par ses travaux sur les hémoglobinopathies menés, notamment avec Jean-Claude Kaplan et Jean Rosa, Elle a identifié et caractérisé un nombre important de variants de l’hémoglobine et des hémoglobines anormales. Ses travaux ont porté également sur la génétique et l’épidémiologie moléculaires des grandes endémies dans les pays en développement.

Jacques Kruh a dirigé l’unité 137 “Biologie moléculaire des cellules animales” de 1974 à 1984. Ses travaux ont essentiellement portés sur la chromatine (son fonctionnement et ses enzymes), sur les mécanismes moléculaires de la différentiation cellulaire et le mécanisme d’action des hormones stéroïdes.

Jean-Claude Dreyfus a dirigé l’unité 129 d’enzymologie pathologique de 1974 à 1984. L'essentiel de ses travaux a été consacré aux maladies enzymatiques héréditaires. Avec Georges et Fanny Schapira, il a introduit, en France, une grande partie des techniques enzymatiques utilisées en biochimie clinique et créé le premier laboratoire français de détection prénatale des maladies métaboliques avec Joëlle et André Boué.

Axel Kahn succède à Jean-Claude Dreyfus à la direction de l’unité 129 de 1985 à 2002. Ses recherches ont porté sur la génétique moléculaire appliquée à l’étude de maladies héréditaires, notamment hématologiques, et à celle des mécanismes de la différenciation et de la régulation de l’expression des gènes. Il a été également directeur de l’Institut Cochin et de l’institut fédératif de recherche Alfred Jost de 2001 à 2007.

Pierre-Olivier Couraud succède à Axel Kahn, l’unité devenant 567, et à la direction de l’Institut Cochin de 2008 à 2016. Ses travaux ont porté sur les pathologies moléculaire et cellulaire. Avec ses collaborateurs ils ont étudiés au niveau moléculaire les interactions entre certains agents infectieux viraux, parasitaires ou bactériens (virus du sida, plasmodium, streptocoque, méningocoque, Shigella…) et leurs hôtes cellulaires. Il est président du conseil scientifique de l’Inserm depuis le mois d’avril 2017.

Jacques Jami a dirigé l’unité 257 “Génétique cellulaire et moléculaire” de 1983 à 1998 et Gérard Gacon de 1999 à 2002. Les travaux du laboratoire ont porté sur l’étude de l’insuline et de son récepteur (études menée sur des souris transgéniques) et sur l’isolement et l’analyse de gènes dont l’expression est régulée au cours des étapes précoces de l’embryogenèse.

Sylvie Gisselbrecht, médecin-chercheur, élève de Jean-Paul Lévy, après avoir travaillé avec celui-ci, se tourne vers l’étude de l’hématopoïèse et des hématopathies malignes. Elle crée  l’unité de recherche Inserm 363 “Oncologies cellulaire et moléculaire” qu’elle dirigera de 1993 à 2002.

Immunologie - Immuno-virologie et Immuno-cancérologie

Jean-Paul Lévy crée et dirige  l’unité Inserm 152 “Immunologie et virologie des cancers”, puis “Immunologie et oncologie des maladies rétrovirales” de 1975 à 1992. Il a développé ses recherches depuis l’immunologie tumorale jusqu’à la rétrovirologie et les infections virales et les a poursuivies dans le champ vaccinal, notamment par l’étude du développement d’un vaccin contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

Jean-Gérard Guillet, immuno-cancérologue, succède à  Jean-Paul Lévy, à la direction de l’unité 152, l’intitulé devenant “Immunologie des pathologies infectieuses et tumorales”, de 1993 à 1995. Il assurera ensuite la direction de l’unité 445 “Immunologie des pathologies infectieuses et tumorales” de 1996 à 2002, puis celle du département d’immunologie de l’unité 567 de 2002 à 2004. Il a quitté cette responsabilité pour se consacrer avec ses collaborateurs au thème “Étude des mécanismes de la réponse immunitaire.  Application en vaccinologie”, ainsi qu’à d’autres activités au niveau national et international de 2004 à 2007, date de son décès prématuré.

Jeanine Charreire a dirigé l’unité 283 “Immunorégulation et auto-immunité” de 1985 à 1997. Le laboratoire a particulièrement étudié les pathologies auto-immunes spécifiques d’organes (thyroïdites, encéphalomyélytes), et les modèles expérimentaux de la polyarthrite rhumatoïde.

Pascale Briand, médecin et biologiste a été directrice de l’unité Inserm 380  “Génétique et pathologies expérimentales” de 1994 à 2002. Elle a mené ses recherches sur les interactions entre virus et cellules hôtes et sur l’apoptose (mort programmée des cellules).

Catherine Fournier a dirigé l’unité 477 “Communications intercellulaires et auto-immunité” de 1998 à 2002. Elle a mené ses recherches sur la relation entre l’auto-immunité et la polyarthrite rhumatoïde et sur les mécanismes immunologiques des maladies associées au HLA-B27, protéine largement présente chez  les personnes atteintes de spondylarthrite ankylosante.

Les travaux de Richard Benarous, directeur de l’unité 529 “Intéractions moléculaires hôte-pathogène” de 2000 à 2002, ont porté sur les interactions cellulaires du VIH avec les voies cellulaires de trafic et de dégradation des protéines.

Anti-inflammatoires et réparation cellulaire

Les différentes recherches menées par Françoise Russo-Marie au cours de sa carrière ont porté sur  les mécanismes d’action des glucocorticoïdes, anti-inflammatoires stéroïdiens, et sur les annexines, famille de protéines dont certaines jouent un rôle important dans la coagulation plasmatique et dans la réparation membranaire. Françoise Russo-Marie a été directrice de l’unité de recherche Inserm 332 “Signalisation, inflammation et transformation cellulaire” de 1990 à 2002. Elle a été directrice du Génopole® Recherche à Evry de 2007 à 2011.

Maladies infectieuses et parasitaires

Xavier Nassif  a dirigé l’unité 570 “Pathogénie des infections systémiques” de 2002 à 2009 à l’hôpital Necker-Enfants malades Necker, l’unité 1002 sur le site de Cochin de 2010 à 2013, puis l’unité 1151 à nouveau sur le site de Necker depuis 2014, l’intitulé demeurant le même. Les travaux menés avec ses collaborateurs portent sur l’identification des mécanismes responsables d’infections systémiques. Celles-ci représentent l’essentiel de la mortalité par maladies infectieuses, les microorganismes en cause pouvant être des bactéries, des virus, des parasites ou des champignons. Le laboratoire se focalise sur les infections bactériennes, recourant à tous les outils de la génétique, génomique, protéomique et biologie cellulaire.

Voir Modifier Créer ici
Facebook Twitter Google+ Linkedin Viadeo Delicious StumbleUpon Evernote Scoop it Netvibes