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De l'INH à l'Inserm

De la santé publique à la recherche médicale

L’Inserm, de 1964 à nos jours L'institut national d'hygiène Organisation de l’Inserm Les prix Inserm Les directeurs d’unité de recherche 50 ans de l'Inserm

Des vidéos d'hier - Amiante : le rapport qui conduisit à son interdiction

1997 : l’interdiction de l’amiante est déclarée en France, au lendemain de la publication d’une expertise collective de l’Inserm sur les risques liés aux expositions à cette substance. Ce rapport établit pour la première fois l’étendue des professions concernées et l’ampleur des dégâts prévisibles pour les personnes qui ont été exposées.

C’est en 1975 qu’éclate en France le scandale de l’amiante, autour du cas de l’université de Jussieu. Professeurs, chercheurs, employés et étudiants s’élèvent contre la présence massive de ce matériau dans l’université parisienne, alors que cette substance est considérée comme toxique. Plusieurs travaux montrent en effet que l’inhalation des fibres de ce remarquable isolant entraine non seulement des asbestoses (une fibrose pulmonaire progressive, associée à une insuffisance respiratoire), mais également des cancers pulmonaires et de la plèvre (mésothéliome). Ces derniers apparaissent plusieurs années après la fin de l’exposition, à l’issue d’un délai de 30 à 40 ans pour le mésothéliome.

Un risque quelle que soit la dose

L’usage de l’amiante est alors restreint. Mais face à l’accumulation incessante de preuves sur la toxicité de cette substance, les ministères de la Santé et du Travail se tournent vers l’Inserm en 1996 et font la demande conjointe d’une expertise collective relative aux effets sur la santé des principaux types d'exposition à l'amiante. Remis un an plus tard, ce rapport fait l’effet d’une bombe. Les auteurs, parmi lesquels Marcel Goldberg, y analysent toutes les données scientifiques internationales disponibles. Ils montrent que de très nombreux corps de métiers sont exposés et qu’il n’est pas possible de définir une dose au-dessous de laquelle il n’y aurait aucun risque. Ils proposent un modèle de mortalité imputable à l’amiante à partir de ces conclusions, estimant le nombre de victimes annuelle à environ 2 000. « Jusque là, les estimations portaient sur des effectifs réduits de personnes travaillant en contact direct avec de l’amiante pure pour son extraction et sa transformation, comme les mineurs ou les calorifugeurs. En réalité toutes les personnes exposées professionnellement à des matériaux contenant cette substance sont à risque : dockers, bijoutiers, garagistes... de sorte que nos prévisions de mortalité ont été un choc », explique aujourd’hui Marcel Goldberg.

Un bannissement total et immédiat


Informations complémentaires


Ce rapport sonne le glas de l’amiante en France. Le lendemain de sa publication officielle, Alain Juppé, alors Premier Ministre, déclare le bannissement total de cette substance en France. Le désamiantage de Jussieu, devenu un lieu hautement symbolique, est également annoncé.

Malgré l’entrée en vigueur immédiate de cette interdiction, le nombre de décès imputables à l’amiante reste aujourd’hui élevé du fait de la durée « d’incubation » des cancers de la plèvre. L’Institut de veille sanitaire et l’Inserm estiment que le pic de mortalité par mésothéliome pourrait néanmoins avoir été atteint au début des années 2000, avec 600 à 800 décès annuels chez les hommes et 100 à 200 chez les femmes. La mortalité devrait donc au pire stagner encore quelques années, au mieux diminuer progressivement au cours de la prochaine décennie.

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