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De l'INH à l'Inserm

De la santé publique à la recherche médicale

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Les grandes avancées - Le réseau Sentinelles, révolution en épidémiologie

Formidable initiative française née sous l’impulsion d’Alain-Jacques Valleron, biomathématicien à l’Inserm, le réseau Sentinelles a pris le virage du participatif en temps réel avant même l’arrivée d’internet. Depuis 1984, il permet de suivre en direct la diffusion de maladies infectieuses grâce au volontariat de centaines de médecins généralistes. Un tournant pour la pratique médicale et la recherche en épidémiologie.

Publication du bulletin épidémiologique du réseau Sentinelles - carte de la grippe - © Inserm, P. Latron

Publication du bulletin épidémiologique du réseau Sentinelles - carte de la grippe

L’épidémiologie en réseau, version 21ème siècle : c’est ce qu’Alain-Jacques Valleron a mis en œuvre bien avant l’heure avec le réseau Sentinelles, avant même l’arrivée d’internet. Créé en 1984, ce réseau est en trente ans devenu une carte maîtresse de la recherche française en épidémiologie et permet au grand public et aux médecins d’assister en direct à la diffusion de certaines maladies infectieuses et à l’apparition d’épidémies. "Ce projet est né de ma fascination pour les technologies et du besoin de disposer de données d’épidémiologie fiables pour nourrir des modèles de diffusion des pathologies", explique l’intéressé, expert en modélisation des épidémies.

Obtenir des données fiables et en temps réel

Dès le début des années 1980, il se consacre au développement de systèmes d'information et de modèles statistiques ou informatiques permettant de décrire, de modéliser et de détecter en temps réel la dynamique des infections et les épidémies. Or à cette époque, les données de terrain sont rares. "Il existait bien un système de déclarations obligatoires de certaines affections et des centres de références de la Direction générale de la santé. Mais les informations, transmises par courrier, n’étaient pas toujours envoyées ou tardaient à arriver et à être analysées. Pour la rougeole par exemple, la mise au point du réseau Sentinelles a permis de constater un défaut de déclarations d’un facteur mille dans les années 80 !", illustre le chercheur.

Afin d’obtenir des données fiables et en temps réel, il entrevoit alors l’idée d’un réseau collaboratif avec des médecins généralistes. Après avoir observé les progrès technologiques et l’apparition des premiers réseaux entre professionnels aux Etats-Unis, avant même l’arrivée d’internet, il rédige un rapport exhaustif sur l’intérêt de ces techniques en épidémiologie et le remet à la Direction générale de la santé et à celle de l’Inserm. Le feu vert est alors donné pour la création du réseau Sentinelles qui naîtra un an plus tard. Le système permet aux médecins de se connecter depuis leur cabinet pour transmettre les cas de grippe, oreillons, rougeole, diarrhées aigües ou encore de varicelle diagnostiqués au cours des derniers jours. Les premiers volontaires se prennent tout de suite au jeu et une première épidémie de grippe est détectée à peine quelques semaines après le lancement de l’outil.

Un réseau coordonné par des chercheurs de l’Inserm et l’UPMC, en collaboration avec l’InVS

Aujourd’hui, 1 300 médecins généralistes libéraux bénévoles répartis dans tout l’hexagone appartiennent au réseau coordonné par l'unité mixte de recherche 707 Inserm-Université Pierre et Marie-Curie, en collaboration avec l'Institut national de veille sanitaire (InVS). Les médecins sont invités à se connecter aussi souvent que possible, au moins une fois par semaine. Les données sont transmises au serveur de l’unité Inserm qui vérifie et interprète les informations sous forme de synthèses, de courbes, de cartes.

Le système est flexible, de sorte que de nouvelles maladies peuvent être intégrées facilement et permettre des suivis ponctuels, limités dans le temps. Ce fut le cas pour les crises d’asthme entre 2002 et 2011, ou encore la demande d’un test VIH entre 1987 et 2002. Aujourd’hui, un suivi des cas de suicide ou encore de la maladie de Lyme est par exemple en cours.

Modéliser, prévoir, simuler


Informations complémentaires


Cet outil génère de grandes bases de données sur plusieurs maladies, téléchargeables gratuitement : un bonheur pour les chercheurs en épidémiologie ! "Grâce à elles, il est possible de reconstruire une épidémie par informatique et de tester des moyens d’interventions, illustre Alain-Jacques Valleron. Lors de l’épidémie de grippe H1N1, nous avons par exemple simulé l’impact de la fermeture des écoles. Cela nous permettait de savoir si cette mesure aurait été utile pour enrayer la diffusion du virus et de prédire le nombre de jours de fermeture nécessaire, le nombre d’écoles à fermer... Par ailleurs, depuis l’arrivée d’internet en 1995, le site du réseau offre un accès très facile aux informations recueillies. Cela a vraiment marqué un tournant pour les médecins. Un généraliste qui constate plusieurs cas de syndromes grippaux en plein été peut se demander ce qu’il en est. Il peut s’agir d’un virus émergent, d’une attaque bioterroriste… Le fait de pouvoir vérifier en temps réel ce qui se passe chez ses confrères de la région et d’ailleurs est riche d’enseignement. De plus, le suivi régulier des données lui permet de se préparer à une épidémie et d’adapter sa pratique. Même le grand public s’est approprié cet outil au cours de ces dernières années", constate-t-il.

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