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Pierre Corvol

Médecin néphrologue et cardiologue, né le 18 août 1941

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Pierre Corvol - © Inserm, M. Depardieu

Pierre Corvol

Pierre Corvol est internationalement reconnu pour avoir, avec ses collaborateurs, élucidé la structure et la fonction du système rénine-angiotensine-aldostérone, système hormonal qui régule le métabolisme de l’eau et du sel et contrôle la pression artérielle.Les travaux de cette équipe ont permis des avancées décisives dans la compréhension et le traitement de l’hypertension artérielle et des maladies cardiovasculaires.

C’est durant son internat en médecine que Pierre Corvol s’oriente vers la recherche. Après avoir obtenu un diplôme d’étude approfondie (DEA) de physicochimie et de biologie moléculaire, sous l’impulsion de Paul Milliez, le grand clinicien de l’hypertension artérielle, il part aux États-Unis en 1969 et travaille sur les récepteurs des hormones stéroïdes dans un laboratoire des National Institutes of Health (NIH), à Bethesda.

Durant ce séjour, naît en lui l’idée de travailler sur le système rénine dont on ignorait tout. À son retour, en 1971, il entre dans l’unité de recherche 36 de l’Inserm “Pathologie vasculaire et endocrinologie rénale”, dirigée alors par Edouard Housset. Avec Joël Ménard, qu’il avait connu durant son internat, il décide de se consacrer à la biochimie des maladies cardiovasculaires et, notamment, à l’hypertension artérielle qui était devenue une question de santé publique. Il travaille d’abord sur la rénine. Il isole la rénine de porc puis, conseillé par Pedro Cuatrecasas, le père de la chromatographie par affinité, et aidé par Joël Ménard, il purifie la rénine humaine en faibles quantités, qui lui permettent néanmoins d’obtenir des anticorps. En 1975, Pierre Corvol rejoint l’équipe du Pr. Umezawa au Japon, dont un procédé spécifique lui permet d’isoler de la rénine de rat, de porc et d’homme en quantités plus importantes.


"Les allers-­retours du laboratoire à l’hôpital ont été permanents tout au long de ma carrière", se souvient Pierre Corvol, chercheur et médecin. Un point lui tient à cœur dans le parcours de sa carrière : sa contribution décisive à la mise en place des centres d’in­vestigation clinique (CIC), à la fin des années 1980. Clinicien, il avait dû affronter la réticence marquée de certaines autorités de l’AP-­HP à l’idée d’une recherche menée au sein de l’hôpital : celui-­ci était fait pour soigner les malades, pas pour les transformer en cobayes, pensait-­on. Les Etats-Unis, par exemple, avaient déjà mis en place des systèmes d’investigation clinique très avancés. C’est grâce à la volonté de l’Inserm, dirigé à l’é­poque par Philippe Lazar, et au soutien de René Müller et Claude Griscelli, directeur de la recherche clinique à l’AP-HP, que le premier CIC sera finalement créé en novembre 1989. Et depuis, leur succès est remarquable : "Une force de recherche clinique unique en Europe, à l’exception du Royaume­ Uni".


En 1979, la première purification et caractérisation complète de la rénine humaine est publiée par l’équipe de Pierre Corvol, suivie trois ans plus tard par le clonage de la rénine de souris, puis par celui de la rénine humaine. Pierre Corvol et son équipe purifieront également l’angiotensinogène (substrat de la rénine) chez le rat, puis l’enzyme de conversion de l’angiotensine chez l’homme. Le clonage du gène de l’enzyme de conversion de l’angiotensine humaine sera réalisé par son équipe, en 1988.

L’application thérapeutique de ces travaux sera le développement d’anticorps monoclonaux et polyclonaux de la rénine et de l’angiotensinogène, une collaboration avec Sanofi permettant de mettre au point le premier test ELISA de la rénine.

Également clinicien, Pierre Corvol a soigné, en premier lieu, les hypertendus, mais également les sujets atteints d’affections moins répandues de la glande surrénale comme le syndrome de Conn, les phéochromocytomes ou des tumeurs rénales de l’appareil juxta-glomérulaire, qui se traduisent par une production excessive de rénine. C’est d’ailleurs une dizaine de ces cas rares qui a permis d’en accélérer le séquençage et de mettre au point les anticorps monoclonaux anti-rénine.

À la fin des années 1980, il décide d’explorer, avec Florent Soubrier et Xavier Jeunemaître, les bases génétiques de l’hypertension artérielle humaine. Les activités cliniques de Pierre Corvol vont permettre de disposer d’un fichier de 30 000 malades présentant ou non des antécédents familiaux. Une première analyse conduit à identifier plusieurs polymorphismes des gènes de la rénine, de l’angiotensinogène, de l’enzyme de conversion de l’angiotensine et du récepteur de l’angiotensine. Certains sont clairement associés à des phénotypes et sont donc des candidats pour la prédisposition aux maladies cardiovasculaires et aux complications rénales du diabète. Cette voie est aujourd’hui en cours d’exploration.

Pierre Corvol eut l’intuition que l’angiotensine, outre la régulation du flux sanguin, contribuait à la formation de la paroi artérielle. En 1997, il effectue un bref séjour à Boston, alors lieu clé de la recherche sur l’angiogenèse (formation de nouveaux vaisseaux), pour approfondir cette intuition qui se révèle fructueuse et devient une hypothèse de travail. Les peptides vaso-actifs comme l’angiotensine et l’endothéline possèdent bel et bien un effet trophique sur les cellules musculaires vasculaires. Ils peuvent également participer à la création de nouveaux vaisseaux.

Les maladies cardiovasculaires ne sont pas les seules concernées par ces travaux, puisque les cancers activent fortement l’angiogenèse, à mesure que la tumeur primitive se développe. L’angiogenèse et le remodelage de la paroi artérielle au cours du développement embryonnaire et dans les maladies cardiovasculaires sont ainsi devenus la thématique de l’unité de recherche 833 de l’Inserm “Angiogenèse embryonnaire et pathologique”, qui a succédé à l’unité 36 et dans laquelle Pierre Corvol a dirigé une équipe.

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