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De l'INH à l'Inserm

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Des vidéos d'hier - Vaccin contre le sida, les chercheurs toujours dans la course

1988 : Dans un film d’animation qui aborde avec humour un sujet grave, le virus du sida invite un microbe au cœur du système immunitaire et lui explique sa stratégie. A l’époque, le virus ne craint aucun vaccin…

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Sida et vaccin, extrait de la série de clips des années 90 "Recherche à suivre" - Le virus du sida invite un microbe au cœur du système immunitaire, et lui explique sa stratégie. Ne craignant pour l'instant aucun vaccin, le VIH est toutefois arrêté dans sa course destructrice par la capote.

Près de trente ans après la réalisation de cette animation, force est de constater que le virus du sida qui y tient le rôle principal avait raison : le vaccin n’est toujours pas pour demain. Néanmoins, l’espoir qui paraissait vain dans les années 80 est aujourd’hui réel et réaliste.

Dans ce film, le virus se vante en effet de ne pouvoir être la cible d’aucun vaccin pour au moins deux raisons : l’absence de modèle animal pour cette infection et l’impossibilité de mener des essais cliniques chez l’homme en raison du caractère mortel de l’infection. Il a aujourd’hui faux sur ces deux points !

Deux modèles et des essais

Deux modèles animaux sont maintenant disponibles et permettent d’étudier les mécanismes de l’infection et de tester des candidats vaccins. L’un d’eux est le macaque, qui développe un sida similaire à celui de l’homme après une infection par un virus apparenté au VIH, le SIV. L’autre est la souris humanisée, dotée d’un système immunitaire « humain », chez laquelle il est possible d’étudier les conséquences d’une infection par le VIH.

Le virus vedette de l’animation se trompe également sur le fait que des essais cliniques chez l’homme ne sont pas réalisables : à ce jour, l’efficacité de cinq candidats vaccins a été testée à travers le monde, notamment aux USA et en Thaïlande. Ces essais ont été conduits chez des volontaires sains à haut risque d’infection, comme des usagers de drogue ou des homosexuels masculins ayant des comportements à risque. Les auteurs de ces études sont parvenus à inclure plusieurs milliers de sujets à chaque fois.

Ceci dit, bien que notre virus soit peu visionnaire, il est vrai peut toujours continuer à voyager "tranquille" : les essais vaccinaux menés jusque-là n’ont pas donné de résultats satisfaisants. Mais pour combien de temps ? Une piste sérieuse est en effet à l’essai.

La piste vaccinale des anticorps neutralisants

Les chercheurs ont découvert des anticorps neutralisants extrêmement efficaces malgré la grande variabilité du virus. "Chez environ 1 % des sujets infectés par le VIH, certains anticorps acquièrent la capacité de neutraliser de façon très efficace de nombreux sous-types de VIH. Injectés à des macaques, ces anticorps parviennent à éliminer le virus dès son entrée dans l’organisme, avant même qu’il ne se multiplie dans les lymphocytes", explique Martine Braibant*. L’idée est donc de faire produire ces anticorps chez l’homme, pour empêcher l’infection. Pour l’instant, les glycoprotéines d’enveloppe du virus reconnues par ces anticorps et utilisées comme vaccin n’ont pas encore réussi à induire de tels anticorps, mais les travaux vont bon train. Une des pistes de recherche poursuivie est d’introduire les gènes codant pour ces anticorps dans des vecteurs d’expression viraux afin de les faire secréter directement dans la circulation.


Informations complémentaires


En attendant de parvenir au graal, les chercheurs tentent de contrôler l’infection. Ils essaient pour cela de stimuler la réponse immunitaire cellulaire et notamment la production de lymphocytes T CD8+ cytotoxiques qui s’attaquent aux cellules infectées par le virus. Des résultats très encourageants ont été obtenus récemment, toujours chez le macaque. Les chercheurs ont fait exprimer plusieurs protéines du SIV de façon prolongée chez ces singes grâce à des vecteurs viraux persistants dans l’organisme. Infectés expérimentalement par le SIV, une partie de ces animaux montre un contrôle de la réplication virale aboutissant, après deux ans, à l’élimination du virus de l’organisme.

Autant dire que le virus de notre petit film peut se préparer à empaqueter sa vaste garde-robe et son hamac.

Note

*Unité Inserm 966, Morphogenèse et antigènicité du VIH et des virus des hépatites, Tours

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