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Pierre Ronco

Médecin-chercheur, néphrologue, né le 17 janvier 1951

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Les travaux de Pierre Ronco ont été consacrés principalement à l’étude des maladies glomérulaires humaines, premières causes d’insuffisance rénale dans le monde (environ trois millions de patients ont une maladie rénale en France). Ses travaux partent d’observations cliniques et visent à disséquer les mécanismes en cause par des approches expérimentales combinant l’immunopathologie, la génétique, l’imagerie cellulaire, et l’étude d’animaux génétiquement modifiés.

Pour rappel, l’unité de recherche “Néphrologie normale et pathologique” a été créée en 1965 par Gabriel Richet à l’hôpital Tenon, quand la recherche en néphrologie était encore peu développée en France, et Raymond Ardaillou en a assuré la continuité. L’élan qu’ils ont donné à cette discipline a forgé la réputation de l’hôpital dans la néphrologie mondiale. Pierre Ronco leur a succédé en 1998.

Avec Hanna Debiec, directrice de recherche à l’Inserm, Pierre Ronco a joué un rôle majeur dans la progression des connaissances sur les mécanismes impliqués dans lesglomérulopathies extramembraneuses, premières causes de syndrome néphrotique, c’est-à-dire de fuite urinaire d’albumine, chez l’adulte. Il a identifié le premier antigène, l’endopeptidase neutre, responsable de la maladie du glomérule (glomérulopathie), chez des enfants dont la maladie s’est développée pendant la vie embryonnaire, car leurs mères étaient déficientes en endopeptidase neutre. Il s’agit du premier exemple de pathologie d’organe, induite par un processus d’allo-immunisation fœto-maternelle comparable à l’incompatibilité Rhésus.

Cette découverte a ouvert la voie à l’identification d’autres antigènes du podocyte, cellule essentielle au contrôle de la perméabilité du filtre rénal (glomérule) aux protéines, à la surface duquel se produisent le conflit immunologique et l’activation du complément responsable de la protéinurie. Dans le cadre d’un consortium européen dont il a été co-fondateur, Pierre Ronco a identifié deux gènes de prédisposition majeurs à la glomérulopathie extramembraneuse, le gène de réponse immune HLA-DQA1 et le gène PLA2R1 codant pour un antigène associé à 70% des glomérulopathies extramembraneuses. Son équipe a contribué au développement de tests de dosage des anticorps anti-PLA2R dans le sérum et de détection de l’antigène dans les biopsies rénales qui représentent un progrès majeur pour le diagnostic et la surveillance des patients atteints de glomérulopathies extramembraneuses, permettant d’adapter le traitement à l’activité immunologique de la maladie. Ses travaux ont contribué à faire de la glomérulopathie extramembraneuse l’un des meilleurs modèles pour l’étude des maladies auto-immunes.

Avec Hanna Debiec, Pierre Ronco a en outre identifié l’albumine bovine, comme le premier antigène alimentaire impliqué dans les glomérulopathies extramembraneuses du jeune enfant et, plus généralement, dans les maladies du glomérule. Cette forme particulière, cationique, de l’albumine bovine est apportée par l’alimentation (lait) et cette découverte a des implications évidentes en santé publique.

Avec Emmanuelle Plaisier, Pierre Ronco a identifié un nouveau syndrome dû à des mutations du gène codant pour la chaîne alpha-1 du collagène de type IV, constituant universel des membranes basales, sur lesquelles reposent les cellules de l’organisme, l’angiopathie héréditaire avec néphropathie, anévrismes et crampes musculaires (AHNAC). Ce syndrome se caractérise par une atteinte des artérioles (tortuosités rétiniennes) et des artères de gros calibre (anévrisme de la carotide interne), une atteinte rénale (hématurie familiale ou multikystose), et des crampes musculaires. Les manifestations cliniques sont dues à une fragilité de la paroi vasculaire, à des altérations des fonctions endothéliales et à des anomalies de la membrane basale, favorisant la formation de kystes rénaux glomérulaires, dont l’étude est en cours chez des souris chez lesquelles les mutations pathogènes ont été introduites. Cette étude d’une maladie rare éclaire d’un jour nouveau la pathogénie des formes familiales d’hématurie, de kystes rénaux, d’anévrismes intracérébraux, et de crampes, ainsi que le rôle des membranes basales des vaisseaux dans le contrôle de la perméabilité et de la réactivité vasculaire et la régulation de la pression artérielle.

L’équipe de Pierre Ronco a également obtenu des résultats importants sur le rôle des protéases matricielles et des molécules d’adhérence cellulaire (CAM-L1) dans le développement rénal et la pathogénie des formes les plus sévères de glomérulonéphrites.

L’impact des travaux de Pierre Ronco sur la pratique clinique est important, en particulier dans le domaine des maladies immunologiques rénales, car ils ont conduit au développement de nouveaux tests diagnostiques et pronostiques. Ils ont ouvert la voie à de nouveaux traitements plus spécifiques que les médicaments immunosuppresseurs habituels vers une médecine personnalisée, adaptée à chaque patient en fonction de l’antigène identifié. L’intérêt de ses travaux s’étend, au delà des maladies rénales, aux maladies auto-immunes d’organe.

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