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De l'INH à l'Inserm

De la santé publique à la recherche médicale

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Des vidéos d'hier - La leucémie, ennemie redoutable dans les années 60

Diagnostic et traitements, la prise en charge des leucémies n’a cessé d’évoluer depuis les années 60. Ainsi, de quasi fatale, les leucémies aigües de l’enfant sont devenue des maladies que l’on parvient à guérir dans 80 % des cas.

Si en 1962 ce journaliste prend un ton tragique pour évoquer la leucémie avec le Pr Jean Bernard, à l’hôpital Saint-Louis, c’est que la maladie est alors le plus souvent fatale, notamment chez les jeunes enfants. Pourtant "le cancer du sang" (comme ils le qualifient dans cette vidéo) fait l’objet de nombreux travaux depuis déjà plusieurs années. Les spécialistes font très bien la différence entre les différents types de leucémies myéloïdes ou lymphoïdes, aiguës ou chroniques.

A l’époque, le diagnostic n’en reste pas moins parfois aléatoire et des confusions surviennent par exemple avec la mononucléose infectieuse. Ce diagnostic repose en effet alors sur l’observation des cellules sanguines au microscope, comme le montre cette vidéo. Cette technique est restée la référence, mais les erreurs sont désormais improbables en raison des progrès techniques et de la formation des opérateurs. En outre, cette analyse est aujourd’hui complétée par des données immunologiques et génétiques qui permettent d’affiner le pronostic. "Les analyses génétiques permettent notamment d’observer des remaniements chromosomiques et géniques qui sont souvent défavorables pour le patient mais qui, à l’inverse, peuvent attester d’une guérison lorsque ceux-ci disparaissent", détaille le Pr Laurent Degos, spécialiste à l’hôpital Saint-Louis.

Des traitements toujours plus efficaces

Rosette immunoblastique dans une leucémie lymphoïde aiguë. Lymphocyte T. x4000. © Inserm, Dimitri Dantchev

Rosette immunoblastique dans une leucémie lymphoïde aiguë. Lymphocyte T. x4000.

Côté traitements, Jean Bernard est à l’origine de la première rémission complète chez un enfant, en 1947, grâce à l’exsanguino-transfusion (un échange de sang du patient). Mais en 1962, les guérisons définitives sont rares, avec de nombreuses rechutes qui succèdent à des périodes de rémission plus ou moins longues. Il faut dire que les médecins manquent de traitements efficaces. Ils utilisent le plus souvent de la cortisone à haute dose qualifiée « d’extrait hormonal » dans ce film, parfois de la radiothérapie et quelques agents « variés ». Comprenez des agents chimiques. Jean Bernard ne cache pas son impuissance face aux résistances à ces traitements. "Depuis cette époque, la prise en charge a énormément progressé grâce aux chimiothérapies qui, associées entre elles, potentialisent leur effet et limitent le risque de résistance au traitement. De fait, 80 % des enfants atteints de leucémie aigue guérissent aujourd’hui définitivement", se réjouit Laurent Degos. Et ce chiffre devrait encore progresser !

Les chercheurs s’intéressent en effet maintenant à la réparation des cellules cancéreuses. Laurent Degos est pionnier dans ce domaine : en caractérisant les défauts moléculaires à l’origine du caractère malin de ces cellules, il a permis la mise au point de stratégies qui permettent de cibler des gènes et des mécanismes impliqués dans la prolifération ou la maturation cellulaire. Une approche qui a déjà fait ses preuves dans la leucémie aiguë promyélocytaire : "Autrefois l’une des plus meurtrière, cette maladie se guérit aujourd’hui dans 100 % des cas grâce à un dérivé de la vitamine A qui répare l’anomalie provoquée par des cassures chromosomiques", illustre Laurent Degos, auteur de ces travaux.

Des facteurs déclenchant qui restent à identifier


Informations complémentaires
Lire nos biographies de Jean Bernard et Laurent Degos


En 1962, Jean Bernard ne cache pas son inquiétude devant la récente augmentation de l’incidence de la maladie. Les spécialistes ne savent pas à quoi l’attribuer. Les rayons X ? Le traumatisme des bombes nucléaires lâchées au japon est encore bien présent. Les produits chimiques ? Les experts constatent navrés leur intégration dans tous les produits de grande consommation y compris l’alimentation. Les virus ? Bref ils ne savent pas. Et la réponse n’est pas venue avec le temps puisque les médecins ignorent toujours les facteurs qui déclenchent la plupart des leucémies. Seul réconfort, l’incidence s’est aujourd’hui stabilisée.

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