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De l'INH à l'Inserm

De la santé publique à la recherche médicale

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Les grandes avancées - Les maladies neurodégénératives au grand jour

Démence sénile ou Alzheimer ? Tremblements ou Parkinson ? En cinquante ans, les médecins ont appris à discerner ces symptômes et la connaissance du vieillissement normal et pathologique n’a cessé de progresser. Néanmoins, les avancées thérapeutiques peinent à voir le jour. Le Pr Yves Agid, membre fondateur de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, revient sur les progrès réalisés au cours du demi-siècle passé.


Les maladies neurodégénératives à la loupe
Ces maladies se caractérisent par la destruction progressive d’une population ciblée et délimitée de cellules nerveuses. Cette mort neuronale est plus rapide que celle observée lors du vieillissement normal et intervient dans une région précise du système nerveux central. Il peut s’agir de zones du cortex associées aux fonctions intellectuelles et émotionnelles (maladie d’Alzheimer), ou de structures profondes du cerveau davantage impliquées dans la motricité (maladie de Parkinson, chorée de Huntington), du cervelet avec de l’incoordination et des troubles de l’équilibre (ataxie), mais aussi de la moelle épinière (sclérose latérale amyotrophique) ou des nerfs périphériques (maladie de Charcot-Marie-Tooth). Ces familles de maladies sont déjà fréquentes et risquent de le devenir encore plus compte tenu de l’augmentation de l’espérance de vie.


Ces cinquante dernières années ont été marquées par la percée des maladies neuro-dégénératives. Non pas qu’elles soient brutalement apparues au cours du 20ème siècle mais les cliniciens ont tardé à distinguer un vieillissement physiologique normal d’un vieillissement pathologique. "Il y a 50 ans, la population mettait tout sur le compte de la sénilité : Il perd la tête, docteur. C’est l’âge, disait-on. Aujourd’hui, une personne amène son conjoint en consultation et demande : Docteur, est-ce la maladie d’Alzheimer ?", constate Yves Agid qui a consacré sa vie à l’étude de ces maladies. Cette attitude révèle bien l’évolution considérable survenue dans le domaine des maladies neurodégénératives.

Tranches de cerveau montrant l'atrophie cérébrale dans la maladie d'Alzheimer - © Inserm, U837

Tranches de cerveau montrant l'atrophie cérébrale dans la maladie d'Alzheimer.

Directeur de l’unité de recherche Inserm 289 dédiée à l’étude des maladies du système nerveux, Yves Agid fut ensuite chef de service de neurologie puis directeur scientifique de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière jusqu’en 2011. Ce praticien et chercheur est donc bien placé pour reconnaître les progrès scientifiques et médicaux apportés dans ce domaine. "L’identification des cellules détruites dans ces différentes maladies, ainsi que l’étude des mécanismes qui concourent aux dysfonctionnement de ces cellules et à leur mort ont été très utiles pour apprendre à faire un diagnostic précoce de ces affections et pour imaginer des thérapeutiques. Ces progrès remarquables ont été possibles grâce à une meilleure caractérisation des tableaux cliniques, à l’identification des facteurs génétiques et environnementaux à l’origine de ces maladies, mais aussi grâce aux avancées spectaculaires en neuroimagerie et en neurophysiologie*. Il y a 50 ans, on ne faisait pas toujours de distinction entre des oublis bénins et la maladie d’Alzheimer, alors que dans un cas il s’agit du vieillissement et dans l’autre d’une maladie. Nous avons aujourd’hui les éléments cliniques et biologiques qui permettent de diagnostiquer avec une grande certitude la plupart des maladies neurodégénératives".

 

Comprendre les mécanismes

Les chercheurs commencent également à connaître le dysfonctionnement des principales voies métaboliques à l’origine de ces maladies. Ils ont par exemple découvert que la présence de plaques séniles et de dégénérescence neurofibrillaire jouent un rôle essentiel dans la perte des cellules nerveuses à l’origine de la maladie d’Alzheimer, ou encore que la disparition des neurones dopaminergiques et la présence de corps de Lewy sont à l’origine de la maladie de Parkinson. Néanmoins il reste beaucoup de chemin à parcourir avant de décrypter tous ces mécanismes. "Le cerveau humain est tellement complexe ! Nous parlons de cent milliards de neurones établissant plusieurs milliers de contacts avec leurs cellules voisines. Il y a 50 ans, les scientifiques s’accordaient sur le fait que les neurones ne pouvaient pas se renouveler. Aujourd’hui, on sait que certains d’entre eux ont cette capacité. Nous imaginions qu’une perte de cellules nerveuses était définitive et sans ressource. Aujourd’hui, nous constatons que des réarrangements de circuits permettent de compenser la perte de ces neurones, assurant un certain degré de récupération clinique. Nous devons évaluer tous ces aspects dans les maladies neurodégénératives. C’est dire l’ampleur de la tâche à venir", constate-t-il.

Améliorer les traitements


Informations complémentaires


Malgré ces avancées, les progrès thérapeutiques peinent à se manifester. "Côté traitement nous avançons certes, mais lentement ! admet Yves Agid. Nous pouvons améliorer les symptômes jusqu’à un certain point, mais pas empêcher leur apparition ou leur progression. Autrement dit, nous soulageons partiellement les patients mais nous ne savons pas les guérir. Pour la chorée de Huntington qui est une maladie génétique héréditaire, nous connaissons le gène impliqué, nous pouvons diagnostiquer la maladie avant la naissance mais nous ne pouvons pas empêcher sa survenue par la suite… ", regrette le chercheur. Toutefois, certaines maladies, en particulier la maladie de Parkinson, tirent leur épingle du jeu grâce à des traitements efficaces : médicaux sous forme d’un traitement de substitution avec la L-dopa, ou neurochirurgicaux par stimulation électrique ciblée à l’aide d’électrodes implantées dans le cerveau.

Notes
*compréhension de l’organisation anatomique et physiologique des cellules du système nerveux central

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