toggle
ICON
Haut de page
Taille du texte
Ajouter au favoris
Imprimer
Envoyer à un ami
Partager

Philippe Lazar

Polytechnicien, statisticien et épidémiologiste, directeur général, né le 21 avril 1936

Présentation Biographie Entretiens et documents Publications et ouvrages

Dès le début de sa carrière, Philippe Lazar s’oriente vers la recherche médicale, une voie alors très originale pour un Polytechnicien. En 1960, il entre à l'Institut national d'hygiène (qui donnera naissance à l'Inserm en 1964) comme chargé de recherche dans l'unité Inserm de recherches statistiques, nouvellement créée par Daniel Schwartz à l’Institut Gustave-Roussy à Villejuif. Il se spécialise en statistique appliquée aux sciences biologiques et médicales, puis s'oriente progressivement vers l'épidémiologie.=

En 1975, il effectue un séjour d’un an comme professeur invité de biostatistique et d'épidémiologie à l'université de Harvard (États-Unis). À son retour, il crée une unité de recherche épidémiologique et statistique sur l’environnement et la santé. Celle-ci est spécialisée dans l'approche épidémiologique des effets de  l'environnement sur la santé, notamment des effets des conditions de travail sur diverses étapes de la reproduction humaine. Philippe Lazar travaille en particulier sur la prématurité avec Émile Papiernik et sera le responsable de la grande enquête périnatale d’Haguenau sur la prévention de la naissance prématurée (1971-1982). Son travail antérieur sur les avortements spontanés  avec André Boué et son épouse, Joëlle Boué, l’amène à s’intéresser aux jumeaux dizygotes, dont la fréquence à la naissance est en miroir du risque d’avortement spontané, permettant ainsi de quantifier ceux-ci de façon indirecte.

Dès 1964 et ce jusqu’en 1981, Philippe Lazar s’investit activement dans l'administration de la recherche : il est membre et président de commissions scientifiques spécialisées de l’Inserm, président puis vice-président de la commission de recherche en santé, vice-président puis président du conseil scientifique de l'Inserm.

Il est l'un des principaux animateurs du Colloque national Recherche et Technologie, organisé en France, à l'initiative du ministre d’État Jean-Pierre Chevènement, de juillet 1981 à janvier 1982. Auprès de François Gros, son président, il en assure la vice-présidence et en sera le rapporteur général. Ce colloque fut à la base du nouvel élan donné à la recherche scientifique et technique dans notre pays  et, notamment, de l'élaboration de la “loi d'orientation et de programmation pour la recherche et le développement technologique de la France”, promulguée le 15 juillet 1982.

Début 1982, après la démission de Philippe Laudat, Philippe Lazar est nommé directeur général de l’Inserm et le demeure jusqu’en juillet 1996. Au tout début de sa mission, il est chargé de mettre en place, avec l’aide du Pr. Jean Bernard, le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), qui sera créé par décret le 23 février 1983.

A la direction de l’Inserm, Philippe Lazar engage une série d’importantes réformes, dont les principales portent sur le renforcement interne des procédures d’évaluation des laboratoires de l’Institut, dont la durée de vie est désormais limitée, sur la redéfinition périodique de ses grands axes d’évolution scientifique, sur l’accroissement des relations entre chercheurs et acteurs du développement économique, social et culturel. Sous son autorité, le nombre de contrats avec l’industrie passe ainsi d’une trentaine à près de 500 et, avec la Sécurité sociale, de 20 à 200.

Il prend deux initiatives majeures au début des années 1990 : il facilite le regroupement des  compétences universitaires, hospitalières et de recherche, en créant les premiers Instituts fédératifs de recherche (IFR), dont le nombre explosera rapidement ; avec l’aide de Pierre Corvol, futur administrateur du Collège de France, et en liaison avec les CHU, il crée les premiers Centres d’investigation clinique (CIC), c’est-à-dire des unités hospitalières comportant des lits permettant de développer d’authentiques recherches “cliniques” (étymologiquement : “au lit du malade”), interactives entre cliniciens et chercheurs.

Il crée le concept  d’expertise collective, c’est-à-dire de mobilisation rapide de toutes les connaissances existantes au service de l’action dans un domaine particulier. Deux services spécialisés de l’Inserm prendront en charge cette activité majeure. L’une de ces expertises conduira notamment aux décisions générales relatives à l’éradication de l’amiante dans l’environnement.

En 1986, Philippe Lazar décide d’ouvrir l’Inserm à la jeunesse, en créant les Clubs Inserm Jeunesse. Ces clubs ont pour objet de permettre à des classes de travailler pendant une année scolaire avec l’aide d’un chercheur ou d’un ingénieur, sur un projet spécifique de recherche à la portée des adolescents, et de confronter leurs expériences au cours d’une réunion annuelle s’étendant sur une semaine. Le premier club est installé à Lure (Haute-Saône) et une centaine d’autres seront créés.

En 1991, Philippe Lazar est chargé par Claude Evin, alors ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection sociale, d’une réflexion sur l’évolution de la médecine libérale ; il rédige un rapport intitulé 12 thèses pour le renouveau de la médecine libérale, qui recueille une adhésion massive du corps médical et de ses syndicats.

Philippe Lazar exerce également d’importantes fonctions européennes : président du comité de gestion et de coordination de la recherche médicale et en santé de l’Union européenne, puis président de l’European Medical Research Councils (EMRC).

A la suite de la décision prise en Conseil des ministres du 24 juillet 1996 de nommer un nouveau directeur général de l’Inserm, Philippe Lazar reprend une activité de recherche au sein de l'unité Inserm de génétique épidémiologique, l’unité 155, dirigée par Josué Feingold. Il publie dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences un article très original intitulé “Maturation folliculaire, conceptions gémellaires dizygotes et âge maternel”.

En 1997  Philippe Lazar est nommé président du conseil d’administration de l’Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération, qui a conservé son sigle (“ancien“, précise le Journal officiel) : Orstom (Office de la recherche scientifique et technique d’Outre-mer). Il le transforme en Institut de recherche pour le développement (IRD) et y entreprend des réformes de fond, transposant celles qu’il avait induites à l’Inserm (notamment l’évaluation des unités de recherche et aussi l’expertise collective, désormais intitulée “collégiale“). Il assure la présidence de l’IRD jusqu'au 21 avril 2001, jour où il atteint l’âge de 65 ans. Il est alors nommé pour quatre ans Conseiller-maître en service extraordinaire à la Cour des Comptes.

 

Voir Modifier Créer ici
Facebook Twitter Google+ Linkedin Viadeo Delicious StumbleUpon Evernote Scoop it Netvibes